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Air France prêt à redécoller

Le groupe a prévu un bénéfice d'exploitation de 300 ME et constate une reprise du trafic. Il retrouve ainsi de la vigueur, au moment où il négocie avec les syndicats le déploiement de son plan "Bases".

Il y a longtemps que Pierre-Henri Gourgeon n'avait pas arboré un vrai sourire lors de l'habituelle présentation des résultats du groupe. Mais la semaine dernière, le directeur général d'AF-KLM avait toutes les raisons d'être heureux. Après une "annus horribilis" en 2009, le transporteur a présenté des résultats semestriels positifs et prévoit même un bénéfice d'exploitation de 300 ME (lire ci-dessous). À l'origine de cette embellie, la reprise globale du trafic, conjuguée aux effets des plans d'économies lancés depuis la fin 2008. « La reprise de la demande de transport aérien s'est poursuivie au deuxième trimestre dans un environnement d'offre limitée de la part d'Air France-KLM, permettant ainsi une amélioration des coefficients d'occupation et des recettes unitaires », a expliqué le groupe. Le premier ratio atteint 84,8 %, tandis que le second augmente de 18,9 %. Sur le second trimestre, le trafic passagers a ainsi connu une progression de 18 %. À fin septembre, le transporteur a pratiquement effacé la crise en termes de recette unitaire, mais pas dans la classe avant. « Nous avons des bons signes de reprises sur ce segment, notamment en long-courrier, mais nous n'avons pas retrouvé notre niveau d'avant-crise », a concédé Peter Hartman, président de KLM. Le groupe a, en revanche, pu reconquérir une clientèle à haute contribution via son offre Premium.

 

NOUVELLES OFFRES ET RÉDUCTIONS DE COÛTS

 

Début novembre, le nouveau directeur marketing, Christian Herzog, a indiqué que cette classe, lancée à l'automne 2009, avait séduit 400 000 passagers, principalement des seniors loisirs et les clients affaires des PME-PMI. Sur le moyen-courrier, le groupe impute 160 ME de revenus supplémentaires au « succès du plan Neo », la nouvelle offre de la compagnie lancée fin mars 2010, qui devrait être étendue à KLM l'an prochain. L'amélioration financière du groupe provient aussi du plan de réduction des coûts qu'il a engagé. Le plan "Challenge 12" a d'ores et déjà généré « 156 ME d'économies au second trimestre et 287 ME sur le semestre », assure Philippe Calavia, DG délégué économie et finances du groupe. L'objectif affiché est d'atteindre sur l'année 550 ME d'économies, dont 3 % proviendraient des économies sur les coûts de distribution. En conséquence, AF-KLM revoit ses ambitions à la hausse. Jusqu'à présent très prudent sur la croissance de ses capacités, le groupe se veut désormais plus offensif, notamment avec son plan "Bases". Celui-ci comprendrait l'ouverture de quatre bases en province (Bordeaux, Marseille, Toulouse et Nice), afin d'améliorer la productivité de lignes fortement concurrencées par les low cost. Sur place, le personnel volontaire pourrait effectuer jusqu'à six heures de vol réel par jour, compensées par quinze jours de congés en suivant. Selon les syndicats, la hausse de productivité serait de l'ordre de 20 % avec une augmentation de salaire de 5 %. « Ce qui revient à une baisse de 15 % de nos salaires, ces derniers étant indexés à l'activité », a expliqué l'Unac. Selon l'avancée des négociations, le projet pourrait voir le jour en juin, peut-être à Nice, où le groupe est très concurrencé par easyJet. « Notre objectif est de réduire nos coûts de 15 %, de façon à lancer de nouvelles destinations depuis ces bases », en France, en Europe et peut-être dans le pourtour méditerranéen. Sur le long-courrier, le groupe veut jouer à plein de son double hub et prévoit, d'ici 2013-2014, l'ouverture de deux à trois destinations nouvelles vers la zone Amérique-Caraïbes, quatre à cinq en Afrique-Moyen-Orient et autant en Asie-océan Indien.

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