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[AWFT21] : Comment la pandémie a remis le tourisme en première ligne

L’industrie du tourisme a été l’une des plus impactées, si ce n’est la plus impactée, par la pandémie de Covid-19. Paradoxalement, elle a permis de souligner son importance dans toutes les économies du monde.

Réunis pour le forum A World for Travel, les ministres du Tourisme de la France, de la Jamaïque, de l’Espagne, de la Grèce ou encore de l’Égypte ont partagé leur analyse d’une situation inédite, vécue à l’échelle mondiale.

Chacune de ces destinations ne traverse pas la crise actuelle de la même façon. « La pandémie, c’est la preuve de la résilience du tourisme », lance Sofia Zacharaki, la vice-ministre grecque du Tourisme. Le pays, qui fut l’un des premiers à plaider pour la mise en place d’un pass sanitaire dans le voyage, dépend beaucoup trop du tourisme pour se permettre de se passer d’une nouvelle saison pleine. « L’équilibre a été difficile à trouver, entre la sécurité sanitaire et le facteur économique. Mais nous avons rapidement décidé de passer à l’action pour permettre à l’activité touristique de se dérouler normalement. »

Le pass sanitaire, la « clé qui a sauvé l’été »

Passer à l’action, en Grèce, ça voulait d’abord dire vacciner un maximum de professionnels du tourisme. « Dès le début du printemps, nous avons entrepris de vacciner les habitants des îles. D’abord les plus petites, puis les moyennes, et enfin, les îles de plus de 10000 habitants. Cela a été un travail de longue haleine, parce qu’il a fallu convaincre la population, mais nous sommes parvenus à devenir la première destination à rouvrir ses frontières et à ne jamais les refermer. » Et à attirer une large clientèle internationale.

En France, c’est la mise en application du pass sanitaire qui a été « la clé pour sauver l’été : grâce à ça, nous avons pu garder ouverts les restaurants, les parcs d’attractions… », explique Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’État au Tourisme. Une mesure « essentielle », alors que les différentes périodes de fermeture des sites touristiques ont indirectement impacté toute l’économie. « Lorsque vous fermez un restaurant, vous impactez un producteur du coin. Quand vous fermez un site d’activités, ce sont des autocars qui ne roulent plus et ainsi de suite… Cette pandémie a révélé l’interdépendance des différents métiers du tourisme en France, mais, surtout, elle a prouvé le poids direct et indirect du tourisme dans l’activité économique », illustre Jean-Baptiste Lemoyne.

Une transformation collaborative

De quoi remettre le sujet au cœur du débat politique. « C’est désormais plus facile de plaider la cause du tourisme auprès de ma hiérarchie », sourit Jean-Baptiste Lemoyne. « Parce que le tourisme, ça n’est pas rien. Si on a débloqué plus de 37 milliards d’aides pour le secteur depuis le début de la crise, ça n’est pas pour rien. Et si nous avons établi un plan de relance du tourisme en France, c’est parce que c’est un sujet important. » Reste désormais à transformer l’essai en faisant évoluer le modèle économique du tourisme en France pour en faire une industrie moins impactante, plus responsable et plus durable.

Une mutation qui doit se faire, selon les participants de la table-ronde, en collaboration avec les destinations du monde entier. « Le tourisme, en Égypte, a déjà traversé de nombreuses crises qui nous ont permis de prouver notre résilience. Cette fois-ci, la différence, c’est que nous pouvons partager nos expériences avec tous les pays du monde », estime Ghada Shalaby, vice-ministre des Antiquités et du tourisme en Égypte. « Ça nous a permis de modifier notre approche quant à l’élaboration de notre stratégie de relance touristique. Nous y avons associé les pouvoirs publics, le secteur privé, les professionnels du tourisme, les associations, les habitants. Notre idée étant d’associer toutes les parties prenantes à la définition de ce modèle plus durable. »

« On ne doit laisser personne sur le bord de la route »

Pour Fernando Valdès Verest, le secrétaire d’État au Tourisme de l’Espagne, c’est « une crise inédite, la première qui nous a obligés à totalement fermer l’une de nos industries majeures. Il faut en profiter pour la rendre plus durable, en nous appuyant par exemple sur les nouvelles technologies. Le pass sanitaire européen est une victoire, une illustration concrète de la façon dont elles peuvent nous aider à réinventer le tourisme. Il est impensable de revenir à la façon de faire d’avant la pandémie ».

Un constat partagé par Edmund Bartlett, le ministre du Tourisme de la Jamaïque, qui voudrait aller plus loin, alors que l’industrie du tourisme jamaïcaine peine à relever la tête. « Il faut absolument poser la question de la relance équitable de nos économies touristiques. La Jamaïque, par exemple, n’a pas pu se reposer sur le marché intérieur, qui est quasiment inexistant. Parallèlement, nous ne sommes pas aussi avancés que d’autres destinations en matière de vaccination. Dans un nouveau modèle touristique international, on ne doit laisser personne sur le bord de la route. »

Un appel à la solidarité partagé par l’Égypte, qui plaide pour une attribution des doses de vaccin par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pour « ne pas empêcher les destinations de pouvoir ouvrir leurs frontières ». Et, donc, de relancer leur économie touristique. Avec une vision plus équilibrée ?

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