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TO : les filiales françaises à rude épreuve

La crise met à mal les modèles d’intégration des TO français filiales de grands groupes internationaux. Tandis que Kuoni France a décidé de reprendre sa liberté et que Transat France privilégie l’évolution à toute révolution, Thomas Cook se prépare au contraire à un douloureux plan de redressement piloté par sa maison mère. De quoi rappeler ce qu’a vécu TUI France, désormais délesté du poids de sa restructuration. L’avenir dira quel scénari

Kuoni : le pari de l’indépendance

Les années de pertes se suivent pour Kuoni France : encore près de 3 millions de francs suisses (2,5 ME) l’an dernier, pour un CA en baisse de 9 %. La filiale française ne faisait pourtant pas partie de celles dont le groupe souhaitait se défaire. « C’est de nous qu’est venue la proposition d’une reprise, confie Emmanuel Foiry, son patron. La décentralisation complète est le meilleur moyen de nous sauver en nous permettant de retrouver l’agilité d’une PME. » Mais le pari est osé, car il va falloir reconstruire bien des choses, à commencer par un système informatique capable d’être ultra-réactif, à la manière de celui d’Exotismes, cité en exemple. L’objectif étant d’accroître la performance en réduisant les coûts, alors que les frais versés à la maison mère au titre des services centralisés atteignaient 3,5 millions d’euros par an, selon l’élu CFDT, Pascal Pedrak. Second défi : redéfinir la stratégie de production. Entre autres pistes, l’offre balnéaire pourrait être réduite à l’océan Indien, tandis que les Ateliers du Voyage bénéficieront d’un « très gros coup de collier ». Cette spécialisation aboutira aussi au retour de business-units dédiées à chaque ligne de métier. Et probablement à une réduction des effectifs, qui seront « évidemment » ajustés en cas de « concentration de la production ». De source syndicale, 30 postes (sur 220) pourraient être menacés.

Thomas Cook : verdict mi-avril

Officiellement, le « processus de transformation » de la filiale française en est encore au stade des « hypothèses ». Prudents, plusieurs représentants syndicaux parlent pour l’instant de « rumeurs » et d’« informations contradictoires ». Faut-il comprendre entre les lignes que leurs langues ne se délieront qu’une fois le projet formel de réorganisation présenté par la direction, sans doute dans la deuxième quinzaine d’avril ? « On se prépare à être combattif », confie en tout cas Michel Dutourné, délégué syndical central CFE-CGC. Un scénario crédible pourrait passer par un plan social très lourd dans la branche tour-opérating, accompagné d’un recentrage de la production sur l’offre mainstream (circuits, séjours balnéaires, clubs) autour d’une seule marque, Jet tours, qui bénéficie de la plus grande notoriété et pourrait donc favoriser une éventuelle vente par la maison mère britannique dans quelques années. Le réseau de distribution, en revanche (environ 300 points de ventes intégrés), serait en grande partie épargné. La distribution offline n’est pas la priorité de Thomas Cook PLC mais rapporte gros en France, autour de 70 ME par an. De quoi atténuer les pertes de la filiale française, qui auraient atteint 20 à 30 millions d’euros l’an dernier.

Transat France : la méthode douce

La troisième voie face à TUI Travel et Thomas Cook… Transat France rêve de l’incarner depuis sa création en 2009. La crise et le Printemps arabe ont différé les ambitions de la filiale française du groupe canadien Transat AT qui a, pour la première fois, affiché des pertes (9,7ME) en 2012. Mais elle marque sa différence jusque dans la méthode choisie pour rebondir. La restructuration en cours se fait à pas feutrés, sans l’ampleur d’un TUI ni la dureté d’un Thomas Cook. Pas de plan social en vue, mais un accord signé entre la direction et les syndicats pour encadrer la réorganisation. La fusion juridique des trois entreprises (Look Voyages, Vacances Transat et Amplitravel), entérinée le 21 février, et qui doit optimiser traitements administratifs et financiers avec mutualisation de certains services à la clé, est une première étape qui, semble-t-il, fait consensus. La migration informatique planifiée à partir de l’automne en est une autre, autrement plus périlleuse. L’abandon de Logitours (Accovia) au profit du système britannique Travelbox doit permettre de gagner en efficacité et flexibilité, qui sont le nerf de la guerre, assure la direction. « Mais l’emploi pourrait en pâtir », s’inquiète déjà Tassadit Nezreg, déléguée du personnel CGT. Là encore, il faudra trouver la voie, la bonne, pour négocier au mieux le virage technologique.

Les deux poids lourds du voyage d’affaires ne sont jamais revenus aux volumes d’avant la crise, en 2008.

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