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C. Vernet (La Compagnie) : « Dès novembre nous effectuerons 4 à 5 vols par semaine vers les Etats-Unis »

Christian Vernet, le président de La Compagnie, revient pour l’Echo Touristique sur l’activité de son entreprise, particulièrement impacté par la crise et la fermeture des Etats-Unis.

L’Echo Touristique : La Compagnie Boutique Airline est spécialisée dans les vols business entre la France et les Etats-Unis. Quel impact a eu la crise sur votre activité ?

Christian Vernet : Sur le plan économique, depuis le 20 mars 2020, nos avions sont posés au sol. Même si nous avons effectué quelques vols de manière sporadique, nous n’avons vraiment repris des vols régulier que le 12 juin , à partir du moment où l’Europe a rouvert ses frontières aux nord-américains. Pendant 15 mois nos avions étaient cloués au sol. 

Comment avez-vous réussi à survivre durant cette crise ?

En avril 2020, nous avons touché 10 millions d’euros de PGE. Mais les sommes demandées étaient basées sur une reprise rapide de notre activité. La situation dans le monde et surtout aux Etats-Unis s’est empirée. La position de Donald Trump n’a pas aidé. Nous avons donc dû avoir recours, comme beaucoup de compagnies, au régime d’activité partielle, à des exonérations de charges. Nous avons aussi fait des économies sur le coût de location des avions, en décalant les loyers. Enfin nous avons continué à développer notre activité charter, essentiellement avec des équipes de sport. Ce qui a permis à nos équipes de continuer à voler un peu et d’engranger un peu d’argent.

Mais le problème c’est que le PGE était borné aux trois meilleurs mois de l’année 2019. Nous étions bien en dessous. Nous avons demandé un complément de PGE de 9 millions et nos actionnaires ont accepté de faire une recapitalisation de 5 millions. Nous avons également obtenu 200 000 € par le fond de solidarité. Il faut enfin souligner que les salariés ont consenti à un accord de performance collective qui a entrainé une baisse de leurs salaires. Je tiens à les remercier. Cela nous a permis de convaincre banques et actionnaires.

Christian Vernet

Vous avez aussi été confronté à la lente réouverture des frontières américaines ?

Nous avons relancé de la capacité sur les Etats-Unis dès le 12 juin, avec 2 à 3 vols par semaine. Vers Paris et Nice depuis l’aéroport de New York. Durant tout l’été les américains ont pu venir. Mais les Européens n’ont pas pu aller aux Etats-Unis. Nous attendions que Joe Biden, le président des Etats-Unis, fasse une annonce lors du G7, mais rien. Idem lors de la fête nationale américaine, le 4 juillet. Nous avons alors adapté notre offre siège, supprimé quelques vols et régulé les capacités. Au final sur l’été nous sommes tout de même à 60 % de remplissage, mais sur une capacité bien moindre qu’une année normale.

Les frontières devraient enfin rouvrir début novembre. Cela doit être un soulagement ?

Bien sûr. Même si cela fait maintenant un an et demi que nous anticipons différent business plan, des optimistes et des pessimistes. Concernant la date de reprise de reprise du tourisme aux Etats-Unis, elle n’est pas encore tout à fait fixée. Des sources nous disent autour du 9 novembre mais c’est à confirmer. En tout cas dès l’annonce de la reprise, nos ventes ont été multipliées par deux. Sur les marchés français et américains. Une chose est sûre, nous ne relancerons pas nos 13 vols hebdomadaires comme nous le faisions avant un certain temps. Nous sommes à 4 ou 5 vols chaque semaine. Nous allons passer en quotidien à partir de novembre.

Les Etats-Unis sont votre cœur de marché mais vous aviez, avant la crise ouvert l’Israël et visiez le marché italien. Qu’en est-il ?

Nous souhaitons rouvrir Tel-Aviv le 5 décembre, à raison de deux vols par semaine. Pour l’instant les Européens ne peuvent pas rentrer dans le pays sans être placé en quarantaine. Cette ligne nous permettrait d’effectuer un Tel Aviv New York Via Paris avec une connexion très rapide. Concernant le Milan New York, l’ouverture est décalée à fin mars 2022. Avec notre second appareil (A321 Neo) nous allons faire du charter, notamment avec le Paris Saint-Germain.

Economiquement, quelles sont vos perspectives ?

Sur l’année 2019-2020, nous devions dégager du bénéfice, mais nous avons seulement que 4 mois d’exercice normal. Ensuite est arrivé le Covid. Pour l’exercice 2021-2022 nous devrions être proche de l’équilibre et l’année suivante faire un peu de profit pour commencer à rembourser. Il est probable que nous nous intéressions à de nouvelles destinations, notamment sur du très long-courrier. Nous réfléchissons également à des accords avec d’autres compagnies mais je ne peux pas en dire plus.

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