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Qu’est ce que le « syndrome de l’Inde » qui rend fou certains voyageurs ?

Si le voyage est synonyme d’évasion, il peut parfois virer au cauchemar. En Inde, le choc peut mettre à mal les fondements intimes et provoque le « syndrome de l’Inde ».

Harley Rustad a récemment fait publier Lost in the Valley of Death: A Story of Obsession and Danger in the Himalayas. Un livre dans lequel l’auteur raconte le destin tragique du randonneur américain expérimenté Justin Alexander Shetler qui a marché vers un haut lac de l’Himalaya lors d’un pèlerinage dans la vallée de Parvati. Depuis, personne ne l’a jamais revu.

Le récit est l’occasion pour Harley Rustad de revenir sur un étrange phénomène qui touche beaucoup de voyageurs : « le syndrome de l’Inde ». Ce syndrome atteint certains voyageurs qui passent de longues périodes en Inde. Des personnes atteintes finissent par présenter un éventail de changements comportementaux et psychologiques qui peuvent être puissants, voire dévastateurs.

Jérusalem, Florence : un phénomène courant

Un phénomène qui a des « cousins » un peu partout dans le monde. Aussi appelé syndrome de Stendhal, il a été observé chez les touristes religieux à Jérusalem, qui sont frappés d’une psychose spontanée lorsqu’ils visitent la ville. Certains pensent qu’ils entendent Dieu ou sont en présence de saints. Même chose chez les visiteurs de Florence, qui sont physiquement submergés, voire hallucinés, en voyant la beauté artistique de la ville. Certains cas aussi ont été observés à Paris, notamment chez les Japonais.

Le syndrome de l’Inde a été théorisé par un Français, Régis Airault. Arrivé en Inde en 1985 pour travailler comme psychiatre au consulat de France à Mumbai, il a eu l’occasion de parler à ces voyageurs, souvent dans la vingtaine ou au début de la trentaine, peu après leur arrivée en Inde.

Des « voyageurs perdus à jamais »

Si au départ, tous étaient enthousiasmés par leur voyage, assez vite Régis Airault a commencé à observer de curieux comportements. Certains ont perdu leurs repères, sont devenus désorientés et confus, ou se sont retrouvés dans des états maniaques et psychotiques. 

D’autres présentaient des symptômes tels que la dépression et l’isolement, résultant d’un sentiment de désorientation dans un pays ou une culture inconnue. Dans de rares cas, certains ont été diagnostiqués plus tard avec une psychose aiguë, un délire et une illusion. À son niveau le plus puissant, le syndrome de l’Inde pourrait être dévorant, conduisant à un détachement complet de la réalité ou à une déconnexion écrasante de la réalité. Régis Airault finit par les appeler « les voyageurs perdus à jamais ».

Les assurances prudentes pour les voyages en Inde

En 2000, dans son essai intitulé Fous de l’Inde, il écrit : « Plus que tout autre pays, l’Inde a le don de stimuler l’imagination et de susciter des émotions esthétiques intenses qui peuvent à tout moment plonger le voyageur dans une angoisse totale. Pour cette raison, notre « expérience » de l’Inde peut être quelque peu ambivalente. Cela dépend de l’histoire personnelle de chacun, de son « envie de voyager » et des traumatismes passés enfouis profondément à l’intérieur (…). Car l’Inde parle à l’inconscient : elle le provoque, le fait bouillir et, parfois,  déborder. »

Si le syndrome de l’Inde n’est pas universellement reconnu ou officiellement accepté comme un diagnostic psychologique, les symptômes sont devenus suffisamment préoccupants pour que les compagnies d’assurance vendant des forfaits aux touristes à destination de l’Inde incluent des clauses qui annulent la couverture assurantielle si le voyageur a des antécédents psychiatriques ou s’il consomme de la drogue. Selon The Guardian, plusieurs ambassades et consulats en Inde disposent de psychiatres permanents pour s’occuper de leurs ressortissants en détresse et les soigner. 

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