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Jean Pinard (Occitanie) critique vertement la plateforme Alentour

Jean Pinard, directeur du Comité Régional Occitanie, regrette que la nouvelle plateforme parte d’une page blanche. Faisant ainsi fi « de ce que toutes les destinations avaient déjà mis en place », explique-t-il.

La plateforme Alentour est loin de laisser indifférents les acteurs du tourisme. Alors que Christian Sabbagh, président d’Orchestra, accueille favorablement le projet, Jean Pinard se montre très dubitatif.

« Je n’aurai pas de mots assez durs pour commenter le lancement de cette plateforme qui sort de nulle part, et qui viendrait confirmer pour ceux qui en douteraient encore, que la France reste bien un pays centralisé », lâche sur LinkedIn le directeur du Comité régional Occitanie. « Donc l’Etat, la Caisse des dépôts, la banque des territoires ont imaginé dans leur coin, que pour relancer l’activité touristique française, il fallait créer une plate forme ex-nihilo, faisant fi de ce que toutes les destinations avaient déjà mis en place. »

« Le boomer que je suis » « se souvient des Résinfrance, Hexatourisme et autres projets imaginés à Paris, qui ont comme seuls effets positifs, de faire des OTs, ADTs et CRTs des acteurs engagés en matière de commercialisation. » Porté par un GIE composé majoritairement de Voyages-sncf, la Caisse des Dépôts et Atout France, Hexatourisme s’est arrêté en 2015

« On considère la province comme un territoire vide de stratèges »

« C’est vrai que nous (les destinations) demander de quoi on avait besoin pour aider nos opérateurs à mieux se vendre en ligne, et le cas échéant lutter contre l’hégémonie des OTAs, à quoi bon quand on considère la province comme un territoire vide de stratèges, de gens qui pensent…, poursuit Jean Pinard. Comme disait Coluche ‘si tu as besoin de quelque chose, demande le à la Caisse des dépôts et la banque des territoires, ils t’expliqueront comment t’en passer et surtout comment financer ce qu’ils nous proposerons‘. »

« C’est nul de bosser comme ça, c’est encore plus nul de (re) poser le débat de la commercialisation en ligne sur des enjeux technologiques (…). L’enjeu c’est de s’appuyer sur les audiences de nos structures, l’enjeu c’est de concurrencer les OTAs sur des stratégies de marques. »

« C’est triste parce avant de dire qu’on veut aider les entreprises, il aurait fallu se poser la question de savoir comment aider les destinations, comment fédérer les destinations pour qu’elles agissent ensemble sur le sujet de la commercialisation », conclut-il. Des membres d’ADN Tourisme partagent ce point de vue.

Christian Delom également critique

Dans le même esprit, Christian Delom, secrétaire général du forum A World For Travel, fustige Alentour. « Je ne peux que donner raison à Jean. J’ai été dans l’aventure Hexatourisme pourtant dotée de trois parrains avec Voyage-sncf, la Caisse des dépôts et Atout France chez qui j’étais a l’époque », a-t-il réagi sur LinkedIn.

« Hexatourisme était moins dotée que cette nouvelle initiative (2 M€) je dirais heureusement a posteriori. Vouloir fédérer l’offre diffuse était le même objectif. Mais les obstacles rencontrés restent les mêmes, ajoute-t-il. Fragmentation des solutions techniques, éparpillement des acteurs, différentiation des politiques des destinations, manque de moyens commerciaux, de budgets marketing et surtout ambitions démesurées par rapport aux moyens engagés. Les activités ne sont pas hors sol. Elles sont rattachées à des destinations. Pensez local pour agir global et pas le contraire. Ça n’a plus de sens et ce n’est pas durable. L’urgence c’est la digitalisation de l’offre pas de créer un nouveau canal de distribution qui n’a aucune chance d’être international. »

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