Voyageurs du Monde : la sortie de la Bourse se précise
La holding du groupe, Avantage, veut sortir Voyageurs du Monde de la Bourse. Elle a déposé auprès de l’AMF un projet visant à racheter les actions encore détenues par les actionnaires minoritaires.
Le scénario se précise pour Voyageurs du Monde. Avantage, la holding qui contrôle le voyagiste, a déposé le 1er septembre auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) un projet d’offre publique de retrait (OPR) visant les actions et les obligations convertibles de la société.
Avantage agit de concert avec les fondateurs de Voyageurs du Monde et plusieurs investisseurs, parmi lesquels Certares, Crédit Mutuel Equity, Bpifrance et Montefiore. Ensemble, ils détiennent déjà 86,59 % du capital et 90,83 % des droits de vote du groupe.
Une offre à 180 euros par action
L’offre propose 180 euros pour chaque action Voyageurs du Monde. Ce prix représente une prime de 23,7% par rapport au cours de clôture du 6 juillet 2026, date à laquelle l’opération avait été annoncée. Et de 27,2% par rapport à la moyenne du cours sur les 60 jours précédents, selon les chiffres communiqués.
Les porteurs d’obligations convertibles se voient proposer 182,52 euros par obligation. L’offre porte potentiellement sur 569 991 actions, ainsi que sur 13 201 obligations convertibles. Selon le calendrier indicatif publié par Avantage, elle ouvrirait le 28 octobre et s’achèverait le 10 novembre 2026. L’AMF doit encore valider le projet.
Un objectif clair
L’objectif est clairement de sortir Voyageurs du Monde de la Bourse. Si, à l’issue de l’offre, les titres encore détenus par le public représentent 10% ou moins du capital des actions pouvant être créées par conversion des obligations, Avantage demandera la mise en œuvre d’un retrait obligatoire.
Concrètement, les actionnaires qui n’auraient pas apporté leurs titres pourraient alors être contraints de les céder, au même prix de 180 euros par action. Les obligations convertibles restantes seraient indemnisées à hauteur de 182,52 euros. Les titres seraient ensuite radiés d’Euronext Growth Paris, entraînant la sortie de la cote de Voyageurs du Monde.
Pas de fusion et « aucune incidence particulière » sur les effectifs, la politique salariale, les RH…
Sur le plan opérationnel, la continuité managériale devrait être préservée. Jean-François Rial doit rester président du conseil d’administration et directeur général. Alain Capestan et Lionel Habasque conserveraient leurs fonctions de directeurs généraux délégués. Avantage affirme d’ailleurs que l’opération ne devrait avoir « aucune incidence particulière » sur les effectifs, la politique salariale ou la gestion des ressources humaines.
La sortie de cote doit permettre au groupe de poursuivre son développement dans un environnement non coté. Et surtout moins exposé aux contraintes des marchés financiers. Avantage assure d’ailleurs ne pas envisager de procéder, « dans les douze mois suivant la clôture de l’offre, à une fusion de la société avec l’une des entités de son groupe, ni à sa dissolution ». Dans le même esprit, la holding « n’a pas identifié de synergies spécifiques résultant de l’offre, autre que les économies pouvant résulter, le cas échéant, d’une sortie de cote de la société ».
Jusqu’à 105 millions d’euros de distributions
En cas de retrait obligatoire, Avantage envisage également une ou plusieurs distributions exceptionnelles au bénéfice des actionnaires de Voyageurs du Monde. Le montant maximal pourra attendre 105 millions d’euros. Ce montant ne constitue toutefois pas une promesse de versement. Il dépendra notamment de la situation financière du groupe et de ses besoins de financement.
L’offre publique de retrait constitue donc la suite logique de la réorganisation annoncée en juillet. Si Avantage récupère les derniers titres détenus par le public, Voyageurs du Monde poursuivra son aventure en tant que groupe non coté.
