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 Kenya : tollé sur un « harcèlement » fiscal, qui touche même les touristes

Une annonce sur la taxation des biens d’une valeur supérieure à 500 dollars introduits par les voyageurs arrivant au Kenya suscite un tollé depuis plusieurs jours dans ce pays d’Afrique de l’Est dépendant du tourisme.

L’Autorité fiscale kényane (KRA) a posté lundi un message sur X (ex-Twitter) affirmant que les voyageurs sont « autorisés à transporter des objets personnels ou ménagers d’une valeur de 500 dollars ou moins ». « Tout ce qui dépasse ce montant sera soumis à une taxe », ajoute-t-elle. 

Si la KRA a assuré que cette directive n’a rien de nouveau, le message a provoqué une vague d’inquiétude et d’indignation, de nombreuses personnes – y compris des parlementaires et un ministre – dénonçant un « harcèlement » des touristes.

Cette annonce vient ajouter au mécontentement ambiant au Kenya, où le gouvernement du président William Ruto a créé ou augmenté plusieurs taxes et impôts ces derniers mois afin, dit-il, de redonner des marges de manœuvre au pays, qui croule notamment sous une lourde dette.

Une fréquentation touristique toujours inférieure aux niveaux pré-Covid

Le ministre du Tourisme, Alfred Mutua, s’est alarmé que des touristes pourraient être dissuadés de venir dans ce pays d’Afrique de l’Est, connu pour ses parcs animaliers et ses plages.

« Nous harcelons nos visiteurs lorsqu’ils viennent dans ce pays, à l’aéroport, et nous nous demandons pourquoi ils ne reviennent pas. Vous allez au Rwanda, on ne vous harcèle pas (…), quand vous allez en Afrique du Sud, on ne vous harcèle pas, (…) à Dubaï, on ne vous harcèle pas », a-t-il déclaré dans un discours devant des professionnels du secteur, relayé mercredi par plusieurs médias. 

Le chef de la majorité au Sénat, Aaron Cheruiyot, a déclaré sur X que la fouille des passagers par les agents de la KRA à l’aéroport international de Nairobi était une « honte nationale » et appelé à faire une distinction entre les objets personnels et commerciaux.

Un autre parlementaire, Nelson Koech, a regretté que ces annonces interviennent à un moment où le Kenya tente de stimuler le tourisme, secteur-clé pour les recettes en devises du pays qui a vu sa monnaie se déprécier de 24% en un an.

« Ce n’est pas le moment de menacer les gens qui viennent au Kenya », a-t-il déclaré, cité par les médias locaux. 

L’an dernier, le Kenya a enregistré 1,54 million d’entrées de voyageurs, un niveau toujours inférieur à ceux d’avant-Covid, selon des chiffres officiels. 

Le président de l’Office du tourisme du Kenya, Francis Gichaba, a dit mercredi espérer que ce chiffre dépasse les deux millions pour l’exercice 2023 (contre 1,9 millions en 2019). L’organisme dit viser les 5,5 millions d’arrivées de touristes internationaux à l’horizon de juin 2028.

 Les revenus du tourisme contribuaient à près de 10% du PIB du Kenya avant la pandémie de Covid.

1 commentaire
  1. Anonyme dit

    Tant que les appareils photos seront taxés à l’entrée de ce pays, les touristes visiteront les parcs naturels des pays voisins

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