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Les nouveaux conquérants du tourisme

Le secteur du tourisme attire du sang neuf. Nombre d'entrepreneurs rejoignent cette industrie avec, dans leurs bagages, des expériences forgées dans d'autres secteurs. L'envie de créer leur propre société et la passion des voyages est souvent à la genèse de leurs différents projets. Sans oublier le hasard de la vie, qui peut rapprocher de futurs partenaires.

C'est une rencontre qui va sceller le parcours professionnel d'Éric La Bonnardière, cofondateur d'Evaneos.com. Tout est parti d'un simple e-mail de son associé actuel, reçu via le réseau créé entre les anciens du programme HEC Entrepreneurs : « Yvan Wibaux, qui sortait de l'École Centrale de Paris, cherchait un profil plutôt entrepreneur, comme le mien. Il m'a proposé de créer une boîte, et ce, dans le voyage. Je ne le connaissais pas, mais nous partagions tous les deux les mêmes passions. C'était un gage de réussite ». Leur start-up naîtra quelques mois plus tard.

Pour Geoffroy de Becdelièvre, la création de son TO résulte, aussi, tant de son addiction aux voyages que d'une opportunité d'affaire. En 2003, l'actuel PDG de Marco et Vasco (ex-Planetveo) part vivre à Shanghai avec sa femme. Après avoir aidé des sociétés françaises à s'installer sur place, il a vent des 100 millions de Chinois qui voyageront bientôt chaque année à l'étranger. D'où la création d'un réceptif local, avant celle du voyagiste en ligne Planetveo. Finis les métiers de consultant/auditeur et de responsable financier qu'il a exercés au début de sa carrière. « C'était une erreur d'orientation », s'amuse-t-il aujourd'hui.

Après quelques années chez Deloitte puis McKinsey, Olivier Grémillon a lui aussi changé d'aiguillage professionnel. Fin 2011, il accepte la mission proposée par Airbnb : ouvrir le bureau parisien de la société américaine. L'actuel directeur Europe et Afrique d'Airbnb.com a toujours eu une appétence forte pour le tourisme, renforcée par ses nombreux déplacements comme consultant. À Harvard, il s'était d'ailleurs impliqué dans le club sectoriel « Hospitality » de l'université.

 

Une envie de start-up

 

C'est parfois une société américaine, ou un concept venu d'outre-Atlantique, qui motive de fait des entrepreneurs français du tourisme. Quelques start-up ont puisé leurs idées en Californie. La preuve avec BlaBlaCar. Initialement chercheur pour la Nasa, en Californie, puis pour NTT (Nippon Telegraph and Telephone Corporation) au Japon autour des années 2000, son fondateur, Frédéric Mazzella, découvre le covoiturage alors qu'il est étudiant en informatique au sein de l'Université de Stanford, à la fin des années 90. Covoiturage.fr est lancé sous son impulsion en 2004, avant d'être rebaptisé BlaBlaCar.

Aline Ducret et son mari ont, pour leur part, finalisé leur projet à San Francisco, à quelques encablures du siège d'Airbnb. Elle possède un DESS en marketing, il a suivi des études supérieures dans le droit numérique et l'e-commerce avant de créer un premier site web. C'est ensemble qu'ils fondent en 2013 Easy Welcome, un prestataire de services pour les hôtes inscrits sur Airbnb et autres BedyCasa. Pourquoi cette envie de start-up ? Si Aline Ducret est restée un an dans la Silicon Valley, pour VoyagePrive.com, son goût de l'entrepreneuriat est né en France : « Lorsque je travaillais chez Liligo, aux débuts du site, il fallait se montrer innovant, toujours se remettre en question, afin de se démarquer dans un marché déjà mature », explique-t-elle. La nouvelle vague d'entrepreneurs comporte, aussi, de jeunes profils plus techniques. Des profils inspirés par le digital, les digital natives, et leurs formations, nouvelle génération. Prenons le cas de Sépage, qui développe des solutions de personnalisation pour les sites de tourisme. La start-up est née en 2013 sous l'impulsion de Milan Stankovic, qui a soutenu une thèse sur le web social sémantique à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

 

Être transfuge, un handicap ?

 

Dans un autre style, le site Option Way invite les internautes à fixer le prix de leurs billets d'avion. Homme de la finance, ayant travaillé chez Ernst et Young et GDF Suez, son fondateur, Mathieu Chauvin, s'est inspiré du le fonctionnement de la bourse, puisque les clients émettent des ordres comme pour des actions. Il n'a d'ailleurs pas forcément eu vent des jeunes pousses qui ont tenté en 2000, sans succès, un modèle similaire. Notre secteur compte de nombreux transfuges d'autres secteurs, à l'image de Mathieu Chauvin. Ces entrepreneurs ne choisissent pas le chemin de la facilité : avant de valider leur modèle, il leur faut, en théorie, bien décrypter les rouages de l'industrie, ses modèles économiques existants et ses échecs, ses réseaux et ses défis. Mais les principaux intéressés ont, aussi, un héritage professionnel qui peut les servir. « Le fait que nous venions d'autres horizons nous a aidés, assure Éric La Bonnardière, qui a été dans le consulting pendant deux ans avant de cofonder Evaneos. Créer une société dans un secteur que l'on connaît bien augmente les risques de rester dans le moule qui nous a forgés ». Autrement dit, il est plus difficile de faire, alors, dans le fameux disruptif.

« Mon expérience, au sein de KPMG et de Canal +, explique en partie notre croissance et notre rentabilité », estime pour sa part Geoffroy de Becdelièvre. « J'ai appris à compter, ce qui est un atout indéniable au regard des marges propres au tourisme », ajoute-t-il. Ce n'est pas son concurrent, Jean-François Rial, qui le contredira. Après des études au sein de l'Institut de statistique de l'Université Pierre et Marie Curie Paris VI, le PDG de Voyageurs du Monde a dirigé une société d'information financière. Un parcours qui lui a appris à bien gérer ce qui est, aujourd'hui, une entreprise modèle en termes de rentabilité.

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