Ferroviaire : le premier train à batteries français entre en service dans le Gard
Ce train liO, dont les moteurs diesel ont été remplacés par des batteries au lithium, reliera Nîmes à Vauvert.
Lundi 31 août, la région Occitanie, SNCF Voyageurs et le constructeur Alstom ont mis en service le premier train régional à batteries du réseau français. Déployée sur une liaison de 21 kilomètres reliant Nîmes à Vauvert, dans le Gard, cette rame prototype circulera en conditions réelles pendant au moins 24 mois.
Train « rétrofité »
L’expérimentation repose sur le transformation d’un matériel existant, plutôt que sur l’achat de rames neuves. Un « autorail grande capacité » (AGC) de la gamme liO, mis en service il y a une vingtaine d’années, a ainsi été « rétrofité » : ses moteurs diesel ont été retirés pour être remplacés par des batteries lithium-ion, qui procurent au train une autonomie de plus de 80 kilomètres sur les portions de voies dépourvues de caténaires. Un système de récupération d’énergie au freinage permettra également au train d’économiser jusqu’à 20% d’électricité par rapport à une motorisation classique.
Pour les partenaires industriels, cette solution technique permet de prolonger la durée de vie des matériels tout en supprimant les émissions directes. Cette opération « démontre qu’il est possible de transformer et de moderniser le matériel roulant existant pour réduire son empreinte environnementale, tout en répondant aux besoins de mobilité des voyageurs », se réjouit Frédéric Wiscart, président d’Alstom France, Belgique et Luxembourg.
Alternative
Au-delà de la seule innovation technologique, le dispositif vise à répondre aux contraintes structurelles du réseau ferré français, dont environ 40% des lignes ne sont pas électrifiées, et où près d’un quart des TER fonctionnent encore au gazole. Alors que la SNCF s’est fixé pour objectif de sortir totalement des énergies fossiles à l’horizon 2030, la batterie apparaît comme une alternative moins lourde et moins coûteuse que l’installation d’infrastructures électriques conséquentes sur des lignes secondaires.
Sur le plan de l’exploitation, la mise en place de ce train permet d’étoffer l’offre locale avec trois allers-retours quotidiens du lundi au vendredi, qui portent à onze le nombre de liaisons journalières. Gaël Barbier, directeur régional de SNCF Voyageurs Occitanie, y voit l’opportunité « d’accompagner la formidable croissance du trafic des trains liO », dont la fréquentation régionale a progressé de 70% depuis 2019, tout en garantissant une desserte « sans recourir au diesel, et donc sans émettre de CO2 ».
Vers un déploiement plus large
Cette expérimentation s’inscrit dans un programme de recherche et développement de 41,5 millions d’euros associant cinq régions (Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, Île-de-France, Nouvelle-Aquitaine et Sud) à hauteur de 30 millions d’euros, aux côtés de SNCF Voyageurs (6 millions d’euros) et d’Alstom (5,5 millions d’euros).
Au cours des deux prochaines années, les données recueillies sur la ligne Nîmes-Vauvert permettront d’évaluer la fiabilité des batteries, leur comportement thermique, les cycles de recharge et les coûts d’entretien. Ce bilan servira de base pour déterminer l’opportunité d’un déploiement industriel plus large sur d’autres axes régionaux non électrifiés du pays.
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