Pourquoi, me direz-vous, refuser cette escapade, alors que nous avons écumé nombre de parc de loisirs de notre doulce France ? D’autant que, au fil des ans, le Puy du Fou avait acquis une large notoriété, récompensée par de nombreux prix et dont le concept s'exporte à l'étranger.
Je ne voulais pas acquitter la gabelle auprès de Villiers, concepteur, créateur, bâtisseur de cette affaire. L’homme a des idées qui ne me correspondent pas, tout simplement. C’était pour moi une certaine façon de résister, pacifiquement, à des tendances et des affirmations politiques que je trouvais (je trouve toujours) extrêmement dangereuses.
J’ai finalement cédé cet été.
Dominique Gobert, éditorialiste (DR:JP Leclerq)
Etant d’une honnêteté scrupuleuse, j’avoue : je m’ai trompé ! Le parc du Puy du Fou est bluffant, magique, même si le vicomte Philippe Marie Jean Joseph Le Jolis de Villiers de Saintignon a une curieuse façon d’écrire l’histoire. Du moins une façon assez peu « objective et partisane ». Mais, comme on dit dans le peuple, personne n’est parfait.
Il a créé, voilà 46 ans, le premier spectacle du Puy : la Cinéscénie, 4000 participants qui nous font revivre, durant plus d’une heure, une partie de l’histoire de France, plus spécialement de cette région vendéenne. Prodigieux, étonnant, magnifique. Dommage que ce spectacle soit réalisé par des bénévoles. Comme me le disait un copain, « les bénévoles, ça permet de gagner beaucoup d’argent » ! Pas faux, mais pour avoir discuté avec certains d’entre eux, ils y croient.
Heureux les innocents, car ils iront au Royaume des cieux, comme se plaît à rappeler le vicomte.
Quant au parc à thème proprement dit, c’est du bonheur, que l’on soit un adulte sceptique ou un enfant émerveillé.
Notamment, cet hommage rendu à la fauconnerie, dans un spectacle à couper le souffle, « le bal des oiseaux fantômes » : durant plus de trente minutes, faucons, aigles, échassiers, un hibou à la beauté immaculée sublime, volent en un ballet aérien, virevoltant au ras des têtes des spectateurs, remarquablement orchestré par de grands professionnels.
Les autres thèmes, développés sur le Puy, sont tous aussi réussis : des décors tous plus surprenants les uns que les autres. « Les Vikings », notamment ou le spectacle des Jeux du Cirque, qui emmènent le spectateur de surprise en surprise. Bon, d’accord, l’histoire est là aussi traitée à la Villiers. Les vikings, d’un seul coup, auraient cessé leurs pillages simplement grâce à Saint Philibert. Il est cependant vrai que sabres et goupillons ont toujours fait bon ménage…
Allez, en cet édito de rentrée, il m’est plaisant de reconnaître que la création du vicomte participe largement à l’essor touristique de cette belle région qu’est la Vendée.
Comme quoi, tourisme et histoire (même très partisane) peuvent participer à la découverte culturelle de nos régions…
Bien sûr, il faut malgré tout, être un tout petit peu fou !