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Ordonnance sur les avoirs : le « cri de colère » d’ATV Voyages

Spécialiste des voyages scolaires en Espagne depuis plus de 30 ans, ATV Voyages critique l’ordonnance n°2020-315 du 25 mars 2020.

ATV Voyages estime même que l’ordonnance sur les avoirs est « totalement aberrante » pour ces opérateurs du voyage scolaire. « Si elle est adaptée aux agences de voyages traditionnelles et aux groupes, elle nous dessert totalement en nous obligeant à proposer à nos clients un voyage similaire au même prix sans aucune pénalité de report par le biais d’un avoir valable 18 mois », analyse le voyagiste.

ATV Voyages en liste les conséquences : la suppression des frais d’annulation, « alors que, avant la mise en place de l’ordonnance, ces frais avaient été compris et acceptés par nos clients en les justifiant par notre travail sur leur voyage depuis des mois » ; le report des voyages et le maintien des mêmes prestations « sans augmentation du prix, alors que nos prestataires augmenteront leurs tarifs en 2021 ce qui nous amènera à supprimer notre marge » ; et le remboursement des clients qui ne partiront pas dans les 18 mois.

40 euros de frais de pénalité par personne

Cumulée à la très forte saisonnalité de l’activité d’ATV Voyages -concentrée sur la période de mars à juin-, la publication de l’ordonnance plonge l’entreprise « dans une situation dramatique ». Le voyagiste se demande « comment a-t-on pu valider une ordonnance qui soit commune aux voyages scolaires, aux voyages groupes et aux voyages individuels alors même que leurs modes de fonctionnement sont totalement différents ? ».

L’entreprise estime que « l’ordonnance ne peut indécemment pas s’appliquer à [son] secteur. Il est totalement impensable de ne pas conserver un minimum de frais sur chaque dossier (qui serait notre marge 2020). Par respect pour notre profession, nous devrions pouvoir appliquer les frais de pénalité du barème, soit 40 € par personne. Nous demandons une prise de conscience de la part du gouvernement envers notre activité spécifique ».

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3 commentaires
  1. Julie dit

    Bonjour,
    Merci mille fois pour votre soutien.
    ça fait du bien de se sentir compris dans ces moments compliqués.
    Espérons des aménagements du texte.
    Bon courage à tous !!
    Yolande Souchet-Rondeau
    L’équipe d’ATV Voyages

  2. lafitte dit

    Elle n’est pas adaptée aux agences de voyages spécialisée dans la production des voyages de groupes non plus et je suis étonnée en effet qu’il n’y ait pas eu d’autres cri de colère comme le vôtre avant. J’en ai fait part de notre côté aux EDV qui, il faut le reconnaître ont œuvré et continuent à œuvrer pour la profession et nous les en remercions mais je n’ai pas encore eu de retour à ce sujet. Il y a en effet quelques inadéquations entre le texte du décret et la réalité du terrain ; le tarif ne peut pas être le même en 2021 du fait de l’inflation, du yield management, des politiques des DMC qui ne prennent pas pour argent comptant l’ordonnance française, etc… comme nous ne POUVONS pas rembourser l’avoir aux clients au bout de 18 mois car tout simplement cet argent là n’est pas physiquement dans notre agence de voyages mais dans les mains des cies aériennes et dans celles de nos correspondants étrangers qui acceptent le report et non le remboursement.
    Par chance, la plupart de nos clients comprennent la situation et acceptent le fait qu’il puisse y avoir un delta tarifaire et à contrario une petite partie qui procédurière se retranche derrière ce texte de loi. Idéalement, ce serait bien d’y apporter des aménagements pour éviter des éventuelles dérives….
    Bon courage à tous dans cette période de reports….

  3. Françoise Bukhari dit

    Bravo à ATV VOYAGES pour cet article et merci d’avoir osé dire ce que tout le monde pense tout bas !
    De notre côté, nous sommes un petit voyagiste généraliste et pour nous, l’ordonnance du 25 mars 2020 est mi-figue, mi-raisin, elle protège avant tout le consommateur (ce qui est très bien) mais celle-ci a été rédigée par des bureaucrates qui ne sont pas des chefs d’entreprise. Et d’ailleurs, nous constatons que la plupart des TO contournent les termes de cette ordonnance en prenant des réserves du type  » le prix pourra être revu à la hausse … (tiens donc !) ou à la baisse (mon œil !) » … ou du type  » le prix sera ajusté en fonction des tarifs en vigueur aux nouvelles dates … »

    En tant que chef d’entreprise, nous sommes tout-à-fait en phase avec vos commentaires, nous devons pérenniser nos outils de travail et même si nous avons intérêt à conserver nos clients, nous ne souhaitons pas non plus être obligés de négocier à mort avec les prestataires aériens ou terrestres pour obtenir les mêmes conditions de prix. Nous n’avons jamais fonctionné avec cette politique qui consiste à « étrangler » les prestataires, nous avons toujours contribué à les faire vivre décemment pour conserver cette valeur dont tout le monde a besoin. A priori les bureaucrates cités plus haut n’ont jamais entendu parler du terme « inflation » et de la notion de « l’offre et de la demande » … Nous craignons que beaucoup de prestataires (compagnies et réceptifs) ne puissent pas garantir les mêmes tarifs. Beaucoup de faillites (ce que nous ne souhaitons absolument pas) risquent de se produire d’ici le départ tant en ce qui concerne les compagnies, que les hôtels ou les autres prestataires et la demande risque d’être plus forte que l’offre l’année prochaine … Ce qui pourrait avoir un impact sur les prix. L’inflation n’est pas aussi un vain mot et elle est galopante sur la terre entière !
    Nos charges continuent de tomber et le chiffre d’affaires a été réduit à néant sur plusieurs mois. Même si le gouvernement aide un peu, cela ne compense pas tout. Dans la plupart des cas, il faut donc que les clients fassent preuve d’un peu de « solidarité » avec les agences et de « reconnaissance » pour tout le travail que cette ordonnance occasionne sans s’en référer systématiquement aux médiateurs du tourisme dont les dossiers risquent de s’accumuler !

    D’autre part, concernant les assurances annulation, nous comprenons qu’elles ne soient pas remboursables mais E.Macron a demandé aux assureurs de faire des efforts et de mettre la main à la poche. Or, nous n’avons encore rien vu de concret à ce sujet jusqu’à présent. Selon la politique de l’ordonnance, les assureurs devraient revoir leur position en acceptant le report dans le temps de l’assurance annulation. Dans la plupart des cas, cette assurance a été payée et dans la mesure où très peu de sinistres avant départ ont été déclarés (d’autant plus que les compagnies excluent les annulations pour cause d’épidémies), elle devrait être reconduite de manière systématique selon la nouvelle date de départ. Les assureurs devraient être solidaires des TO et des agences de voyages et jouer le jeu !

    Bon courage à toute la profession !
    Françoise Bukhari – MOUVANCE VOYAGES
    https://www.mouvancevoyages.com

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