Baléares : la grève évitée de justesse dans l’hôtellerie
Aux Baléares, la menace d’une grève générale dans l’hôtellerie a été désamorcée par la signature d’un accord entre la plupart des syndicats du secteur et le patronat.
Alors qu’ils ambitionnaient de bloquer les accès à l’aéroport de Palma (Majorque) ce 10 juillet, les syndicats du secteur hôtelier aux Baléares ont signé un accord avec le patronat permettant d’éloigner le risque immédiat d’un été plombé par les manifestations.
L’accord, signé entre la majorité des partenaires sociaux du secteur et l’UGT, syndicat majoritaire, prévoit notamment une hausse des salaires de 13,5 % sur trois ans pour près de 180 000 salariés. La convention collective, validée après d’intenses négociations, impose une revalorisation de 6% en 2025, 4% en 2026 et 3,5% en 2027. Elle s’appliquera à l’ensemble du secteur. Et ce malgré le refus de signer du syndicat CCOO et de l’association hôtelière de Minorque (Ashome).
Un accord « ruineux » selon certaines fédérations patronales
Plusieurs entreprises, comme Iberostar, Meliá et Riu, appliqueront l’augmentation et verseront les arriérés de salaire depuis le mois d’avril dès le versement du salaire de juillet, selon le secrétaire général de la Fédération UGT des services, de la mobilité et de la consommation des îles Baléares, José García Relucio. Pour le patronat, la pilule semble toutefois difficile à avaler.
En effet, certaines fédérations patronales assument le fait d’avoir signé l’accord à contrecœur. Augmenter les salaires de 6% dès cette année sera très difficile pour de nombreuses entreprises du secteur. Voire « ruineux », selon le président de la Confédération des restaurateurs des Baléares, Alfonso Robledo. Visiblement, la perspective d’une saison gênée par les manifestations coûte tout de même plus cher…
Un recul sur certains droits pour les salariés
Outre la question salariale, l’accord intègre des avancées sur la garantie d’emploi pour les saisonniers et la finalisation de la mesure des charges de travail des femmes de chambre. Les signataires se sont également engagés à demander au gouvernement espagnol d’abaisser l’âge de départ à la retraite à 52 ans pour ces dernières.
De leur côté, CCOO et Ashome dénoncent un recul sur certains droits. Notamment la possibilité de flexibilité sur un des deux jours de repos hebdomadaires, l’extension de la contractualisation temporaire pour des besoins ponctuels, et la prolongation du calendrier pour l’application des mesures sur la charge de travail des femmes de chambre.
Malgré ces réserves, l’accord met donc fin à la menace de grève qui planait sur la haute saison touristique.
