La Seekirchl, dont le clocher à bulbe marque l’entrée du village, surplombe la patinoire à ciel ouvert. Une dizaine de couples en équilibre sur la glace évoluent au son d’une musique des années 80. D’autres préfèrent rester arrimés au bar pour prendre un chocolat chaud. De l’autre côté de la palissade, quatre copains jouent au curling en rigolant. Plus loin sur le plateau de Seefeld, deux bannières délimitent l’entrée du stade de ski de fond. A 1 200 m d’altitude, le village n’a pas volé sa réputation de paradis du ski nordique : 260 km de pistes entretenues avec soin. Certaines sont éclairées la nuit. Les skieurs font, pour une fois, bon ménage avec les piétons : la commune leur dédie 140 km de sentiers balisés tout l’hiver. Seefeld, 3 000 habitants, pourrait se résumer en hiver à deux rues piétonnes, quelques chalets et une soixantaine d’hôtels. La petite agglomération compte 17 000 lits et rien, hormis les très chers parkings payants, ne laisse songer à une surexploitation de son potentiel. Devant la façade baroque de l’église Saint-Oswald, un groupe de randonneurs accompagnés par deux lamas croise une dizaine de calèches stationnées en épi. Embarquons ! La balade dure une heure. Le crépuscule est le moment le plus prisé pour un tour du plateau au bruit des sabots. Le cocher s’engage dans un chemin obscur, en direction du Gschwandtwaldt. Le tremplin du combiné nordique a été dressé pour les jeux Olympiques de 1964 et 1976, explique-t-il. Tout autour de Seefeld, près des lacs moins gelés cette année que les hivers précédents, d’anciens fermiers ont transformé leur demeure en restaurant. C’est unique dans les Alpes, dit fièrement le cocher. Je dépose les clients et je viens les retrouver deux heures plus tard, à la fin du dîner. Sans compteur, mais sans marchandage : la course est à 36 E !
%%HORSTEXTE:1%%
