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Méditerranée

Le Maroc échappe de plus en plus aux voyagistes, la Tunisie, malgré la crise, résiste. L’année 2009 n’a comblé ni l’Espagne, ni l’Italie, ni la Croatie en net repli. La Turquie s’en est mieux sortie.

Les années passent et le phénomène se confirme. Le Maroc ne fait plus le bonheur des tour-opérateurs. En 2009, le royaume chérifien a encore perdu neuf points chez les membres de l’Association de tour-opérateurs – Ceto, alors que la fréquentation française constatée par les autorités touristiques marocaines est toujours positive. La preuve que nos compatriotes ne se lassent pas, mais savent se débrouiller par leurs propres moyens, aidés en cela par l’offre aérienne pléthorique. Royal Tours, spécialiste depuis dix-sept ans sur le marché français, est la dernière victime en date, liquidé juste avant l’été, après une année 2009 en chute libre. En trois ans, la part du Maroc dans son chiffre d’affaires était passée de 70 % à 40 %. Aucun opérateur n’est épargné, à l’exception notable de Marmara, qui a progressé l’an dernier de… 0,7 % mais sur plus de 300 000 clients. Il ne désarme d’ailleurs pas. Le voyagiste, qui revendique la place de leader estimant sa part de marché sur la destination à 33 %, « soit une hausse de 7 % par rapport à 2008 alors que le marché est en baisse », a ouvert, début 2010, un troisième club à Marrakech.

DES CHALLENGERS EN ESPAGNE

La Tunisie a, semble-t-il, moins d’inquiétudes à avoir, de loin première destination pour les ventes de forfaits en France, à 597 615 clients, selon le Ceto. Certes, une saison d’été moyenne lui a fait accuser, en 2009, un recul sur l’exercice commercial de 3,6 % (en phase avec la chute de la fréquentation annuelle globale du marché français), mais elle fait preuve d’une belle résistance. La disparition de Mille et Un Soleils a sans doute aussi donné un peu d’air, même si les voyagistes n’en ont pas profité. Marmara a ainsi encore glané quelques points (+ 2,2 %), quand Fram en a cédé 17. Le Toulousain a aussi subi en 2009 la baisse de régime de l’Espagne, quand Marmara, toujours lui, fort de l’ouverture de clubs dans la péninsule et aux Baléares a attiré 14 000 clients supplémentaires. Le voyagiste du groupe TUI n’est pas le seul à avoir des velléités de conquistador. Thomas Cook et Jet tours s’intéressent aussi beaucoup à l’Espagne (et aux Canaries notamment), tout comme Look. Il y a manifestement des parts de marché à prendre. Iberica puis Mundicolor ont disparu du paysage. Les challengers sont légion : Merîlia, Top of Travel, Nouvelles Destinations avec une brochure dédiée, quand Forfait Flash, le local de l’étape spécialiste de PortAventura, reste très offensif. L’Italie n’a pas non plus brillé, pas plus que la Croatie « victime d’un mauvais mix prix-produit », estime René-Marc Chikli, président du Ceto. Même sanction pour la Grèce continentale, qui reste au purgatoire en 2010 ! Héliades a pourtant bien réussi son offensive sur Rhodes (tout comme Marmara), mais a perdu 15 points en terres hellènes. Chypre a continué de jouer au Yo-Yo, perdant encore 27,5 % en fréquentation pour le marché français. « Le principal affréteur de la destination, Mille et Un Soleils qui réalisait environ 15 000 clients, a été liquidé à la veille de l’été 2009, et la crise économique n’a rien arrangé », estime Dimitri Demetriou, le directeur de l’Office national hellénique du tourisme à Paris. Mais l’île d’Aphrodite, malgré ses revers, continue de séduire les voyagistes. Salaün Holidays lui consacre en 2010 une brochure, tout comme Méditrad, décidé à y devenir leader. La Turquie a finalement réalisé une bonne année. Poursuivant la reprise amorcée en 2008, la destination a contenu la baisse à 1,8 % en 2009 chez les membres du Ceto, même si Marmara, le leader, est repassé sous la barre des 200 000 clients. Ainsi, 2010 a confirmé l’engouement, à + 7,7 % en ventes de forfaits sur la saison d’hiver et avec d’excellentes perspectives pour l’été. STI Voyages, qui a lancé une brochure dédiée, ne s’y est pas trompé. Et la concurrence affûte ses armes. Le groupe Thomas Cook veut se faire une place au soleil, tandis que de nouveaux venus prennent leurs marques. Le groupe turc IQ Travel a créé en France Mavie, une filiale tour-opérating « avec une offre complète de spécialiste ».