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A l’aube d’une nouvelle ère

Au moment où César Balderacchi s’apprête à quitter la présidence du Snav, les professionnels se préparent à vivre la plus importante évolution de leur histoire, avec la fin des commissions.

Sur le thème 2005-2008 : enjeux et perspectives pour une profession, le 46e congrès du Syndicat national des agences de voyages qui s’est tenu à Pékin du 18 au 23 janvier, a tenu en partie ses promesses. Plus intéressante que l’édition précédente au Mexique, estiment les participants interrogés. Même si beaucoup ont séché les séances plénières pour découvrir les trésors cachés de la capitale chinoise et succomber aux sirènes du shopping du marché de Hongqiao !

Quelque 1 000 personnes avaient fait le déplacement mais, comme l’an dernier, si l’on retire les invités, les accompagnants et les fournisseurs, les licences étaient peu nombreuses : 150 tout au plus. Les agences Selectour, et surtout Afat Voyages, sont venues en nombre, contrairement aux membres de Tourcom, grand absent de ce 46e congrès. Le président de ce réseau a d’ailleurs été épinglé à mots couverts par César Balderacchi, qui assistait à son dernier congrès en tant que président du Snav : Les absents ont toujours tort. En tout cas, ils perdent le droit de se plaindre si les décisions ne leur conviennent pas.

La responsabilité sur le devant de la scène

Après la catastrophe en Asie du Sud, la question de la responsabilité des agences via l’article 23 de la loi de 1992 est évidemment revenue avec force. Dès son discours d’ouverture, César Balderacchi a souligné que si les distributeurs assument pleinement cette responsabilité, ils ne peuvent accepter qu’elle soit supérieure à celles des transporteurs. Et de rappeler que les confrères européens possèdent une législation qui limite leur responsabilité. Le Snav demande donc un alignement de la loi française sur celle de nos voisins. Ce à quoi Gilles de Robien, le ministre des Transports, de l’Aménagement du territoire, du Tourisme et de la Mer, a répondu en affirmant que la responsabilité illimitée est préjudiciable à tout le monde. Sans plafond, les assureurs risquent de se défiler ou d’augmenter les primes. Partisan d’un plafonnement, le ministre espère pouvoir faire des propositions concrètes dans les prochaines semaines, un spécialiste ayant été nommé au ministère de la Justice. Philippe Demonchy, responsable de la communication au Snav, a évoqué de son côté l’organisation prochaine d’une table ronde réunissant des représentants du syndicat, des assureurs, des transporteurs et du Ceto (l’association de tour-opérateurs) pour trouver un terrain d’entente sur ce dossier. Avec le tsunami, les pouvoirs publics ont pris conscience de l’importance de ce problème. Et une modificationde l’article 23 pourrait intervenir d’ici la fin 2005, espère-t-il.

La commission zéro dépassée

Le passage à la commission zéro au 1er avril ne semble plus faire l’ombre d’une vague au sein des distributeurs. Nous sommes prêts depuis un an, a résumé Marie-Gabrielle Salomon, PDG de Voyages Ile-de-France (Selectour). Et le Cediv (qui regroupe des agences indépendantes dont plusieurs étaient présentes à Pékin), n’a émis aucune protestation contre Air France, contrairement à son habitude. Le changement de rémunération acté, le nouveau cheval de bataille du Snav est aujourd’hui le différentiel de TVA, puisque les frais d’intervention perçus par les agences seront taxés à 19,6 %, alors que les compagnies aériennes vendant en direct ne le seront qu’à 5,5 %. Une incongruité que même Jean-Cyril Spinetta, président d’Air France, juge incompatible avec le principe d’équité. Mais alors que l’on attendait une réponse sur ce dossier avant la fin 2004, le départ de Dominique Bussereau de son poste de secrétaire d’Etat au Budget a, semble-t-il, tout remis en cause. Gilles de Robien ne s’en-gage même plus pour obtenir une réponse cette année.

En attendant, pour faire passer la pilule, le ministre a annoncé que le chantier de la réforme de la loi de 1992 avançait. Le Conseil d’Etat vient d’être saisi et l’ordonnance sera publiée dans le courant du premier semestre 2005, a-t-il affirmé. Les pouvoirs publics se sont par ailleurs engagés à financer une nouvelle campagne de communication, qui mettra en valeur le métier d’agent de voyages. Si la date de cette opération n’a pas été divulguée, celle de la compagnie qui doit expliquer aux clients le nouveau mode de rémunération des agences est en revanche connue : fin mars-début avril. Financée par Air France pour un montant de 450 000 E environ, elle sera programmée en radio. Des prospectus seront distribués en parallèle dans les agences. Cette campagne aura pour vocation de conforter les vendeurs dans leur demande de frais, estime Philippe Demonchy.

La réforme du Snav discutée en marge du congrès

A peine abordée lors des séances plénières, la réforme du Snav fut néanmoins au coeur des discussions en marge du congrès, face aux velléités de sécession des producteurs réunis au sein du Ceto. A plusieurs reprises, César Balderacchi a appelé à l’unité de la profession. L’union fait la force, Nous devons travailler ensemble, Si nous sommes solidaires, nous serons forts, a-t-il rappelé durant son discours de clôture. Pour autant, tous considèrent qu’un vrai travail de révision des statuts est nécessaire. Philippe Demonchy, avec sa casquette de président du Conseil professionnel des réseaux volontaires, se demande ainsi s’il est nécessaire de conserver une famille des réseaux volontaires, quand ceux-ci forment des alliances avec les réseaux intégrés.

Quatre candidats en lice pour la présidence

A l’inverse, il n’existe pas de famille des agences en ligne alors qu’elles pèsent chaque jour un peu plus. Et de militer pour la création d’une union fédérale réunissant trois familles : les distri-buteurs, les producteurs et les réceptifs. Nous devons redonner aux familles le rôle politique auquel elles ont droit, revendique-t-il, afin qu’elles puissent traiter leurs problèmes respectifs. Le futur président du Snav (poste auquel il a annoncé officiellement sa candidature) devra piloter cette réorganisation. Il faut peut-être diminuer le poids des régions, suggère aussi Philippe Demonchy. Il n’est cependant pas le seul à être dans les starting-blocks pour succéder à César Balderacchi. Sont également pressentis : Mumtaz Teker, vice-président du Snav, Dominique Vaucy, président du Conseil professionnel des producteurs de groupes et Georges Colson, PDG de Fram. D’autres pourraient encore faire acte de candidature, même si Philippe Demonchy semble tenir la corde, ayant déjà les appuis de Tourcom, d’Afat Voyages et de plusieurs réseaux intégrés.

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