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Frais GDS d'Air France : 3 agences réagissent

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Cap 5 et BCD Travel ont critiqué la décision d'Air France lors des Journées des Entrepreneurs du Voyage à Lille.
Cap 5 et BCD Travel ont critiqué la décision d'Air France lors des Journées des Entrepreneurs du Voyage à Lille.
©Adriana - stock.adobe.com

Les patrons de Cap 5, Bourse des Vols et BCD Travel fulminent tous les trois contre la décision unilatérale et précipitée d'Air France d'instaurer des frais GDS. Avec, chacun, leurs griefs.

 

Aurélien Rath, DG de Cap 5

"Les solutions techniques qui nous sont proposées ne sont pas tenables. AgentConnect est tout sauf une solution. Sans compter que cela va fragmenter nos process. C’est une décision purement financière de la part d’Air France. Le calcul est simple. Fin octobre, nous sommes à 61 000 billets Air France. Vous multipliez par 22 euros, et vous obtenez 1,3 million d’euros pour Cap 5. Supposons que nous représentions 1% des ventes France d’Air France, nous parvenons à 130M€. C’est une manne assez rapide, ce n’est pas une paille ! Mon plus gros client m’a dit, ‘moi je vois Air France, je romps le contrat’. Tout client ayant signé un contrat direct avec un éditeur de SBT voit cette décision de la compagnie comme une menace, venant anéantir tous ses investissements (dans l’outil de réservation, Ndlr). "

Fabrice Dariot, PDG de Bourse des Vols

"NDC représente un danger pour nous. La norme est portée par les compagnies aériennes les plus puissantes, qui ne veulent plus l’égalité d’inventaires entre les différents canaux de distribution. Le problème, c’est qu'à travers NDC, les contenus restent aujourd’hui incomplets. C’est du Xml formaté sur un portail qui n’intègre même pas les sièges de Transavia ou du partenaire Delta, ni le ticketing, les émissions, les modifications. La chaîne informatisée est rompue. Nous, OTAs, vivons sur des volumes, sans intervention humaine. En passant nécessairement par les GDS, avec des frais de 11 euros par segment au 1er avril 2018, nous risquons de ne plus être compétitifs. C’est l’une des raisons qui pourrait nous inciter à nous adosser à un grand groupe."

Valérie Sasset, DG de BCD Travel

"Cette surcharge GDS, il s’agit d’une augmentation du prix pour le client final. NDC pourrait être à terme une solution pour éviter la surcharge. Mais, la norme n’est pas en place, et entraînera une fragmentation de nos solutions de réservation. Le mot partenariat est-il toujours d’actualité ? On nous dit de ne pas faire d’amalgame entre NDC et frais GDS. Pourtant je le fais, parce que c’est complètement lié. Visiblement, on s’oriente vers des contrats bilatéraux exemptant des frais GDS (comme ceux signés par BCD avec IAG, Ndlr), ce qui me dérange en tant que présidente de la commission Transport des Entreprises du Voyage. Au niveau du syndicat, nous souhaitons discuter avec Air France de l’accompagnement pour que les TMC ne soient pas favorisées par rapport aux OTAs par exemple."

Allemagne : 70% des billets Lufthansa seraient sans surcharge

Depuis septembre 2015, Lufthansa a instauré des frais GDS. Le portail LHGroup-agent.com permet aux vendeurs de réserver sans frais. "La plate-forme de Lufthansa ne marche pas, nous disent les agences allemandes", explique Michel de Blust, secrétaire générale de l’Ectaa, l'Association des agents de voyages et tour-opérateurs européens. Ce n’est pas full content. Le PNR est logé chez Lufthansa, toute modification passe par le téléphone ! Les seules agences qui utilisent la plate-forme le font pour des tarifs pas chers non modifiables." Surtout, pour Michel de Bust, les accords bilatéraux ont permis de faire sauter les fees : environ 70% des billets Lufthansa émis en Allemagne sont exempts de surcharge, selon lui… En sera-t-il de même pour Air France ?

 

1 réaction

ALDO04 | 06/12/2017 - 14H58

Non contente d'utiliser le personnel gratuit que nous sommes, la Cie Air France enfonce encore le clou sans aucun respect pour le travail fourni représentant une part très importante de ses ventes. Ce n'est pas aux AGV de supporter les frais GDS mais à Amadeus et la Cie de se partager lesdits frais. Si nous cessions les ventes, Air France serait dans l'incapacité de traiter correctement la demande avec son personnel bibelot qui ne manquerait pas de contester le surcroit de travail.

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