SNCF : un chiffre d’affaires stable en 2025, avec des bénéfices en hausse
Malgré le succès du train, le groupe SNCF enregistre une très légère érosion de son chiffre d’affaires en 2025. En revanche, son bénéfice net progresse à près de deux milliards d’euros.
Le groupe SNCF affiche des résultats « satisfaisants », a souligné son PDG Jean Castex, lors de la présentation des résultats jeudi 26 février.
L’entreprise ferroviaire enregistre ainsi un chiffre d’affaires de 43 milliards d’euros (-0,3% versus 2024). Le succès du train auprès des Français a presque entièrement compensé le recul d’autres divisions.
SNCF Voyageurs réalise un chiffre d’affaires en progression de 3% l’an dernier, avec un record de 168 millions de passagers dans les TGV. Mais les activités logistiques de Keolis et de Geodis reculent, dans un contexte compliqué pour l’ensemble du marché.
La SNCF bénéficiaire pour le 5e exercice consécutif
Sur l’ensemble de ses activités, le groupe dégage un bénéfice net de 1,8 milliard d’euros, en augmentation par rapport à 2024 (1,6 milliard) mais inférieur au niveau de 2022. La marge (Ebitda) ressort pour sa part à 7,6 milliards d’euros, soit une progression de 700 000 euros.
Pour Laurent Trevisani, le directeur général délégué, les résultats s’avèrent « solides » dans un contexte macro-économique pourtant difficile. Avec, en particulier, une consommation des ménages « atone ».
Jean Castex a pour sa part insisté sur les 11 milliards d’euros – financés à 52% par le groupe – dont 95 % sont consacrés au ferroviaire en France. Et notamment dans l’entretien de l’infrastructure. Le réseau ferroviaire, « ancien », « nécessite des investissements très lourds ». Pour le PDG, l’effort de rénovation et de modernisation du réseau ferré « ne peut pas peser uniquement sur le groupe » dans les années à venir. « Si des concurrents ne vont que sur des segments rentables, nous aurons des difficultés », a-t-il complété. Cette remarque fait évidemment référence à Trenitalia, voire à Velvet, le projet de Rachel Picard.
Cap sur l’international
La libéralisation du marché crée des tensions, mais aussi des opportunités pour la SNCF. Dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des délégations de service public, le groupe français a gagné quatre appels d’offres sur cinq en 2025.
Son développement va désormais bien au-delà de la France. Ouigo España affiche une croissance de chiffre d’affaires et de nombre de passagers supérieure à 40% en 2025, avec pour la première fois un Ebitda positif. Pourtant, cette filiale s’est positionnée sur des petits prix de l’autre côté des Pyrénées afin de séduire des clients.
« Nous devons avoir une stratégie européenne forte et nous y travaillons », a souligné Jean Castex, en évoquant l’Italie et d’autres pays.
« Augmenter de 20% à 30% » la part du low-cost
Le groupe entend par ailleurs renforcer ses capacités sur le segment low cost. « Il faut accroître notre offre low cost de 20% à 30% d’ici à 2030. »
La Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) a récemment remis en cause l’attractivité tarifaire cette offre. Le prix moyen des Ouigo aurait grimpé de 75% en 7 ans. d’après ses calculs.
Le successeur de Jean-Pierre Farandou a balayé la critique d’un revers de main. Pour lui, l’inflation annoncée reposait sur des chiffres erronés de l’Autorité de régulation des transports (ART), depuis rectifiés. Ce qui « a pu alimenter des polémiques inutiles ». D’après la SNCF, le prix moyen des billets Ouigo atteint seulement 34 euros.
« Des records de perturbations climatiques »
Comment se présente 2026 ? Les vacances de février montrent une bonne dynamique. Pour autant, le PDG de la SNCF s’est montré prudent concernant les perspectives, en raison surtout des intempéries.
« En fin d’année 2025 et au début 2026, on bat des records de perturbations climatiques », ce qui impacte la circulation des trains. Les tempêtes Benjamin, Goreti, Nils et Pedro engendrent des perturbations. « Au 12 février 2026, la SNCF a déjà dépassé de 50% le nombre de minutes perdues liées aux intempéries », par rapport à l’ensemble du premier trimestre 2025.
Le groupe ferroviaire redoute également un manque de capacités, malgré la prolongation de la durée de vie de ses rames en attendant le TGV M. « Nous refusons des voyageurs, faute de matériel roulant, certains jours et sur certains axes. »
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