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Fabio Casilli : « Respire travaille sur un guide des bonnes pratiques RSE »

Le cofondateur et président de « Respire, le tourisme de demain » fait un point sur l’année 2022, marquée par des élections mais aussi des projets communs à différents métiers du secteur.

L’Echo touristique : Créé en plein cœur de la pandémie, Respire fêtera bientôt ses deux ans d’existence. Où en est l’association ?

Fabio Casilli : Nous mènerons plusieurs projets très ambitieux pour Respire en 2022. D’abord, et en partenariat avec la ville de Paris, nous allons partir à la rencontre de tous les acteurs indépendants de la filière touristique parisienne. En fait, lorsque nous avons participé aux Assises du tourisme durable organisées par la mairie de Paris, pendant l’été 2021, nous avons constaté que seuls des gros opérateurs prenaient part aux débats. En plein cœur de la crise, un hôtelier ou un transporteur indépendant bataillait pour sauver son entreprise, et n’avait sans doute pas le temps de participer aux Assises. Respire pense que la transformation voulue par la mairie, qui est de faire de Paris la capitale mondiale du tourisme durable, ne peut pas se faire sans la participation des indépendants. Nous allons donc les rencontrer, pour identifier leurs problématiques et les accompagner dans les grands changements qui sont annoncés.

En s’associant à la mairie de Paris, Respire gagnerait aussi un peu plus de légitimité…

Fabio Casilli : Ça valide notre démarche, c’est sûr. Mais, surtout, ça montre que Respire, qui est né d’un cri de douleur conscient, se positionne désormais comme un référent sur les questions qui touchent à la durabilité de notre activité. Nous sommes des indépendants, des entrepreneurs. En ces temps de crise, nous devons veiller à préserver nos emplois et nos entreprises, mais nous devons également anticiper le rebond à venir. Nous allons devoir changer notre façon de travailler. Comment s’y prendre ? C’est pour aider les indépendants, qui auront du mal à adopter cette démarche seuls, que nous menons tous ces projets. Pour revenir sur le partenariat avec la mairie de Paris, de nombreuses pistes de réflexion sont envisagées dans la perspective des Jeux Olympiques de 2024. On évoque la création d’îlots piétonniers autour de certains monuments, la fermeture d’axes routiers… Pour certains indépendants, comme les transporteurs touristiques, cela pourrait être un coup de massue. C’est pour les accompagner dans ces changements et porter leurs revendications que nous allons à leur rencontre. Dans le même esprit, nous allons établir un référentiel des normes RSE (responsabilité sociétale et environnementale) pour les différents métiers du tourisme.

Pouvez-vous nous en dire plus ?

Fabio Casilli : C’est l’un des autres projets très ambitieux de l’association pour 2022. L’idée est de constituer comme une sorte de guide des bonnes pratiques pour chaque métier de la filière (hébergements, agences de voyages, transports…). Nous le ferons en toute humilité : nous ne voulons pas imposer ce référentiel comme le document incontournable en la matière pour l’industrie. Respire n’a jamais voulu s’imposer comme un acteur qui vient taper du poing sur la table et dire comment les choses doivent être. Nous sommes des gens de terrain, des indépendants, et nous utilisons notre expérience pour dire qu’au vu des objectifs portés par Respire, il nous semble bon d’agir de telle ou telle façon. Mais ce sont plutôt des préconisations, que chacun adopte et adapte à ses besoins et envies. Dans le même esprit, nous travaillons sur une mise à jour de notre Livre Blanc.

En tant que président et co-fondateur de Respire, j’ai envie de continuer à mener la bataille.

Quelle est l’actualité de l’association ?

Fabio Casilli : Des élections sont prévues pour renouveler le conseil d’administration de l’association. C’est un moment important de la vie de Respire, c’est vrai. Au moment de la création de l’association, en mai 2020, j’ai souhaité que les mandats des élus soient d’une durée de deux ans. Nous y arrivons déjà ! Donc, en mai/juin, nous organiserons des élections. Les dates ne sont pas encore définitives, mais l’appel à candidatures sera publié en mars. En tant que président et co-fondateur de Respire, j’ai envie de continuer à mener la bataille, et je peux d’ores et déjà vous annoncer que je me représenterai. L’association est sur une bonne dynamique, et je ne veux pas m’arrêter maintenant. Statutairement, il est impossible de faire plus de deux mandats de présidents consécutifs. Et c’est très bien comme ça, c’est notre volonté initiale. Respire est un centre de réflexion, un lieu d’intelligence collective. Dans le nom de l’association, on a mis « le tourisme de demain ». J’incarne, avec d’autres, ce tourisme. J’ai encore plein d’idées et d’énergie. Mais je n’incarne pas celui d’après-demain. De plus en plus de jeunes entrepreneurs nous rejoignent, et ce sont eux qui, demain, devront s’emparer des problématiques chères à Respire.

D’ailleurs, combien de sympathisants l’association revendique-t-elle désormais ?

Fabio Casilli : Via nos réseaux sociaux, principalement Facebook et LinkedIn, nous sommes suivis par plus de 15 000 personnes, dans 16 pays différents. Lors du dernier renouvellement des adhésions, nous avons constaté que 25% étaient de nouveaux adhérents. Ça confirme ce que nous pensions. Au plus fort de la crise, certains ont rejoint Respire parce qu’ils avaient besoin de solidarité, d’une béquille. Même si ça n’est pas encore énorme, l’activité a un peu repris en 2021. Certains ont sans doute été pris par d’autres priorités, et sont devenus des followers plutôt que des adhérents. A contrario, ces nouvelles adhésions montrent qu’on touche un nouveau public, prêt à s’engager pleinement. Nous allons donc continuer de structurer l’association en proposant, par exemple, des relais en province.

Dans quelles régions ?

Fabio Casilli : Pour l’instant, nous avons désignés cinq référents pour l’Aquitaine, Paris et l’Île-de-France, l’Ouest de la France, la région Paca et le Nord. Jusqu’ici, de nombreux événements se tenaient à Paris, car c’est là où vivent la plupart des co-fondateurs de Respire. Mais, en région, la demande de pouvoir participer plus directement était grandissante. Depuis novembre, nous avons donc mis en place ces délégations régionales, qui vont permettre de faire passer le message porté par Respire, mais qui seront aussi des outils pour que les adhérents, au niveau local, organisent leurs propres événements. Et l’ensemble des adhérents pourront se retrouver, entre autres, lors de la deuxième édition des Journées des respirations durables, que nous organiserons au début du mois de juin à Paris, pour coller à la date de la journée mondiale du tourisme durable (2 juin).  

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