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P. de Izaguirre (Corsair) : « Il faudra être à bloc à partir de début juillet »

Dans une interview exclusive à L’Echo touristique, le PDG de Corsair s’exprime sur la crise, le changement d’actionnaires, les remboursements et les perspectives de reprise.

L’Echo touristique : Comment s’est passée la reprise par les investisseurs antillais et l’Etat ?
Pascal de Izaguirre :
Entre la sortie de Corsair du groupe TUI France et la sortie de l’actionnaire Intro Aviation, les neuf derniers mois ont été des mois de combat. L’arrivée d’un consortium d’entrepreneurs ultramarins, des collectivités territoriales de la Guadeloupe et de la Martinique, c’est la conclusion de discussions sans relâche, pendant des semaines. Il y a eu plusieurs candidats à la reprise de Corsair. Mais très vite, le consortium a pris de l’avance sur les autres et le 25 décembre 2020 nous avons pu parvenir à un accord.

Je tiens à rappeler que Corsair reste une compagnie privée.

Que change pour vous ce nouveau statut avec un actionnaire public ?
Pascal de Izaguirre : Tout d’abord, je tiens à rappeler que Corsair reste une compagnie privée, contrairement à ce que dit Marc Rochet (président des compagnies aériennes Air Caraïbes et French Bee) quand il explique que ses compagnies sont les seules privées en France. Depuis sa création par Jacques Maillot, Corsair est privée et le restera. Dans les capitaux apportés, la Guadeloupe et la Martinique ont donné 3 millions d’euros chacune, soit 20% des apports de cash. Cela ne change donc absolument rien pour Corsair et pour moi.

Où en sont les remboursements des clients directs et ceux des agences ?
Pascal de Izaguirre : Nous avons remboursé la quasi-totalité des clients qui ont acheté leurs billets en direct en 2020. Avec les agences de voyages, nous avons mis en place les remboursements automatiques. Donc tout est rentré dans l’ordre. Il y a aussi les avoirs qui nous rajoutent des arriérés. Mais globalement, nous avons beaucoup amélioré la situation. La plan de financement a aidé car il a permis des remboursements massifs.

Vous avez été la première compagnie à lancer l’assurance Covid sur le marché France. Etes-vous satisfait du résultat ?
Pascal de Izaguirre : On s’est rendu compte que le client avait tendance à ne plus réserver, du fait de l’instabilité sanitaire. On a donc très tôt lancé une assurance, une première en France dans l’aérien. On peut dire que c’est une réussite. Nous avons doublé le taux de souscription à une assurance de nos clients. Sur la seule assurance annulation nous avons augmenté de 90% notre taux de souscription. Les assurances représentent 30% du volume d’affaires. Mais attention ce volume était en chute libre. Je pense que les assurances, mais aussi les différentes mesures de flexibilité,vont se prolonger un certain temps. Peut-être pas ad vitam aeternam mais notre mission reste quand même de ramener les clients dans les avions.

Quelles sont vos perspectives pour l’été ? Avez-vous déjà anticipé votre programme de reprise ?
Pascal de Izaguirre : Aujourd’hui nous n’avons aucune visibilité. Après, personnellement, je pense que cela va repartir vers mi-juin à peu près, pas avant. Le transport aérien sera le dernier sujet libéralisé par les autorités sanitaires. Il y aura eu deux mois de vaccination en plus. Mi-juin il n’y aura sans doute pas toutes les destinations ouvertes mais sûrement celles du réseau de Corsair. Il faudra être à bloc à partir de début juillet. Mais si cela démarre un peu plus tôt, nous nous tenons prêts. Nous avons formé les pilotes, entretenu nos avions. Nous avons reçu un A330neo en avril, nous en recevrons deux autres d’ici fin juin. Ces nouveaux avions seront placés sur l’Océan Indien. Cet été nous aurons donc huit avions et nous avons l’intention de les faire tourner au maximum de leurs possibilités. Cela représente potentiellement 10 vols hebdos pour Fort-de-France, 14 vols hebdos pour Pointe-à-Pitre ou encore 12 pour la Réunion (dont deux depuis Lyon et Marseille). Nous serons également en quotidien sur la Côte d’Ivoire.

Vous être en train de tester l’AOK Passeport ? Pensez-vous que ce genre de solution est inévitable pour reprendre les voyages ?
Pascal de Izaguirre : Nous regardons tout ce qui se fait. Que ce soit par Iata, Bruxelles ou encore la France avec l’application TousAntiCovid comme potentiel passeport sanitaire. Pour moi, il ne peut pas y avoir 12 systèmes différents. Il faut trouver un protocole reconnu et appliqué par tous. On attend de savoir quelle application va se dégager. A titre personnel, je suis bien sûr un grand partisan de ces passeports vaccinaux (ou autres). Beaucoup de pays vont le mettre en place, plus vite nous suivrons, mieux c’est. Depuis très longtemps, le vaccin contre la fièvre jaune était obligatoire pour de nombreuses destinations et cela ne choquait personne. On ne nous parlait pas du principe d’égalité…

Désormais nous sommes la compagnie référence de l’Outre-mer avec des investisseurs ultramarins bien connus.

Quel perspectives avec les nouveaux investisseurs ? La réorientation vers la classe affaires est-elle toujours de mise ?
Pascal de Izaguirre : Corsair a été la compagnie qui a démocratisé le transport aérien avec l’arrivée du 747. Elle a aussi libéré l’Outre-mer d’un monopole. Nous allons continuer d’opérer dans cette optique. Et désormais nous sommes la compagnie référence de l’Outre-mer avec des investisseurs ultramarins bien connus. Ainsi que les collectivités de la Guadeloupe et de la Martinique. Tous ont intérêt à ce que Corsair réussisse. Grâce aux cinq nouveaux avions (A330neo) nous allons augmenter non seulement la qualité de vol et d’expérience à bord, mais aussi le nombre de places disponibles en Affaires (+8 sièges) ainsi qu’en Premium (+13 sièges).

Comment envisagez-vous la reprise ? Ne craignez-vous pas une guerre des prix  ?
Pascal de Izaguirre : Nous avons terminé le PSE avec le personnel au sol. Il a été signé par les syndicats. La compagnie a fait énormément d’efforts au niveau de la compétitivité, en renégociant également des contrats de leasing avion etc. Désormais nous sommes financièrement prêt à reprendre. Sur l’Outre-mer, il risque effectivement d’y avoir une surcapacité. Mais cela dépendra également du niveau de rebond lors de la reprise. C’est important. Les capacités peuvent et vont évoluer.

Que pensez-vous des critiques, nombreuses, faites aux transport aérien sur son impact environnemental ?
Pascal de Izaguirre : Il faut y aller et s’engager ardemment pour la protection de l’environnement. Nous ne pouvons pas traîner des pieds. Nous avons notre part du travail à faire. Le renouvellement et la modernisation de notre flotte vont permettre des améliorations très significatives, en diminuant l’impact sur l’environnement de manière importante. Elles diminuent fortement l’impact de nos avions. Que ce soit en consommation de carburant mais aussi en pollution sonore et émissions carbonées etc. En 2024, nos quatre avions les plus anciens devront sortir de la flotte. Nous aurons alors une flotte entière d’avions neufs. Nous travaillons également sur l’ensemble de la chaine aéronautique pour améliorer nos performances environnementales.

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