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Et la reprise, c’est quand ?

Les élections ont accentué l'attentisme des clients, déjà inquiets et en mal de pouvoir d'achat. Face à un marché en panne, la prudence et la maîtrise des coûts sont les deux slogans gagnants.

«Le changement, c'est maintenant », affirme le slogan de François Hollande. « Et la reprise, c'est pour quand ? », se demandent les professionnels du tourisme que la période électorale a encore un peu plus plongés dans la morosité. Non pas que les élections, avec tout de même un premier tour en pleines vacances de printemps, expliquent à elles seules le marasme actuel du marché. Mais « c'est évident qu'avec 82 % de participation, elles ont mobilisé et constitué un facteur supplémentaire d'attentisme », note Cyril Cousin, directeur commercial de Look Voyages. « On a souffert des élections », confirme Odalys. « Même si la météo, catastrophique, explique aussi que nous ayons eu peu de ventes de dernière minute ». L'hébergeur avait pourtant anticipé en proposant à ses clients désireux de voter des arrivées décalées au dimanche pour les séjours débutant les 22 avril et 6 mai. Cet aménagement a séduit. L'offre est reconduite pour les législatives des 10 et 17 juin. « Mais, on sait que ces deux scrutins vont encore perturber les ventes », regrette Serge Laurens, directeur de la communication de Fram. « L'enjeu est important. Les Français vont rester mobilisés ».

 

LE PROBLÈME DE FOND EST ÉCONOMIQUE

Même sans ces scrutins en rafale, et les ponts à répétition qui ont raccourci les semaines de vente, il y a unanimité à constater que le marché est en panne, voire « à terre ». « On a tendance à se rassurer en pointant les élections comme responsables des mauvaises performances. Mais le problème de fond est économique avec, de plus, un contexte international incertain défavorable. Ce qui se passe en Espagne ou en Grèce inquiète les Français et incite au repli sur soi », analyse Pascal Boyer, directeur commercial de STI.

« Le pouvoir d'achat et l'avenir de l'Europe sont des phénomènes plus anxiogènes pour les réservations que les élections car les Français savent qu'ils vont passer à la moulinette de l'austérité », renchérit Bernard Boisson, directeur général de E.Leclerc Voyages. Ce que confirment les derniers sondages sur les intentions de départ. Selon l'étude OpinionWay pour le site VoyagerMoinsCher.com, seulement 63 % des Français ont l'intention de partir cet été contre 78 % qui ont pris des vacances en 2009, soit 15 % de moins, qu'il faut relativiser « car l'envie de voyager est toujours là », veulent se convaincre tous les professionnels. Les décisions se prennent juste, de plus en plus, à la toute dernière minute.

« Il y a plus de trafic dans les agences depuis quelques jours pour des départs rapprochés, d'ici 15 jours à un mois », note Jean-Pierre Mas, co-président d'AS Voyages. Soit, jusqu'aux législatives. En revanche, à deux mois des grands départs du 15 juillet, les carnets de commande du plein été sont, eux, loin d'être remplis. « 50 % de la capacité de juillet-août sont encore à vendre », concède Cyril Cousin. Des chiffres similaires à ceux de TUI France dont la maison mère lors de la présentation de ses résultats semestriels le 9 mai pointait que « seulement 51 % du stock de la saison estivale étaient écoulés sur le marché français contre 56 % au Royaume Uni et 60 % en Allemagne ».

« Il faut aller chercher les clients avec les dents », affirme Bernard Boisson qui se félicite de ses relatives bonnes performances. Au 13 mai, les prises de commande du réseau étaient en progression de 4 % et le volume facturé de 1 % par rapport à la même période en 2011 quand Look se dit à l'étale en chiffre d'affaires, Fram en recul et que Thomas Cook France et TUI France plombent l'un et l'autre leurs maisons mères respectives (voir article page 6). Faut-il alors multiplier les animations promotionnelles ?

« Nous sommes dans des opérations très tactiques », prévient Cyril Cousin « au fur et à mesure des besoins ». « Le marché nous tire déjà vers le bas, avec un chiffre d'affaires réalisé en promotion qui dépasse les 10 % du global, pas question d'en rajouter » note Serge Laurens. La priorité pour tous est à l'hyper-prudence et à la préservation des marges. Dans un marché encore en surcapacité, il va donc falloir tenir avec un calendrier qui multiplie les événements défavorables. Car après la politique, il va y avoir… du sport : l'Euro de football jusqu'au 1er juillet puis les JO de Londres à partir du 27 juillet.

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