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La France se maintient grâce au marché domestique

L’Hexagone peut dire merci à ses touristes nationaux, qui lui ont permis d’éviter la noyade en 2009. Sans surprise, c’est l’une des principales conclusions du bilan touristique présenté le 13 avril par Hervé Novelli, qui prédit aussi que 2010 « sera l’année de l’après-crise ».

«La France est restée double championne du monde l’an dernier. » À entendre Hervé Novelli, le secrétaire d’État au Tourisme, entamer sa présentation du bilan touristique pour l’année 2009, on s’attend au meilleur. « D’abord, détaille-t-il, nous sommes toujours la première destination mondiale en terme de fréquentation, avec un total de 74 millions de visiteurs étrangers. Mais notre industrie a aussi été la championne de la résistance économique. » Insensible à la crise, la France ? Pas vraiment. Même si le pays s’en est, en effet, mieux sorti que certains de ses concurrents, il n’est évidemment pas passé entre les gouttes. Au global, la fréquentation internationale a reculé de 6 % par rapport à 2008 (avec une chute de 11 % du nombre de nuitées), et même de 10 % sur le segment des voyages pour motif professionnel. Après le record de 2007, c’est donc la deuxième année de baisse consécutive. Sans surprise, elle est particulièrement importante sur les marchés émetteurs britannique (- 17,3 %), ibérique (- 10 %), nord-américain (- 8 %) et russe (- 23 %). Motif de satisfaction pour Hervé Novelli, la fréquentation des Français n’a, en revanche, reculé que de 3,2 % en nombre de touristes, et de 1,8 % en nombre de nuitées. Une relative bonne tenue du marché intérieur, qui a permis d’atténuer les effets de la crise. Dans le détail, ce sont les campings qui ont tiré leur épingle du jeu. La fréquentation y a crû de 4,2 %, là encore portée par la clientèle française, en hausse de 7,2 %. L’année a, au contraire, été difficile pour les établissements hôteliers, qui ont perdu 4,9 % de clients par rapport à 2008 (avec une chute de 11 % de la fréquentation étrangère). La baisse est particulièrement marquée dans les villes (- 6 %), où la clientèle étrangère est majoritaire, mais moins sensible sur les littoraux (- 2,3 %), en particulier ceux de la côte atlantique. Dans l’ensemble, aucune catégorie n’est épargnée, pas même les établissements haut de gamme, dont le RevPar moyen s’est effondré de 15 %.

DES SIGNES PROMETTEURS

Quid, désormais, du cru 2010 ? « Ce sera l’année de l’après-crise », assure Hervé Novelli. Et de brandir les premiers résultats de la saison hiver, qui s’annonce « très bonne », selon lui. Parmi les nouvelles encourageantes, la hausse du taux de départ des Français à la montagne et leur retour dans les stations (79 % d’entre eux auraient choisi d’y résider, contre 66 % à l’hiver 2009), également constatés chez les vacanciers européens. Un optimisme que partage Line Baudu, directrice générale de Lagrange Vacances, qui annonce un chiffre d’affaires sur l’hiver en avance de 7,1 % par rapport à l’an dernier à la même date. « Grâce au bon enneigement, toutes les destinations ont bien fonctionné, commente-t-elle, en particulier les petites stations villages adossées à de grands domaines, moins chères. » Germain Lelarge, président directeur général et fondateur de La France du Nord au Sud, est en revanche plus négatif. « La saison en montagne n’a pas été bonne, affirme-t-il, particulièrement sur la clientèle parisienne et dans les grands domaines des Alpes, aux forfaits de remontées mécaniques hors de prix. À l’inverse, et c’est une tendance forte de cet hiver, les ventes de séjours hors ski, par exemple à la mer ou en Provence, ont explosé. Les volumes restent minimes, mais l’offre d’hébergement de qualité ouvert en hiver se développe, à des prix très bas. » Faut-il y voir un autre signe de cette tendance ? Lagrange annonce des réservations particulièrement élevées en avant et arrière-saison estivale, alors que « juillet et août ne sont pas faits », selon Line Baudu. Un retard sur les périodes de pic que viendront sans doute combler les ventes de dernière minute, auxquelles les opérateurs semblent commencer à s’habituer. « Cet hiver, reprend ainsi Germain Lelarge, ils ont fait attention à ne pas brader trop tôt. Résultat : des paniers moyens en hausse. »

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