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L’Algérie prépare son renouveau

Le gouvernement se met en ordre de marche pour relancer la destination. De leur côté, les spécialistes de la randonnée ont déjà repris la route du Sud, avec des résultats prometteurs.

Nous voulons passer de 85 000 à 220 000 lits, et atteindre 4 millions de touristes par an d’ici 2015. Ambitieux, Noureddine Moussa, ministre du Tourisme algérien, est conscient du chemin à parcourir : Je travaille avec conviction car je crois en l’Algérie comme destination alternative dans le bassin méditerranéen, avance-t-il. Son pays n’a accueilli que 1,5 million de touristes en 2005, parmi lesquels 1 million d’Algériens émigrés. Le Maroc voisin a attiré, lui, 6,4 millions de touristes en 2006.

Dans les années 70, l’Algérie s’était orientée vers un tourisme de masse. Les ruptures d’investissements, dans les années 80, la crise économique en 1986 et les événements tragiques des années 90 ont ruiné ses efforts. Ce n’est que depuis mars 2006 que nous disposons enfin d’une stratégie de développement du tourisme. Tout ceci doit se faire harmonieusement. Une destination se construit sur des années, souligne Noureddine Moussa, qui préfère privilégier un tourisme de niche. D’autant que le pays a d’autres ressources pour gagner des devises, à commencer par son pétrole, et donc d’autres chantiers prioritaires. Une différence majeure par rapport au Maroc, à la Tunisie ou à l’Egypte !

Former les formateurs

La stratégie de renouveau du tourisme algérien repose sur quatre axes : le rattrapage du retard pris au niveau des infrastructures hôtelières (seul 27 % du parc serait aux normes internationales), l’amélioration des prestations touristiques, la formation (en coopération avec la France) et la promotion touristique. Déjà, 140 projets d’hôtels auraient été validés. Des Saoudiens investissent ainsi 300 ME dans deux villages touristiques à Zeralda (20 000 lits) et Zemouri (5 000 lits). De plus, Accor s’est engagé à construire 24 hôtels, alors qu’un Marriott verra le jour à Alger. Côté formation, le pays n’en est qu’à ses balbutiements. Nous en sommes à la formation des formateurs, ironise le ministre. Cette année, une Ecole supérieure du tourisme verra le jour.

Sans attendre le soutien de l’Etat, le secteur privé s’est organisé pour vanter les charmes de l’Algérie, essentiellement son désert. C’est Point Afrique qui, en 2000, l’a remise sur la carte touristique, avec un premier vol affrété vers Tamanrasset. Nous estimions que les conditions de sécurité étaient réunies pour se positionner sur cette région du Sud, explique son PDG Maurice Freund. Point Afrique a depuis gonflé sa production dans le désert (mais aussi à Alger et en Kabylie).

Les spécialistes de la randonnée ont suivi, trop contentes de reprendre le chemin du pays et de son fabuleux désert, après 10 ans de privation. Même si la renaissance du Sud reste fragile, et les volumes faibles, les Déserts et autres Club Aventure s’acheminent d’ailleurs vers une belle saison. L’Algérie est en train de retrouver la place prédominante qu’elle avait dans les années 80 pour le tourisme saharien, souligne Hervé Saliou, directeur de Déserts. Une étude sur le sujet, qualifié de force de frappe par le ministre, est en cours pour mieux connaître les attentes des visiteurs. Cinq pôles de tourisme saharien, desservis par Ghardaïa, sont en voie de constitution : Hoggar, Tassili, les Oasis, Mzab et Touat Gourara.

Reste à l’Algérie à développer le tourisme dans les autres régions, en particulier sur ses côtes. Le retour des compagnies aériennes devrait l’y aider : après Air France, British Airways et Lufthansa, c’est Iberia qui vient de se poser à Alger après 12 ans d’absence.

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