Ouigo accélère son expansion et confirme une liaison Bordeaux-Lyon d’ici 2027
La filiale low-cost de la SNCF, Ouigo, annonce renforcer son offre sur certaines liaisons, et lance plusieurs nouveautés – dont une nouvelle ligne entre Bordeaux et Lyon.
La rumeur courait depuis quelques semaines déjà. La Nouvelle République avait dévoilé, la semaine passée, que la SNCF serait en train d’étudier la faisabilité d’un aller-retour entre Lyon et Bordeaux en Ouigo grande vitesse. L’annonce est faite, désormais : ce jeudi, devant la presse, Alain Krakovitch, directeur TGV-Intercités, et Jérôme Laffon, directeur général Ouigo, ont confirmé le lancement d’une liaison via Massy pour « au plus tard » l’été 2027.
La ligne desservira Angoulême, Poitiers, Saint-Pierre-des- Corps et Massy – et reliera les deux métropoles en cinq heures environ. C’est une réponse à « une demande très forte des métropoles », selon Jérôme Laffon, qui a rappelé le besoin d’une « alternative à l’avion et à la route » sur ce tronçon.
« La façon la plus rapide de répondre » à cette demande était, selon Alain Krakovitch, de passer par la gare de Massy TGV. Et donc de contourner le Massif Central, n’en déplaise à certains critiques, qui avaient dénoncé une « exclusion », aux premières annonces. « Aujourd’hui, la liaison Bordeaux-Lyon correspond à une vraie demande de bout en bout. La réponse via le Massif Central est une autre question, qui a toute sa valeur (…), mais ce sont des offres totalement différentes », s’est justifié le directeur des TGV devant la presse. La SNCF vise 1 million de passagers par an sur cette liaison.
Levier de développement
Mais Ouigo n’en reste pas là : la filiale renforcera, à l’été 2026, son offre entre Paris et Montpellier, d’un troisième aller-retour quotidien via Lyon. En décembre 2026, Ouigo renforcera également le Paris-Lyon d’un aller-retour – entre le vendredi et le lundi. Puis, en 2027, la SNCF espère faire circuler ses trains bleu et rose entre Paris et Lille, et ajouter un aller-retour quotidien sur le Paris-Strasbourg.

L’objectif est clair : qu’en 2030, Ouigo représente 30% de la part de TGV de la SNCF. Et les deux directeurs de rappeler qu’en 2025, Ouigo représentera 25 millions de voyageurs – un record. « Avec Ouigo, nous avons vérifié un théorème que j’adore, confie Alain Krakovitch, qui montre à quel point il est notre levier de développement, de conquête. »
Pour mener à bien cette conquête, Ouigo met les bouchées doubles. La filiale low-cost lance une nouvelle offre packagée, « Ouigo Full », qui permet de combiner tous les avantages de Ouigo Plus (bagage supplémentaire, choix de la place, la connexion internet) et Ouigo Flex, permettant d’échanger sa place sans frais, et sans limite. De quoi séduire les clientèles corporate.
« Plus de Ouigo ne veut pas dire moins d’InOui »
Ouigo intégrera également quatre nouvelles compagnies dans l’offre Train + Air. Si quatre d’entre elles seront encore confidentielles, Air Canada et Corsair intègreront officiellement l’offre d’ici « quelques semaines », sur les aéroports de Lyon Saint-Exupéry, mais aussi de Paris Charles-de-Gaulle – une nouveauté.
Les bouchées doubles, oui… Mais toujours pas sur une offre de restauration, toutefois. Le test, mené cet été sur le Paris-Brest et le Paris-Quimper, de faire passer des trolleys dans les rames, n’a pas été concluant d’un point de vue économique. « L’équation n’a pas été prouvée pour permettre de prolonger l’expérimentation à ce jour », a regretté M. Laffon.
L’offre se « premiumise » toutefois, avec l’arrivée progressive des nouvelles rames dites « Tango », que la compagnie avait présentées en avril dernier, au design plus épuré et aux couleurs moins criardes que leurs prédécesseuses. Deux sont déjà en usage, et une troisième devrait rejoindre l’offre d’ici le mois prochain. Le parc Ouigo devra intégrer 40 rames Tango, et donc passer de 38 à 50 rames, d’ici la mi-2027.
« Le développement de l’offre Ouigo entraînera-t-il une baisse de l’offre InOui ? », s’inquiète-t-on dans l’assemblée. « Plus de Ouigo ne veut pas dire moins d’InOui », répond M. Krakovitch. Et de rappeler que si les anciennes rames des TGV InOui constitueront en effet le parc Ouigo d’ici quelques années, elles seront remplacées par les TGV M. « Il existe une concomitance qui n’est pas hasard », a souligné le directeur, bien qu’il ait concédé un « petit retard » de livraison.
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