« Les ventes TO reculent de 20%, le voyage d’affaires résiste » selon Christophe Jacquet
Christophe Jacquet, le directeur général de Marietton, fait le point sur l’activité du mois de mars au sein du groupe. Si la guerre au Moyen-Orient crée de l’attentisme, l’ancien directeur général des 300 agences Havas Voyages veut croire en la résilience du secteur.
L’Écho touristique : Les tour-opérateurs, les agences de voyage et les plateformes digitales évoquent une baisse d’activité de 20 %, voire 30 %. Qu’en est-il au sein du groupe Marietton Développement ?
Christophe Jacquet : Depuis le démarrage de la crise, nous avons effectivement observé des baisses de réservations de 20%, 25%, 30% sur le segment loisir. En cumul sur l’ensemble du mois de mars, les ventes TO reculent de 15 à 20%. Nous ne voyons pas d’issue à la crise pour l’instant. Le conflit a plutôt tendance à s’étendre. Nous regardons l’impact jour après jour, notamment sur le loisir et le tour-operating.
Et dans le voyage d’affaires ?
Christophe Jacquet : Le business travel, lui, résiste bien. Les entreprises du groupe Havas Voyages, Ailleurs Business, Supertripper ont été actives l’an passé, avec l’acquisition de nouveaux comptes. Leur dynamisme nous aide. En général, le segment du voyage d’affaires est plutôt résistant, parce que les déplacements professionnels sont déjà très optimisés. L’activité tient donc, même s’il faut rester prudent. J’entends des TMC évoquer des grands comptes qui préparent des coupes budgétaires.
La durée de la guerre aura un impact déterminant.
Quelle est la répartition de l’activité de Marietton entre le loisir et le voyage d’affaires ?
Christophe Jacquet : En volume d’affaires, le business travel représente 60% de notre activité contre 40% pour le loisir.
L’année 2026 est-elle déjà compromise ? Sera-t-elle forcément moins bonne que 2025 ?
Christophe Jacquet : Nous n’avons pas de boule de cristal. La durée de la guerre aura un impact déterminant. À ce stade, il n’y a pas de porte de sortie à la crise. Mais si le conflit devait s’arrêter dans les prochaines semaines – alors même que le business travel, le MICE et les groupes résistent -, le loisir pourrait connaître un important rebond. Les dossiers en stand-by pourraient être réservés. Le loisir peut opérer un rattrapage, alors que dans le business travel, quand des dossiers sont perdus, ils le sont de manière définitive.
Le secteur du voyage est résilient. Il faut continuer de se battre.
Vous n’exprimez pas d’incertitudes par rapport à la hausse des prix du carburant et donc des billets d’avion ?
Christophe Jacquet : Si bien sûr, il peut y avoir un effet au-delà de la hausse du pétrole. Le risque, c’est que les compagnies aériennes préfèrent garder leurs avions au sol plutôt que de les faire voler. Mais nous avons besoin d’être résilients et prudents dans cette crise, et donc de ne pas penser qu’aux risques.
Quelles sont les mesures que vous prenez, justement, pendant la durée de la crise ?
Christophe Jacquet : Dans ce type de période, nous faisons attention à toutes nos dépenses. Nous nous concentrons sur les investissements indispensables. Marietton se recentre sur les fondamentaux. Néanmoins, il faut garder à l’esprit que le secteur du voyage est résilient. Par ailleurs, si certaines zones géographiques traversent une période critique, de nombreuses destinations restent ouvertes à la vente. Nous sommes loin de la période Covid, quand les frontières étaient fermées. Donc, nous sommes aussi dans cette phase où nous devons rassurer les clients, les convaincre de partir sur des destinations qui ne posent aucun problème, organiser des reports. Il faut continuer de se battre.
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