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Grève Air France : les agences de voyages demanderont des indemnisations

Comment compenser la baisse de productivité et de revenus liée aux annulations et reports ? Les Entreprises du Voyage vont demander, comme en 2014, des compensations financières à Air France.

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« Nous attendons la fin du mouvement social pour discuter avec Air France d’une enveloppe d’indemnisation sur la période des grèves », nous a confié Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyages (EdV). « En 2014, nous avions obtenu le doublement de la rémunération contractuelle négociée entre les Entreprises du Voyage et la compagnie », rémunération qui va jusqu’à 0,6% du chiffre d’affaires généré. « C’est sur ce principe que nous allons discuter avec Air France », ajoute Jean-Pierre Mas, rappelant aussi au passage la valeur ajoutée du professionnel envers les voyageurs en période de mouvement social. « La gestion des dossiers est très complexe. Il fait trouver un nouveau vol, un hôtel, une location de voiture. » Le cumul des grèves d’Air France et de la SNCF constitue une vraie plaie, ajoute Jean-Pierre Mas, qui toquera aussi à la porte de la SNCF pour demander des indemnisations.

L’exemple de 2014

Bien malin qui peut prédire quand les pilotes mettront fin à leurs débrayages. Après deux mois de conflit, ponctués de neuf jours de grève, aucune sortie de crise ne pointe à l’horizon. Et de nouvelles dates de grève sont prévues début mai. « Je suis inquiet de constater le refus du référendum (du SNPL, NDLR). C’est une attitude irresponsable », lâche le président du syndicat.

En 2014, après les pressions du gouvernement, ce syndicat majoritaire des pilotes avait mis fin à la grève après 14 jours de tensions. Le coût du conflit avait grimpé à plus de 400 millions d’euros, plombant l’exercice financier du groupe aérien.

A l’époque, le Snav l’avait chiffré, pour les agences, à 10 millions d’euros sur deux semaines. Un calcul basé à la fois sur la perte de productivité liée au travail supplémentaire et aux frais additionnels engagés par les professionnels. Du coup, les rémunérations prévues dans le cadre de l’accord, conclu à l’époque avec le Snav, avaient été multipliées par deux pour les ventes de septembre 2014 (de 0,5 à 1% ou de 0,6 à 1,2%). Pour le mois d’octobre, elles avaient été majorées d’environ 15%, soit 0,1 point.

Un surcoût de 1M€ sur une semaine

Le surcroît actuel de travail auquel doivent faire face les agences pour réorganiser les déplacements de leurs clients est estimé à 500 000 euros par jour de grève, avait indiqué les EdV dans un communiqué du 9 avril. Ces frais de réorganisation sont supérieurs à un million d’euros pour la seule première semaine d’avril, selon le syndicat. Les agences doivent non seulement décaler des départs ou des retours, mais aussi modifier des réservations d’hôtels et de location de voiture. Il faut de surcroît gérer les problèmes de pré-acheminement, pour des des séjours ou des circuits qu’il est compliqué de reporter. Enfin, le recul des réservations de vacances (prises de commandes) pendant les périodes de grève atteint environ 20% par rapport à la même période de 2017.

Chaque jour, en France, 45 000 trajets Air France et 55 000 billets SNCF (essentiellement TGV et grandes lignes) résultent d’émissions effectuées par les agences de voyages.

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