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Le groupe MSC pourrait racheter EasyJet

Le groupe MSC, qui souhaite acquérir une compagnie aérienne, pourrait s’offrir Easyjet contre 4 milliards de dollars.

EasyJet pourrait changer de propriétaires. Selon les informations du Corriere della Sera, la compagnie aérienne britannique intéressait le groupe MSC. L’armateur d’origine italienne serait en fait associé au fonds d’investissements américain Castlelake, à la manœuvre, qui confirme, par communiqué, se trouver « aux premières étapes d’examen » d’une possible offre de rachat d’EasyJet.

Avec cette déclaration publique, Castlelake active la règlementation britannique sur les offres publiques d’achat (OPA). Le fonds d’investissements basé à Minneapolis doit désormais se positionner d’ici au 26 juin en déposant une offre de rachat ferme ou en officialisant son retrait. Valorisant EasyJet à minimum 403 pence par action, soit environ 3,06 milliards de livres sterling (4,1 milliards de dollars), l’annonce a fait bondir le titre de plus de 12% à la Bourse de Londres.

Une fenêtre très avantageuse pour les investisseurs

Car la compagnie britannique présente un profil très intéressant pour les investisseurs. D’abord, le titre d’EasyJet a perdu près de 30% en un an, affaibli par la guerre en Iran et la hausse du kérosène. Ces facteurs conjoncturels font baisser le prix d’entrée sans pour autant entamer la valeur structurelle de la compagnie. Et cette dernière est bien solide. En plus d’une large flotte opérationnelle (361 avions) et d’une clientèle fidélisée, EasyJet possède en effet des slots qualifiés de stratégiques à Gatwick, Paris-Charles de Gaulle ou encore Genève. Selon plusieurs spécialistes, ces actifs sont « quasiment impossibles » à obtenir autrement que par l’acquisition du transporteur.

Enfin, l’activité de tour-operating (easyJet Holidays), qui représente déjà 38% des bénéfices du groupe, offre à un acquéreur une exposition immédiate au marché des forfaits vacances. Pour les candidats au rachat, l’opération serait donc largement opportuniste : une fois les tensions géopolitiques apaisées, le cours d’EasyJet remontera. Et la fenêtre avantageuse se refermera.

Pour MSC, racheter EasyJet permettrait de coiffer l’ensemble de la chaîne touristique (transport aérien, croisière, potentiellement tour-operating…), un objectif de longue date pour le groupe maritime. Avec des marques identifiées par le grand public, un réseau dense dans le ciel européen et des clientèles loisirs qui peuvent facilement se croiser, la naissance de ce nouveau géant du tourisme serait à suivre de très près. MSC, qui avait démenti être intéressé par le rachat d’EasyJet à l’automne dernier, n’a cette fois-ci pas souhaité commenter les informations venues d’Italie.

Air France-KLM n’est pas impliqué… mais ne ferme pas la porte

Forcément, la nouvelle a circulé dans l’industrie du tourisme ces derniers jours. Interrogé par Bloomberg, le PDG d’Air France-KLM Ben Smith a déclaré qu’il prendrait « absolument » l’appel de Castlelake si le fonds venait à lui soumettre une proposition formelle. Le dirigeant a toutefois pris soin de préciser qu’Air France-KLM n’est « impliqué dans aucune transaction active » concernant EasyJet. Air France-KLM, qui pourrait bientôt changer de nom, n’est donc pas à la table des négociations… sans pour autant fermer la porte. Pour rappel, Air France-KLM et Castlelake ont déjà travaillé ensemble au moment du rachat de la compagnie scandinave SAS par le groupe franco-néerlandais, en 2025.

À la manœuvre, Castlelake est dans l’obligation de nouer des partenariats avec des entreprises européennes. En effet, la législation européenne impose qu’une compagnie aérienne opérant dans l’Union européenne soit majoritairement détenue par des capitaux européens. Seul, le fonds américain ne peut donc pas satisfaire cette condition.

EasyJet aussi a réagi à ces informations. La direction de la compagnie qualifie l’approche de « hautement opportuniste ». Elle reconnaît d’ailleurs que son cours est temporairement déprimé par la guerre et la hausse des prix du kérosène. Le conseil d’administration a néanmoins indiqué qu’il « examinerait toute proposition » reçue, conformément à son devoir envers les actionnaires.

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