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Sachez profiter des nouveaux métiers du Net

« De testeur de site à webmaster, un florilège de métiers sont nés avec le e-commerce. Autant d’opportunités pour les jeunes diplômés en tourisme (et les autres), alors que le marché de l’emploi dans les agences reste déprimé.


Simon White (30 ans) a fait des études…de lettres en langue française, en Angleterre. Mais depuis 1993, il possède une adresse e-mail, un site personnel. Bref, il est ?accro? aux nouvelles technologies. Alors plutôt que de s’orienter vers un poste de professeur, Simon White a préféré les arcanes du Web. Pendant huit ans, il a appris son métier sur le terrain, chez un fournisseur marocain d’accès à Internet notamment, avant d’atterrir chez Lastminute France, en tant que responsable site. Au sein de l’agence en ligne, il dirige une équipe de six personnes. Un parcours original ? Sans doute. Mais pas unique pour autant.
Comme lui, de plus en plus de jeunes font le grand écart. C’est par exemple grâce à un stage chez Go Voyages effectué en 2000 que Frédéric Pilloud (27ans) a mis un pied dans l’e-tourisme. Aujourd’hui, ce diplômé de l’Ecole supérieure de commerce et d’administration des entreprises de tourisme (Escaet) d’Aix-en-Provence (bac +5) est responsable du développement Internet au sein du TO. Epine dorsale de l’entreprise, son équipe compte 10 personnes, toutes ayant une formation commerciale. Au départ, ils n’étaient que deux et Frédéric Pilloud partageait ses journées avec Vincent Thébault (désormais chez Opodo). Il fut recruté comme webmaster débutant, sans formation en la matière. ?C’était un défi tentant?, raconte Frédéric Pilloud.
A l’époque, un étudiant averti maîtrisait mieux les notions de ?html? qu’un professionnel du voyage. Dans les agences en ligne, les jeunes sont d’ailleurs particulièrement à la fête ! Ainsi Fabien Thomas, de même formation que Frédéric Pilloud, est web-marketer chez Go Voyages depuis 2004. Un mot barbare pour désigner un job bien concret : à tout juste 25 ans, il s’occupe du référencement payant.

Une vraie stratégie Internet est enfin esquissée

Référenceur, webmaster, chef de projet CRM, directeur e-commerce… Avec Internet, sont apparus de nouveaux métiers, aux noms souvent exotiques. Certains postes sont inconnus au bataillon de l’économie traditionnelle, d’autres résultent de la mutation d’une fonction existante. Mais tous exigent des compétences très spécifiques, et semblent promis à un bel avenir. Car les agences de voyages en ligne sont en plein essor, et les TO et les grands réseaux traditionnels esquissent enfin une vraie stratégie Internet.
Autant de perspectives d’emploi, alors que les débouchés dans le tourisme dit ?traditionnel? se font plus rares. Doués d’une forte acuité technologique, les jeunes talents de la nouvelle économie savent apprendre (vite et bien) sur le tas. Et voilà leur cursus complété, avec de belles perspectives d’évolution de carrière à la clé. Qu’ils soient issus d’une école d’ingénieur ou de commerce, les bac + 5 ont tout particulièrement le profil de l’emploi. A commencer par ceux de l’Escaet, que les acteurs de l’e-tourisme portent aux nues.Mais les sites de voyages sont aussi gourmands en BTS Tourisme. Leurs importants plateaux téléphoniques embauchent des conseillers à l’aise avec le médium Internet et les nouveaux outils de l’information. Bref, il y a de la place pour tous. Pour son service clients, Opodo France privilégie par exemple des profils d’agents de voyages connaissant Amadeus, parmi lesquels figurent des spécialistes du relationnel par e-mail. ?Pas besoin de compétences technologiques, explique Xavier Rousselou, responsable de la communication. En revanche, nous demandons une parfaite maîtrise de l’écrit. Chaque mot compte.?
Chez Karavel/Promovacances, les 500 salariés affichent une moyenne d’âge inférieure à 30 ans. ?En plus des profils BTS Tourisme que nous privilégions pour les métiers liés à la vente, nous employons des personnes douées de compétences technologiques?, explique Carlos Gomes, directeur des ressources humaines. L’agence en ligne essaie actuellement de trouver (non sans mal) un gestionnaire de stocks aériens et terrestres, et surtout plusieurs postes au sein de sa direction informatique. Sont notamment recherchés trois ?techniciens support informatique?, une fonction qu’occupent déjà sept personnes. Leur mission: aider les salariés à utiliser les outils de travail internes (logiciels, réseaux…). Ce sont donc en quelque sorte des spécialistes de l’assistance. Car le déploiement d’un produit technologique passe toujours par l’instauration d’une ?hotline interne?, technique et fonctionnelle.
Un vivier de professionnels sont ainsi voués à servir de ?décodeurs?, dans le tourisme de loisirs comme pour le voyage d’affaires. Il faut notamment de plus en plus de personnel pour expliquer aux entreprises les rouages des self booking tools (SBT), ces solutions de réservations qui permettent désormais aux voyageurs d’affaires de réserver eux-mêmes un billet d’avion sur leur ordinateur.

Ne pas laisser s’échapper les oiseaux rares

Romain Ventanas (22 ans) joue ce rôle au sein du support clients de Traveldoo, un fournisseur de technologie. ?Des agences spécialisées dans le voyage d’affaires nous interrogent sur notre solution SBT par téléphone et par e-mail, pour le compte de leurs entreprises clientes. Je leur donne des conseils afin d’optimiser les recherches et d’actualiser des profils de voyageurs par exemple.? Le jeune homme est ravi d’accéder à de telles responsabilités, alors qu’il effectue seulement dans la société son stage de fin d’études. Traveldoo va sans doute l’embaucher, avant que la concurrence ne s’y intéresse. Car son profil pourrait séduire d’autres entreprises… KDS compte ainsi passer de 70 à 95 salariés en France cette année et recrute des ?chargés de clientèle? pour développer ses grands comptes. Spécialisée dans la gestion en ligne de déplacements d’affaires, l’entreprise comptenotamment sur l’Escaet (et sa nouvelle fournée de diplômés) pour compléter ses équipes. ?Six élèves issus de cette école de grande qualité ont déjà transformé leur stage en contrat de travail, au poste de chargé de clientèle?, se félicite Stéphane Donders, directeur général adjoint de KDS. Le plus ancien de ces nouveaux métiers liés aux technologies (et le plus connu assurément) reste celui de webmaster. C’est le poste dont a hérité Raphaël Arzberger (27 ans) quand il a rejoint Promosejours. com, son premier employeur. Il n’avait alors aucune expérience réelle en conception de pages Web, mais il était volontaire. ?J’ai développé le site de l’agence en m’informant sur les aspects techniques, tant par passion qu’à des fins professionnelles?, raconte-t-il. Trois ans plus tard, il est devenu responsable technique. ?Car le métier de webmaster s’est sectorisé. J’encadre désormais un webmaster éditorial, un webdesigner et un webmarketer.? Le poste de webdesigner est occupépar Aurélien Morissard (23ans). Le bac en poche, il a fait une année en école de graphisme, puis une autre en école de webmastering. ?Je m’occupe du graphisme des pages web, d’une newsletter hebdomadaire, et même des campagnes de promotion.? Doté d’une formation ingénieur télécom, Nicolas Vallet (30ans) redouble lui aussi d’imagination pour capter l’attention des internautes, mais dans un autre registre. Son titre: ingénieur produit en charge de l’ergonomie, soit ?ergonome?, au sein de KDS. ?Contrairement à un webmaster, je n’ai pas de compétences techniques pour réaliser des pages Web?, explique-t-il. Son rôle est de faire évoluer l’outil de SBT développé par l’entreprise, et l’enrichir de nouvelles fonctionnalités, conformes aux attentes des utilisateurs. ?Je veille à ce que notre logiciel soit facile à utiliser. Ce qui m’amène à être en contact permanent avec les commerciaux, les chargés de clientèles et les sociétés qui utilisent notre outil.?

Grâce à Léa, les internautes ne perdent jamais le Nord

L’évolution rapide des technologies crée une armada d’emplois parfois inattendus. Voyages-sncf.com emploie ainsi plusieurs ?testeurs?, dont la mission est d’essayer de nouvelles fonctionnalités et maquettes. Le site s’améliore aussi grâce au travail de coordination réalisé par Julien Nicolas (30ans), chef de projet CRM (customer relation management). ?Je sers d’interface entre les équipes informatique et marketing, lesquelles ont tout intérêt à marcher main dans la main, explique cet ancien cadre de TPS. Pour la refonte de notre assistance en ligne, lancée sous l’impulsion du service marketing, j’ai consulté le service clients pour identifier les besoins, avant d’évaluer la faisabilité du projet avec les informaticiens.?
De ce travail est né Léa, personnage virtuel qui aide les internautes à ne jamais perdre le Nord sur Voyages-sncf.com. Pour qu’un site attire les internautes, il ne lui suffit pas d’être séduisant, encore faut-il qu’il soit connu. Thierry Masson (31ans) en fait son affaire, en tant que directeur marketing d’ebookers.fr (groupe Cendant). ?Nous achetons des milliers de mots-clés sur différents sites, pour apparaître en bonne place dans les moteurs de recherche et optimiser notre audience?, raconte- t-il. Il vient ainsi de passer deux heures et demie chez Google France. ?Au sein d’une agence en ligne, les fonctions marketing riment avec retour sur investissement. En début de semaine, j’alloue des budgets à différents moteurs et comparateurs sur lesquels le site souhaite être bien positionné. En fin de semaine, un tableau synthétique me permet d’évaluer combien chaque canal a rapporté, et d’ajuster nos placements et achats en conséquence.? C’est un véritable poste-clé, pour tout site qui se respecte.

Les grands voyagistes recrutent de plus en plus

En direct ou via les agences en ligne, les TO souhaitent eux aussi développer leurs ventes électroniques et s’arment de compétences en conséquence. Noyan Acar est chef de projets pour le portail Internet de l’Association des tour-opérateurs/ Ceto. Titulaire d’un DESS, il a travaillé six ans chez Marmara, puis dix ans chez Pacha Tours, dont les quatre dernières années comme directeur informatique. ?Je me suis peu à peu orienté vers les technologies?, explique-t-il. Ses deux priorités : développer www.ceto.to et animer le comité informatique de l’association (composé des directeurs informatiques des TO français majeurs), qui planche sur de nouvelles normes de rés

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