Aérien : malgré le coût du kérosène, la demande progresse en juillet
Malgré l’inflation et les tensions géopolitiques, le trafic aérien a poursuivi sa progression (+0,2% sur un an).
Le transport aérien mondial a enregistré une nouvelle progression d’activité en juillet 2026, malgré des tarifs élevés et de fortes tensions géopolitiques. Selon les données publiées ce lundi par l’Association internationale du transport aérien (IATA), la demande globale, mesurée en passagers-kilomètres payants (RPK), a progressé de 0,2% par rapport au niveau record de juillet 2025.
Au Moyen-Orient, contraction de la demande de 10%
Cette légère progression d’ensemble recouvre des réalités régionales très contrastées. Hors Moyen-Orient, région pénalisée, où la demande s’est contractée de 10%, le trafic mondial affiche une hausse soutenue de 1,2%. L’Asie-Pacifique (+1%) et l’Europe (+2%) soutiennent cette trajectoire positive. Le couloir reliant le continent européen à l’Asie s’impose comme le plus dynamique : la fréquentation y est en hausse de 12,1% sur un an, soit la plus forte expansion observée sur les grands axes internationaux.
À l’inverse, le marché nord-américain subit un recul d’1,2%, pénalisé notamment par un repli de 2,2% sur les liaisons transatlantiques, avec des baisses notables constatées au départ de la France, du Royaume-Uni et de l’Espagne. Quant aux réseaux intérieurs, si la demande globale augmente de 0,6%, tirée par la vigueur des marchés chinois (+5,3%) et brésilien (+6%), tandis que les Etats-Unis, l’Inde et l’Australie s’inscrivent en baisse. L’IATA ne donne pas les données isolées pour le marché intérieur français. Le coefficient d’occupation moyen à l’échelle mondiale s’est établi à 85,2%.
Offre accrue
Ce maintien d’une forte activité s’inscrit dans la continuité de la croissance du tourisme international. D’après l’ONU Tourisme, le nombre d’arrivées internationales a atteint un sommet de 1,5 milliard en 2025, un flux dont 58% est acheminé par voie aérienne selon l’IATA. Illustration de cette intensité opérationnelle, la journée du 23 juillet 2026 a constitué la date la plus chargée de l’histoire de l’aviation commerciale, avec 153 359 vols suivis par la plateforme spécialisée Flightradar24.
Cette performance s’inscrit pourtant dans un contexte particulièrement agité pour le secteur aérien. Le cours du kérosène demeure à des niveaux exceptionnellement hauts en raison du blocage du détroit d’Ormuz. Afin de ne pas brider la forte demande estivale, les compagnies ont ainsi fait le choix de maintenir et d’étoffer leur offre de sièges (+0,3% en juillet), quitte à voir le coût du carburant rogner temporairement leurs marges bénéficiaires.
Été record
Les projections pour la fin de la haute saison tendent à confirmer que 2026 sera un été record. L’IATA anticipe une hausse des capacités de près de 3% pour le mois de septembre, après une accélération estimée à 1,9% en août. « Bien que les prix élevés des carburants, l’incertitude économique et les tensions géopolitiques persistent, les compagnies expriment leur confiance dans la demande pour la dernière partie de l’année », souligne Marie Owens Thomens, économiste en chef de l’organisation, dans un communiqué.
Cette croissance continue accentue toutefois les critiques relatives à l’empreinte environnementale de l’aviation, alors que l’Europe a traversé un été particulièrement chaud et sec. Le groupe de réflexion Transport & Environment a réaffirmé que le développement actuel du secteur, particulièrement sur les liaisons à fortes émissions, demeure incompatible avec les objectifs climatiques. Les transporteurs mettent pour leur part en avant la faible disponibilité des carburants d’aviation durables (SAF) sur le marché pour accélérer leur décarbonation.
À lire aussi :
- Thaïlande : l’exemption de visa passe de 60 à 30 jours pour les touristes français
- Ferroviaire : Velvet obtient sa licence d’exploitations de trains à…
- Portugal : un an après l’accident meurtrier du funiculaire…
- French Bee : les syndicats de navigants reconduisent la grève jusqu’au…
- Sous la pression du kérosène, TAP Air Portugal reste dans le rouge…
