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Aérien : un trafic record en 2026 mais des bénéfices divisés par deux, selon l’Iata

L’Iata prévoit des bénéfices divisés par deux en 2026 pour le transport aérien, lourdement pénalisé par le prix du kérosène et la crise au Moyen-Orient.

Les bénéfices du transport aérien chuteront de moitié en 2026. Réunie dimanche à Rio de Janeiro, l’Association du transport aérien international (Iata) a sévèrement révisé ses prévisions financières : les bénéfices nets du secteur passeront de 45 milliards de dollars en 2025 à 23 milliards de dollars cette année. La marge nette mondiale dévisse mécaniquement, chutant de 4,2 à 2%.

Marges réduites

Deux facteurs expliquent cette contraction : les retombées de la guerre au Moyen-Orient et l’envolée du coût de l’énergie. Le prix du carburant d’aviation a, depuis le début du mois de mars, bondi de près de 70%, et le kérosène engloutit désormais plus de 31% des dépenses d’exploitation des transporteurs.

Les compagnies répercutent une partie de cette hausse sur le prix des billets, mais l’impact sur leurs finances reste massif. Selon Willie Walsh, directeur général de l’Iata, le bénéfice net tombe à 4,50 dollars par passager – un montant tout juste suffisant pour acheter « un hot-dog au stade », avance-t-il, et qui, surtout, ne laisse aucune marge de manœuvre en cas de nouveau choc.

Les avions restent pleins

Paradoxalement, l’aviation n’a jamais attiré autant de clients : les compagnies prévoient de transporter 5,1 milliards de passagers en 2026, dépassant les 4,98 milliards de l’an dernier. Le chiffre d’affaires global progressera de 9% pour atteindre un record de 1 165 milliards de dollars. Les avions volent pleins, avec un taux de remplissage historique de 84%. La demande résiste donc, selon l’organisation, aux instabilités géopolitiques, à une inflation persistante et à une croissance économique mondiale ralentie.

Mais cette activité soutenue masque de profondes fractures régionales : champion de la rentabilité, le Moyen-Orient s’effondre. Frappées par la fermeture d’une partie de l’espace aérien et l’allongement forcé des routes, les compagnies du Golfe perdront de l’argent en 2026. Leur marge nette, établie à 9,4% en 2025, plongera à -6,1%.

L’Europe, région la plus rentable du monde

À l’inverse, l’Europe devient la région la plus rentable du monde avec 3,1% de marge nette, devant l’Amérique du Nord (2,5%) et l’Asie-Pacifique (2,1%). L’Afrique, de son côté, capte une part du trafic détourné du Moyen-Orient, mais ses bénéfices resteront minimes en raison de coûts d’exploitation structurellement élevés.

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