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Fitur 2019 : le “surtourisme” en question chez les pros

La grand-messe qui réunit les pros du tourisme bat son plein à Madrid. Et la question du surtourisme est à nouveau très présente.

D’un salon professionnel à l’autre, la question du surtourisme ne cesse d’être débattue. C’est à nouveau le cas ces jours-ci à Madrid, où se tient actuellement le Fitur. Le salon y propose un observatoire du tourisme durable, FiturNext, mettant en avant les initiatives dévelopées dans ce domaine. Y trouvent par exemple leur place un circuit touristique pour repêcher des déchets en plastique dans les canaux d’Amsterdam, une application qui permet de localiser un point d’eau pour remplir sa bouteille gratuitement en Indonésie…

Pour Javier Creus, l’organisateur de FiturNext, l’important pour les villes très visitées « ce n’est plus tant de dire « viens », mais quelque chose entre « reviens » et « reste », un touriste ayant envie de revenir ayant « tout intérêt à préserver les lieux ». « Si nous multiplions les chiffres par quatre et c’est tout, nous n’allons nulle part », estime-t-il. Une table ronde doit également réunir aujourd’hui les maires de stations balnéaires espagnoles symboles du tourisme de masse : Benidorm, Calvia (Majorque), Magaluf (Baléares)…

Des questions, et des solutions

« Sans aucun doute, il y a un changement, pense de son côté Claudio Milano, anthropologue et enseignant à l’école de tourisme Ostelea à Barcelone interrogé par l’AFP. Et de citer, parmi les raisons de la grogne constatée ces dernières années, l’impact environnemental des bateaux de croisière ou les plates-formes d’économie collaborative, type Airbnb, accusées notamment de chasser les habitants des centres-villes.   « S’il y a trop de gens, que les gens ne veulent plus venir, que les habitants sont mal et passent leur journée à protester, cela nous affecte tous, ce n’est pas durable », affirme à l’AFP Angel Diaz, PDG d’Advanced Leisure Services, compagnie touristique basée à Barcelone. Pour lui, les entreprises ont appris à « prendre de la hauteur » et à travailler « non pas pour avoir plus de terrasses ou plus d’heures (d’ouverture), mais pour que la ville reçoive mieux les gens », dit-il en citant l’exemple d’une association d’acteurs privés du secteur touristique, Barcelona Global, qui réfléchit sur le modèle urbain de la capitale catalane. « Le tourisme apporte de grands bénéfices. Mais la communauté (locale) doit aussi recevoir ces bénéfices », reconnaissait mardi Gloria Guevara, présidente du Conseil mondial des voyages et du tourisme (WTTC). Parmi les solutions possibles, elle évoque une meilleure planification du tourisme comme à Dubrovnik (Croatie) où la mairie échelonne l’arrivée des bateaux de croisière, ou l’usage de la technologie comme à Amsterdam (Pays-Bas) où une application mobile indique en temps réel le temps d’attente à l’entrée des musées.

La techno à la rescousse

Pour Angel Diaz, la technologie peut largement aider les villes ayant des problèmes de saturation, comme Barcelone. Il cite l’exemple de la cathédrale de la Sagrada Familia, qui a placé en 2016 des capteurs suivant les signaux des téléphones mobiles, pour détecter précisément « combien de temps les gens restaient, (…) à quelle heure ils arrivent, quels jours de la semaine ils viennent… », avec pour objectif de moduler les horaires d’ouverture et le prix des visites.

La 39e édition de Fitur (23-27 janvier) devrait elle aussi battre des records d’affluence selon son organisateur, Ifema : 886 exposants, quelque 10 000 entreprises participantes et plus de 250 000 visiteurs attendus.

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