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La province déroule le tapis rouge aux low cost

Plus que jamais, les compagnies à bas tarifs séduisent les aéroports français. Au-delà de Nice et Beauvais, de plus en plus de plates-formes classiques aménagent leurs installations pour attirer une part du trafic low cost.

Le PDG d’Air France, Jean-Cyril Spinetta, a beau crier sur tous les toits qu’il s’opposera par tous les moyens au développement d’aérogares simplifiées réservées aux transporteurs low cost, il semble que la pression des compagnies à bas prix et la promesse d’un nouvel apport de trafic soient les plus fortes dans les régions françaises. Hier limitée à des petites plates-formes, la contagion a gagné les aéroports français les plus importants, qui multiplient les projets de terminaux à bas coûts, trop contents de trouver dans les compagnies low cost de nouveaux leviers de croissance, alors qu’ils ont eu à subir les naufrages successifs d’Aéris, Air Lib ou Air Littoral et qu’ils sont toujours fortement concurrencés par le TGV.

Redevance passager diminuée

Copiant ce qui a été fait à Genève, les aéroports de Marseille et Lyon ont lancé en France l’idée de mettre en place des aérogares simplifiées dédiées aux transporteurs low cost avec des redevances passagers moins élevées adaptées au faible niveau de prestations. Après plusieurs mois de retard, Marseille (5,6 millions de passagers en 2004) lancera ainsi la construction de son terminal le 7 décembre, pour une ouverture prévue en septembre 2006. Le montant des travaux devrait s’élever à 15,2 ME, financé pour moitié par le Conseil général des Bouches-du-Rhône. La structure aura une capacité annuelle de trois millions de passagers. Elle sera installée dans une ancienne aérogare de fret et devrait apporter dans un premier temps à l’aéroport un trafic supplémentaire de 1,5 million de passagers en trois ans. Parallèlement, le coût des redevances passagers pourrait être divisé par quatre par rapport à celui d’un terminal classique. La direction de l’aéroport vient de reprendre contact avec l’ensemble des compagnies à bas tarifs européennes car, à la suite d’un premier appel à candidatures lancé en octobre 2004, seules Easyjet et Ryanair avaient déposé un dossier.

Suivant l’exemple de Marseille, Lyon Saint-Exupéry (6,1 millions de passagers en 2004) a embrayé sur l’idée d’une aérogare simplifiée et a lancé son appel à candidatures en septembre dernier. Soucieux de se diversifier (Air France représente 50 % de son trafic, contre seulement 3 % pour les low cost) la direction va investir 1,2 ME dans la rénovation d’un bâtiment de 3 700 m2, auparavant réservé aux vols charters. Saint-Exupéry, qui prévoit un début d’exploitation à l’été 2006, espère un apport de 1,2 million de passagers en année pleine et 1,8 million en 2010.

Là encore, la redevance passager sera diminuée, à 1,5 E contre 7,5 E pour une aérogare classique. Nous restons le deuxième hub d’Air France, mais nous ne pouvions pas rester insensible à la demande de notre clientèle pour les vols low cost. Nous voulons développer une image plus multi-spécialiste de la plate-forme, explique Isabelle Rousset, responsable de la communication de Lyon-Saint Exupéry.

Les petits aussi…

Considéré comme un précurseur, Beauvais, qui s’est hissé dans le top dix des aéroports français en 2004 grâce aux low cost, est lui aussi en train d’agrandir ses infrastructures, pour un investissement total de 10 ME assuré par la Chambre de commerce et d’industrie de l’Oise. Depuis mars 2005, nous avons achevé le doublement des banques d’enregistrement (de 10 à 21). Dans un deuxième temps, nous allons rénover et agrandir la salle d’arrivée et la salle d’embarquement, notamment en augmentant les zones commerciales. L’ensemble des travaux devrait être achevé en mars 2006, précise Guy Monnehay, directeur commercial. La plate-forme de Beauvais veut ainsi accompagner la croissance exponentielle qu’elle connaît depuis quelques années. Elle sera encore de 35 à 40 % en 2005, pour un trafic qui devrait bondir à près de 1,9 million de passagers.

Les plus petites plates-formes veulent elles aussi profiter de cette manne providentielle. Pour accompagner le lancement prochain de lignes vers Londres Luton et Gatwick (Easyjet), Stockholm (Flynordic), Varsovie (Centralwings) et Rome (Blu Express), l’aéroport de Grenoble a baissé ses redevances passagers et réaménage son aérogare, avec le passage de 17 à 21 banques d’enregistrement, la redistribution totale de ses comptoirs et surtout la mise en place d’une troisième salle d’embarquement d’une superficie de 200 m2. Le tout sera opérationnel le 15 décembre, pour le lancement des nouvelles lignes à bas tarifs.

Les agences seront également gagnantes

A Dijon, les collectivités locales (Conseil régional de Bourgogne, Conseil général de Côte-d’Or et Communauté d’agglomération du Grand Dijon) ont accepté à parts égales la modernisation de l’aéroport, pour un montant de 15 ME, avec notamment la rénovation des deux pistes pour permettre l’accueil d’avions de type Boeing 737-800, un des modèles préférés des compagnies à bas tarifs. Ryanair pourrait ainsi lancer Dijon-Londres et des ouvertures de lignes sont en négociation vers la Scandinavie et l’Allemagne. Pour attirer les low cost, l’aéroport va assurer la maintenance des appareils, et envisage de réduire jusqu’à 50 % ses redevances atterrissage. La Bourgogne est une région où les dessertes à bas prix ne sont pas développées. Ce type de trafic nous permettra de passer de 10 000 passagers par an à 250 000 d’ici 2008/2010, espère Daniel Lefebvre, DG de la plate-forme.

A côté d’aéroports comme Nice, qui a depuis longtemps intégré le trafic low cost comme moteur de développement (33 % du trafic global), ou de Bâle-Mulhouse (où Easyjet a installé une base dans les infrastructures existantes), cette multiplication de projets aura pour conséquence de booster le trafic, mais aussi de développer la concurrence entre les grandes plates-formes régionales. Une évolution qui devrait profiter aux agences puisque, avec la fin des commissions, elles ont tout intérêt à vendre les compagnies à bas coûts. D’autant que ces dernières proposent des lignes de point à point vers les grandes capitales européennes, idéales pour les courts séjours.

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