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Comment envisagez-vous votre avenir ?

Finis les lendemains qui chantent. Le virtuel, ce n’est pas votre tasse de thé et votre avancement vous paraît aléatoire.

E st-ce le contexte actuel ou un sentiment plus profond ? Toujours est-il que votre avenir, vous ne le voyez pas vraiment rose. Hier, le vendeur était un voyageur qui parcourait les continents. Aujourd’hui, le monde du voyage est dirigé par des gestionnaires, des financiers, regrettez-vous. Il vous faut être davantage encore un technicien, vous remettre sans cesse au diapason. Et Internet vous inquiète. Le web fait désormais partie du quotidien de 90 % d’entre vous. Les nouvelles méthodes de vente à distance vous font craindre le pire, vous avancez en traînant les pieds. Combien d’entre vous ont un ordinateur personnel ? Question de moyens ! répondez-vous. Allons, faut-il vous croire ?

Vous êtes environ 30 000 salariés permanents qui évoluent dans 5 000 à 5 500 points de vente, avec un effectif moyen variant de 3,5 à 4 personnes. Cela confirme que vous n’avez pas vraiment de perspectives d’évolution, à moins d’accepter d’être mobile. A une grande majorité, vous avez d’ailleurs peu progressé dans la hiérarchie : seulement 26 % d’agents de maîtrise, 22 % de cadres. Dans une agence, le parcours est balisé, sans surprise, le chemin long et difficile. Et vous n’êtes plus vraiment tentés par l’idée de créer votre propre entreprise.

Chef d’agence vers 35 ans

Il faut prendre trop de risques, cela demande une licence et un investissement important. Et puis, tant que la loi de 1992 n’est pas révisée, l’agence doit assumer trop de responsabilités. Partir à l’étranger, c’est toujours le rêve de quelques-uns d’entre vous, parmi les plus jeunes. Mais, pour un an ou deux, pas plus longtemps. Le mythe du grand voyageur a vécu.

Si tout va bien, vous pourrez espérer passer chef d’agence vers 35 ans, rarement avant. Nos chefs d’agence ont environ 42 ans, simplement parce qu’il y a des gens devant eux, confirme Laurent Pevet chez Thomas Cook. Des responsabilités, vous êtes d’accord pour les assumer, mais encore faut-il que le jeu en vaille la chandelle. Etre responsable d’une agence, même simplement en arrière-garde, signifie un investissement personnel supplémentaire, des horaires parfois fantaisistes, l’ouverture le matin, la comptabilité et la fermeture du soir. La différence de salaire ne vaut vraiment pas la peine, entend-on ici et là. Il est vrai que la plupart des chefs de comptoir, avec dix ans d’ancienneté, gagnent moins de 2 000 E par mois !

Etre mobile suppose aussi d’accepter des conditions de travail plus fatigantes. C’est pourquoi, au fur et à mesure que l’on grimpe dans la hiérarchie, la pyramide s’inverse et les hommes qui deviennent majoritaires.

Route barrée en province

Si, en région parisienne, vous pouvez bouger (les petites annonces de l’Echo touristique vous y aident), les choses se corsent en province. En effet, la route est barrée. Alors, lorsqu’il n’y a pas de concurrents susceptibles d’embaucher dans la ville où vous habitez, vous démissionnez pour vous occuper de vos enfants ou pour changer de secteur.

Les partants sont souvent des femmes, agents de vente confirmés, qui ont un à trois ans d’ancienneté, confirme Laurent Pevet. Dans les grands réseaux, vos chances de progresser sont meilleures car vous pouvez utilement profiter de la formation interne. Ailleurs, cette dernière se résume à quelques remises à niveau sur les GDS. Les trois quarts des agents de voyages n’ont jamais entendu parler de bilans de compétence. Comment faire évoluer le métier dans ces conditions ?, s’insurge Annette Masson, présidente de la Fédération française des techniciens et scientifiques du tourisme (FFTST).

Pas forcément devenir chef

Car c’est aussi votre grand défaut, vous êtes souvent très passifs. Les trois quarts d’entre eux attendent tout des autres. Cela dit, ce qui intéresse la majorité, c’est essentiellement de gagner correctement sa vie, pas forcément de devenir chef. Tout le monde n’a en effet pas les qualités requises pour encadrer des équipes. Tout métier est valorisé par le montant de la rémunération que l’on reçoit pour le faire. Il faudrait un système qui reconnaisse les qualités de vendeur de l’agent de voyages, en lui permettant d’augmenter son salaire, suggère Annette Masson. Avec, par exemple, un pourcentage sur les ventes.

Chez Thomas Cook, chaque salarié reçoit neuf jours de formation un mois après son arrivée, puis cinq jours l’année suivante, consacrés aux méthodes de vente. Le reste est effectué à 90 % en interne grâce à l’école de formation maison qui dispense au total 12 000 heures de formation par an. Chaque année, un entretien d’évaluation permet au salarié de déterminer, en accord avec son supérieur, de quoi il a besoin.

Pour progresser, il faut remplir plusieurs critères : avoir de bons résultats de vente, de bonnes relations avec la clientèle, mais aussi avec ses collègues de travail.

Les hommes aux postes clés

On devient chef d’agence, puis une fois que l’on a fait ses preuves, chef des ventes, avec comme bâton de maréchal le poste de directeur régional. Et c’est là que le pourcentage d’hommes augmente, au fur et à mesure que l’on grimpe dans la hiérarchie. Chez Thomas Cook, tous les directeurs régionaux sont des hommes. Tout simplement parce que ces postes dépendent aussi de la capacité à être absent de chez soi une partie de la semaine, affirme Laurent Pevet. Quoi qu’il en soit, et de l’avis général, si vous voulez évoluer, une chose est sûre : ne rêvez plus de devenir chef de produit chez un tour-opérateur. Ce métier mythique, tel que vous le rêvez, n’existe plus. Fini le sac à dos, lui aussi est devenu un gestionnaire !

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