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René-Marc Chikli (Seto) : « Très peu d’espoir pour le long-courrier cet hiver »

Alors qu’il négocie le prolongement des aides auprès du gouvernement, le président du Seto constate que l’été ne s’est pas passé comme prévu… et que l’hiver pourrait être très long.

L’Echo touristique : De nombreux espoirs de reprise reposaient sur la saison estivale. Qu’en est-il ?

René-Marc Chikli : Malheureusement, tout n’a pas été aussi limpide que prévu. On pensait que le périmètre d’action était clair : les voyages sont possibles pour les personnes vaccinées dans les pays classés vert et orange (avec des contraintes plus fortes sur les zones orange), et impossibles dans les pays classés rouge. Ce cadre nous a permis d’enregistrer de bonnes performances en mai et en juin, y compris sur les Antilles. Mais tout ça a été très vite remis en cause par le renforcement des restrictions dans certains pays vert (Portugal, Espagne…), des mesures de reconfinements locales, etc. A la mi-juillet, le doute s’est immiscé dans l’esprit du consommateur et, petit à petit, les réservations se sont tassées. Et puis, la fermeture, en plein été, de plusieurs destinations, a conduit à l’annulation de dossiers, la proposition de report en urgence, les demandes de remboursements… ça n’est pas ce que nous attendions de l’été.

L’Echo touristique : Le long-courrier semble avoir particulièrement souffert…

René-Marc Chikli : Nous avons eu des espoirs sur le long-courrier. Jusqu’à leurs fermetures, les îles des Antilles fonctionnaient très bien. Mais les possibilités sont vite devenues limitées, si on exclut la République Dominicaine. Nous misions également sur la possibilité de voyager aux Etats-Unis, mais la réciprocité n’est toujours pas appliquée (les Américains étaient autorisés à voyager dans l’Union Européenne, ndlr). Le Canada était également fermé, et les espoirs de retrouver une activité quelque peu structurelle en long-courrier ont vite été réduit à peau de chagrin. Et malheureusement, quand on interroge les uns et les autres, tout porte à croire qu’il y a très peu d’espoir sur ce segment pour la saison hivernale.

« Certains spécialistes du long-courrier sont à -60 ou -80% de réservations par rapport à 2019 »

L’Echo touristique : Certaines destinations majeures, comme l’Île Maurice, rouvrent pourtant leurs frontières.

René-Marc Chikli : C’est l’une des bonnes nouvelles de ce début de saison, c’est vrai. Les voyages seront également possibles aux Antilles, à la Réunion ou encore en République Dominicaine. Dans l’Océan Indien, plusieurs destinations seront ouvertes, mais si on exclut ces deux zones géographiques (Caraïbes et Océan Indien), c’est compliqué. Nous n’avons aucune visibilité sur l’Amérique du Nord ou l’Asie par exemple. Certains spécialistes du long-courrier sont à -60 ou -80% de réservations par rapport à 2019… même s’il est bien trop tôt pour analyser les premiers chiffres. Même dans une période hors pandémie, il faut attendre la mi-septembre pour avoir des premières tendances solides sur l’hiver. Donc tout n’est pas perdu. Ce qu’on peut déjà deviner, c’est que cette situation va conduire à des disparités importantes entre les activités des voyagistes, en fonction de qui est positionné sur quelle destination.

« Nous sommes condamnés à la flexibilité »

L’Echo touristique : Il faudra, encore une fois, compter sur les achats de dernière minute ?

René-Marc Chikli : Depuis le début de la pandémie, le marché est, de toute façon, de dernière minute. Nous sommes condamnés à la flexibilité : les clients veulent réserver en dernière minute, et avoir des garanties, c’est-à-dire pouvoir annuler en dernière minute. Ce qui est positif, c’est qu’on constate que les gens ont envie de voyager. Et les tour-opérateurs ont envie de faire voyager les gens ! En attendant une reprise plus stable et sans doute un fort rebond, il faut continuer de faire le dos rond. En tant que représentant de la profession, c’est ce que nous devons faire comprendre au gouvernement : nous sommes l’un des secteurs, si ce n’est le secteur, le plus affecté par la crise. Il faut prolonger les aides. Les adapter, faire du sur-mesure en fonction de la situation de chaque voyagiste, mais il faut qu’on obtienne ces aides pour rester la tête hors de l’eau.

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