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Alentour, la plateforme française qui veut conquérir le marché des activités

La Banque des Territoires lance « Alentour », une plateforme B2B2C qui veut s’imposer sur le marché très convoité de la distribution d’activités.

Un projet qui a mûri en 2020, malgré le contexte pandémique, et qui s’inscrit dans le cadre du plan de relance touristique. « C’est un outil qui apporte deux réponses à deux besoins. D’abord, à la demande du marché d’un tourisme de proximité. La pandémie nous a montré à quel point la France avait à y gagner… Ensuite, c’est une réponse concrète aux attentes des professionnels du tourisme. Il y a vraiment une place, sur le marché français, pour un acteur de ce type : nous en sommes convaincus », introduit Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’Etat au Tourisme.

Parce qu’il y a un marché : aujourd’hui, selon la Banque des Territoires, seuls 5% du volume d’affaires (estimé à 22 milliards d’euros par an) enregistré par les prestataires d’activités touristiques provient d’une réservation effectuée via le digital. « Dans l’hébergement, c’est 50% des réservations… et jusqu’à 71% dans les transports », chiffre Timothée de Roux, le président d’Alentour. « Les activités, c’est le dernier maillon de la chaîne touristique à ne pas être digitalisée. Voilà l’objectif de la plateforme : dynamiser les écosystèmes touristiques locaux en digitalisant les petits prestataires d’activités qui ne le sont pas encore ».

Un positionnement B2B2C

En s’appuyant sur la technologie d’Amadeus et de Dawex, Alentour espère finalement mettre en relation les prestataires et le marché. « Notre idée est simple : permettre au client final de réserver, en quelques clics, une activité dans la région qu’il visite », poursuit Timothée de Roux. Et ce, avec l’appui des professionnels locaux du tourisme tels que les hôteliers, les campings, les chambres d’hôtes et autres organes institutionnels de promotion touristique, comme les comités régionaux ou les offices de tourisme. Un positionnement B2B2C parce qu’il « n’y a pas meilleur prescripteur que le B2B, et les activités se réservent sur place, souvent au dernier moment, car dépendantes de facteurs imprévisibles comme la météo », justifie Timothée de Roux.

Alors, concrètement, pour les professionnels, comment ça marche ? « Nous avons simplifié au maximum la procédure d’adhésion. En l’espace de 5 minutes, ils peuvent s’inscrire gratuitement sur Alentour, sélectionner le type d’activités qui les intéressent, créer des listes… et accéder au système de réservation », détaille Timothée de Roux. Alentour fonctionne ensuite sur le principe du commissionnement à la vente. « La commission sera mieux-disante que celles proposées par les autres grandes plateformes de distribution. Et, à terme, nous souhaitons la partager avec les professionnels », avance Timothée de Roux. Le client final, lui, recevra une liste d’activités réservables depuis son smartphone au moment de sa réservation d’hôtels par exemple.

Offrir une alternative française aux grandes plateformes

Car c’est l’un des autres enjeux de la plateforme : offrir une alternative française aux grandes plateformes de distribution, souvent basées aux États-Unis, et pointées du doigt par certains professionnels du tourisme pour leur prédation des commissions. Et c’est l’un des autres facteurs qui a incité la Banque des Territoires a imaginé une solution en B2B2C. « Pour lancer une plateforme B2C, il faut énormément de moyens. Et donner de l’argent aux acteurs que l’on souhaite concurrencer avec Alentour… », sourit Timothée de Roux. « Il est essentiel que le business généré dans nos territoires ne s’évapore pas, par exemple, outre-Atlantique », insiste Vincent Rolland, député et président de l’Agence Savoie Mont Blanc, territoire qui s’ouvrira, dans quelques semaines, aux possibilités offertes par Alentour.         

En effet, la solution a vocation à être rapidement déployée sur tout le territoire. Indispensable pour qu’Alentour devienne « la plateforme qui propose le plus d’activités de loisirs en France […]. Nous avons lancé une phase pilote cet été avec le CRT Côte d’Azur. Le marché a très bien répondu : nous avons déjà près de 200 hôtels connectés, et plus de 2 200 activités référencées dans la région ». Alentour sera donc également présent en Savoie et Haute-Savoie pour l’hiver, tandis que d’autres territoires devraient suivre, à commencer par la Nouvelle Aquitaine.

Mais si l’optimisme général est palpable, le succès d’Alentour n’est pas garanti. D’autres tentatives, par le passé, se sont soldées par des échecs, et même le mastodonte Airbnb et ses fonds qui paraissent illimités, se cassent les dents sur le marché très fragmenté des activités de loisirs. « Nous avons plusieurs avantages : l’impulsion de la Banque des Territoires, interlocuteur privilégié des socioprofessionnels, nous permet d’avoir une vision d’investissement à long terme. Nous n’avons pas un fonds d’investissement sur le dos pour nous mettre la pression », conclut Timothée de Roux.

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