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A Londres et Paris, Uber veut limiter le temps de travail de ses chauffeurs

Le modèle ultra-libéral d’Uber est-il en train de disparaître ? La question peut se poser depuis l’annonce de la société de chauffeurs privés de limiter le temps de conduite de ses chauffeur à Londres et à Paris.

Uber a annoncé mardi son intention de plafonner au Royaume-Uni le nombre d’heures pendant lesquelles ses chauffeurs peuvent se connecter à son application. Les chauffeurs devront désormais respecter une pause de six heures après avoir cumulé dix heures de conduite, que ce soit pour aller chercher ou déposer un client.

Ils ne pourront pas se connecter à l’application mobile pendant cette période de repos. Uber entend ainsi « améliorer la sécurité de ses chauffeurs et de ses clients ». Cette nouvelle politique s’ajoute à celle, existante, consistant à envoyer des messages invitant au repos les chauffeurs restés connectés trop longtemps.

Appliquée à Londres, testée à Paris

Selon le Figaro, en France, une expérimentation doit être menée dès aujourd’hui. Une centaine de chauffeurs va être recrutée pour « tester » la fonctionnalité.

Un point très sensible puisque la base du modèle Uber  est l’indépendance des chauffeurs qui leur permet de travailler autant qu’ils veulent. Aujourd’hui, il faut concilier cette flexibilité, et la possibilité de gagner plus en travaillant plus, avec l’exigence de sécurité.

« Nous avons reçu des preuves que des chauffeurs Uber restaient connectés plus de 60 heures par semaine. La mise en place de ce plafond est donc bienvenue. Nous souhaitons observer comment cela fonctionnera en pratique, et si d’autres entreprises imiteront cette démarche », a indiqué la député travailliste Rachel Reevs.

Augmenter les salaires pour faire diminuer le temps de travail ?

Selon Uber, cette décision est « une première » dans l’industrie des véhicules avec chauffeurs. Cependant pour James Farrar, ancien chauffeur impliqué dans une procédure judiciaire contre la firme, cette mesure ne répond pas au problème principal. « La raison pour laquelle les chauffeurs sont fatigués, c’est qu’ils ne gagnent pas assez, ils sont obligés de travailler au moins 34 heures par semaine seulement pour rembourser leurs frais. »

« La solution est simple : Uber doit se conformer aux décisions rendues par deux tribunaux distincts: payer ses chauffeurs au moins au niveau du salaire minimum, et leur accorder des congés payés », a-t-il ajouté.

Uber a fait appel de ces deux décisions de justice, rendues en octobre 2016 et novembre 2017. L’entreprise a également fait appel de la suspension de sa licence à Londres, où elle peut continuer à opérer en attendant l’audience prévue au printemps.