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Quelle politique pour un tourisme social ?

Les pauvres partent de moins en moins en vacances et les riches de plus en plus. « Une fracture touristique » que le gouvernement entend combattre, notamment par le biais de l'ANCV (agence nationale pour les chèques-vacances).

François Hollande, Président de la République, lors de sa campagne, l'avait promis. En matière de tourisme, la priorité du gouvernement sera l'accès aux vacances pour tous. Sylvia Pinel, ministre du Tourisme, vient de le réaffirmer. Après un état des lieux des dispositifs d'aides à la personne et de soutien aux structures d'accueil, un plan d'action sera mis en oeuvre à l'horizon 2013-2017 « pour réduire la fracture touristique » a-t-elle annoncé la semaine dernière. L'objectif est partagé par tous les acteurs, notamment ceux du TAS (tourisme social et associatif). Mais les moyens d'y parvenir, notamment les budgets alloués par l'État et les collectivités, posent question.

Comme le montre la dernière étude du Crédoc, la « fracture touristique » se creuse. Le taux de départ en vacances des 10 % les plus pauvres est ainsi passé de 47 % à 37 % entre 2007 et 2012, alors qu'il a progressé de 78 % à 82 % pour les plus riches. La moyenne du taux de départ, elle, stagne à 58 % en 2012 contre 65 % en 1995. Et encore, « 4 jours en dehors de la maison, ce n'est pas des vacances », remarque Jean-Claude Tufferi (CGT), administrateur de l'ANCV, contestant la définition des « vacances » par l'Insee.

Pour réduire ces inégalités, les acteurs du TAS, notamment les membres de l' UNAT (union nationale des associations de tourisme et de plein air), préconisent la mise en place d'un ministère exclusivement dédié au tourisme, le renforcement des actions de l'ANCV dans sa mission sociale ou la reconnaissance de l'action des opérateurs du TAS en faveur de l'intérêt général. Surtout, ils demandent le renforcement des budgets alloués par les régions et par l'État, ainsi que la remise en place de la ligne « tourisme sociale » supprimée en 2005 et des aides pour la rénovation des structures d'accueil (500 millions nécessaires sur les 10 ans à venir).

La réponse du gouvernement, le lancement d'une étude sur les publics des différentes aides existantes, afin de « rapprocher plus efficacement les bénéficiaires des aides, les acteurs de ce secteur et les gestionnaires d'équipements touristiques », va dans le sens des demandes du conseil national du Tourisme. De même pour la définition de publics prioritaires pour les aides, comme les familles monoparentales et les jeunes de 18 à 24 ans, notamment les apprentis. D'autres annonces, comme le renforcement de l'action sociale l'ANCV (de 20 ME en 2010 à 27,6 ME en 2016), le lancement d'un fonds pour la rénovation des hébergements (TSI), un dispositif annoncé depuis 2009, sont également jugés positives.

 

LE TOURISME SOCIAL : OBSOLÈTE OU EN VOIE DE DISPARITION ?

 

Mais la question des moyens reste absente du discours officiel. L'ANCV, comme le fonds TSI, n'est pas subventionné par l'État. La seule dépense directe à l'échelle nationale en faveur de l'accès aux vacances est constituée par les crédits de paiement pour les « politiques favorisant l'accès aux vacances pour tous », en baisse de 31% à 1,7 ME pour 2013 ou par les billets de congés annuels remboursés à la SNCF, d'un montant de 11,9 ME.

Certains estiment, comme le président de Tourcom, Richard Vainopoulos, que le tourisme social « est obsolète ou en voie de disparition » et que « le tourisme professionnel a aujourd'hui la capacité de répondre à l'ensemble des demandes ». Mais pour la CGT, « si le patrimoine du tourisme social n'est pas aidé, le secteur marchand récupérera ce marché mais à des conditions quasi inaccessibles aux salariés ». Les acteurs du TAS proposent en effet des politiques tarifaires favorisant l'accès aux vacances pour tous, 40 % des membres de l'UNAT basant ainsi leurs tarifs sur le quotient familial.

Pour faire valoir cette différence, et peser sur les décisions politiques, l'UNAT mise sur la publication d'un rapport qui mettra en avant les retombées économiques et fiscales du secteur. En 2005, une précédente étude notait que l'État et les collectivités avaient dépensé 23,1 millions d'euros en aides pour le secteur, alors qu'il contribue à hauteur de 38,2 millions d'euros en impôts et taxes et de 119 millions en charges sociales et patronales.

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