Marseille : des touristes mais pas que
Le collectif Marseille HospitalitéS interpelle les candidats à la mairie avec un carnet de mesures destiné à améliorer l’accueil de la clientèle de passage.
À quelques mois des élections municipales de mars 2026, le collectif Marseille HospitalitéS lance un appel aux candidats pour mettre à l’honneur l’hospitalité au sens large. Selon Prosper Wanner, enseignant chercheur à l’université d’Aix-Marseille et responsable de la coopérative « Les oiseaux de passage », « il s’agit de réaliser l’importance de la clientèle de passage à Marseille, en dehors des touristes et des congressistes, et de proposer des solutions d’accueil et d’hébergement adéquates ».
Pour rappel, le collectif, lancé début 2024, regroupe une trentaine d’acteurs du tourisme social, du cadre de vie et de l’accueil social. Parmi les populations de passage, le collectif en a identifié plusieurs : les étudiants, les stagiaires en formation, les saisonniers, les pèlerins, les accompagnants de malades, les marins, pour ne citer qu’eux. « Chaque journée à Marseille, il y a deux tiers de résidents, 15% de touristes et 15% de personnes de passage sans motif touristique, ajoute Prosper Wanner. Cette population ne fréquente pas les hébergements haut de gamme mais contribue quand même à l’économie locale ».
Il pointe certains déséquilibres à Marseille en matière d’hébergements : aucun camping municipal depuis 1991, une seule structure de colonie de vacances, moins de 150 lits en auberges de jeunesse de la FUAJ, un triplement des chambres d’hôtels de catégorie 4 et 5 étoiles depuis 2010. « Cette montée en gamme s’adresse à une clientèle internationale, or nous revendiquons un recentrage sur la clientèle de proximité et de passage. Certes, il existe des dispositifs locaux, comme les chambres d’hôtes de la coopérative Hôtel du Nord dans les quartiers Nord, mais ils ne sont pas assez développés », regrette-t-il.
20% de la taxe de séjour
Loin de s’opposer frontalement à l’Office de tourisme de Marseille, avec lequel il collabore, le collectif réclame que 20% de la taxe de séjour, calculée à près de 14 millions d’euros en 2024, soient consacrés notamment à la création d’un Observatoire des Hospitalités, sur le modèle de l’Observatoire du tourisme.
A l’attention des politiques, Marseille HospitalitéS a donc édité un Carnet des Hospitalités Marseillaises, qui recense 38 dispositifs déjà existants et définit 63 mesures concrètes à appliquer sur les cinq années à venir. Parmi elles, on note la mesure des retombées économiques et de l’intensité carbone de chaque type de clientèle, l’ouverture de campings et auberges de jeunesse, le développement du cyclotourisme, le renforcement de l’accueil des voyageuses en solo, ou l’accompagnement de tiers-lieux ouverts à tous.
« On ne part pas de rien, il y a de nombreux acteurs locaux sur lesquels d’appuyer », assure Prosper Wanner. Selon lui, deux candidats, sur les quatre déclarés à ce jour, l’ont déjà sollicité. « L’enjeu dépasse Marseille, mais à Marseille, on a de quoi être à jamais les premiers ! », espère-t-il.
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