Agences de voyages : les ventes rebondissent en juin après trois mois dans le rouge
C’est désormais confirmé : les ventes de séjours en agence de voyages, qui avaient décroché de 21% en mai, repartent à la hausse depuis plusieurs jours.
Selon le baromètre Orchestra pour L’Écho touristique, les ventes de séjours en agence de voyages décrochent depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février. Le mois de mai s’est avéré particulièrement morose, marqué par une chute de 21% en glissement annuel. Des plateformes aux voyagistes en passant par les agences, tout le secteur a constaté un attentisme généralisé, à l’image de Laurent Abitbol. Les prises de commandes des agences Selectour ont ainsi chuté de 24% sur la période allant de mars à mai, a précisé le président du directoire du réseau aux 1000 agences.
Des ventes Orchestra à +5% depuis le 1er juin
Mais depuis le début du mois de juin, agences, voyagistes et plateformes constatent un regain d’activité. Plusieurs décideurs invités lors de la conférence en ligne « Grand live du voyage loisirs », organisée jeudi 11 juin 2026 par CDS et l’école EFHT, en ont témoigné.
Pour en prendre la mesure, nous avons réinterrogé la plateforme Orchestra hier. Sur les 10 premiers jours du mois de juin, les réservations de séjours progressent de 5,5% en volume d’affaires, et de 4,8% en nombre de dossiers. Sans surprise, la France, l’Espagne et la Grèce arrivent en tête des destinations.
Yvon Peltanche, directeur général du réseau d’agences Eden Tour, fait le même constat. « Nous observons une vraie reprise depuis le début du mois, qui fait suite à un mois de mai très dégradé. La deuxième semaine de juin confirme la tendance de la première semaine, malgré les tergiversations autour du conflit au Moyen-Orient. »
L’attentisme perdure en revanche en B2B, regrette Yvon Peltanche, cette fois en tant que président des Entreprises du Voyage Centre-Ouest : seulement 50 adhérents sont inscrits à sa convention annuelle à Istanbul du 2 au 5 octobre.
Un Travel Revenge de dernière minute ?
De toute évidence, l’approche des vacances d’été incite les Français à réserver, en dernière minute.
D’autant que les sujets qui crispaient les voyageurs au printemps ont disparu des radars médiatiques. La hausse du prix du carburant, les surcharges, les risques de pénurie de kérosène et les annulations de vols ont au contraire plombé le printemps. En termes de ventes de séjours, la période de juillet-août reste d’ailleurs en retard de 10%, par rapport à la même période en 2025.
Cette récente reprise d’activité doit toutefois être interprétée avec prudence, en raison d’effets calendaires. Le mois de mai 2026 comptait quatre jours fériés, contre trois l’an passé. Le lundi de Pentecôte était cette année positionné en mai, alors qu’il l’était le 9 juin 2025.
Il est par conséquent trop tôt pour parler de Travel Revenge de dernière minute, même si les planètes semblent alignées.
Une formidable envie de partir
Selon un récent sondage d’Ipsos pour le comparateur Kayak, mené auprès de 1000 Français en mai, l’envie de partir en vacances ou en week-end reste très forte cet été (80% des répondants).
« Nous vivons dans un climat extrêmement anxiogène, au niveau économique et géopolitique, a relevé Pour Vanguélis Panayotis, président de MKG Consulting, pendant le Live. Les gens ont besoin de fuir le quotidien et leur routine. Même s’ils consomment moins sur place, leurs vacances restent sacralisées, pour l’instant. »
Autre signal encourageant : d’après un sondage réalisé hier pendant le Grand live, 70% des professionnels inscrits à cette conférence en streaming sont confiants sur les réservations d’ultra-dernière minute.
Des promotions qui divisent
Le sondage Ipsos/Kayak révèle aussi que 47% des sondés considèrent les contraintes budgétaires comme le principal facteur d’hésitation au moment de réserver leurs vacances. Or nombre d’acteurs du voyage activent des promotions et des offres flexibles afin de débloquer ce verrou.
Dans ce climat d’attentisme généralisé, Laurent Abitbol a dès le mois de mai mis en garde contre les promotions. « Il ne faut pas brader. Si nous bradons cette année, nous ne pourrons plus vendre au bon prix l’an prochain », a-t-il souligné à l’occasion du Salon des réceptifs de Selectour à Paris.
Pour autant, certains voyagistes baissent leurs prix. TUI France offre par exemple les séjours aux enfants âgés de 2 à 11 ans dans quelques clubs de vacances pour stimuler des ventes de dernière minute. Son directeur général Christophe Fuss assume : pour lui, c’est tout simplement agir en entrepreneur.