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Le voyage d’affaires recule de 8%, le tourisme se maintient, selon L. Abitbol (Selectour)

Du 25 au 30 novembre 2025, Selectour rassemble 554 professionnels du voyage au Cap, arrivés de Paris, Lyon, Nice, Marseille, Toulouse. Laurent Abitbol, président du directoire, a partagé ses projets et ses chiffres, en ouverture du 50e congrès du réseau.

Laurent Abitbol, président du directoire de Selectour, a donné le coup d’envoi ce matin du congrès de Selectour en Afrique du Sud. L’événement réunit 554 professionnels du voyage, du 25 au 30 novembre, autour du thème « Cap sur l’avenir ». Un nombre important pour un long-courrier, boosté aussi par le programme. Le réseau volontaire a enregistré 143 inscriptions en 24 heures après l’annonce de la participation du chanteur Patrick Bruel… Laurent Abitbol promet la fièvre du samedi soir avec le chanteur sur scène au Cap.

Le voyage d’affaires recule de 7% à 8% depuis octobre

Quel est le bilan de l’année 2025 qui se termine? A cette question posée par l’animateur François-Xavier Izenic, le patron du réseau de distribution se montre partagé. 

Depuis les mois d’octobre et de novembre, le business travel « baisse de 7% à 8% » en raison des incertitudes politiques. Les entreprises tendent à réduire leur budget dédié aux déplacements professionnels, ce qu’observent nombre d’agences adhérentes. Ce qui a un impact sur la dynamique du réseau. Et pour cause : « 70% de nos supers commissions viennent du voyage d’affaires ».

« Même nous, nous nous calmons au niveau des déplacements professionnels. Il faudrait un gouvernement clair qui arrive » au pouvoir. « Si j’étais ministre de l’Economie… Peut-être un jour », s’amuse le président de Selectour. A quand une série NetFlix sur ce patron hors-norme et aux envolées lyriques tout aussi inattendues ? Succès garanti sur l’entrepreneur qui, comme le décrit Natale Scaglia, le président de la coopérative, « traverse les murs en klaxonnant ».

La concurrence d’Air France Holidays

« Le tourisme, lui, se maintient correctement », ajoute plus sérieusement le patron du réseau à l’hippocampe. Le voyage sur mesure tire particulièrement son épingle du jeu. « Nos agences de voyages deviennent des conciergeries et c’est tant mieux. Les circuits passeront toujours par elles. »

Reste à savoir quelle parts de marché prendront les compagnies aériennes dans la distribution des séjours simples. EasyJet a augmenté ses bénéfices annuels, porté par easyJet Holidays La filiale de la low-cost a réalisé un bénéfice net avant impôt de 250 millions de livres, atteignant ainsi notre objectif plus tôt que prévu.

Air France Holidays n’a pas encore bousculé le marché. Mais s’il rencontre un succès, « nous achèterons des avions, s’est amusé Laurent Abitbol, un brin provocateur. Ce n’est pas si compliqué. »

Revente TO référencés : tolérance zéro

Comme à chaque congrès, Laurent Abitbol, mais aussi Natale Scaglia, ont martelé leur attachement au pilotage des vente. Un pilotage fléché vers les voyagistes référencés.

« Le directoire a décidé à l’unanimité une tolérance zéro » à l’égard des agences de voyages. Autrement dit, Selectour demande à ses 1000 points de vente, aussi indépendants qu’ils soient, de vendre 100% de TO référencés, contre 83% actuellement. Avec un modèle, Leclerc Voyages, et un objectif partagé : de meilleures rémunérations. Du moins pour ceux qui jouent « la carte des fournisseurs référencés », a complété Jean-Noël Lefeuvre, directeur général de Selectour. 

« Nous devons avoir 100% de ventes de TO référencés, martèle Laurent Abitbol. Sur Air France par exemple, nous avons perdu 500 000 euros de commissions parce qu’il nous manquait deux millions d’euros » de ventes, illustre celui qui préside également Marietton Développement. Et de souligner que les supers commissions atteignent 35 millions d’euros par an, contre « 7 millions d’euros » à son arrivée à la tête du réseau en 2016. Face à Manor Loisirs, c’est bien le gain financier que le réseau valorise auprès des vendeurs.

Jean-Noël Lefeuvre a affiché l’évolution des supers commissions lors du congrès © LL

Vers une méga centrale d’achat avec Amex et CWT ?

Laurent Abitbol a aussi évoqué le GIE Asha, qui regroupe Selectour et Havas Voyages. Le patron rêve désormais d’un accord avec Amex GBT, qui a racheté CWT.

Pourquoi ? Grâce à l’effet de volume, les commissions d’Amex et de CWT s’avèrent « plus importantes ». D’où l’intérêt d’un « deal » avec le groupe américain Certares, qui est actionnaire d’Amex et du groupe lyonnais Marietton Développement. Le but ultime, c’est donc un « GIE complet et mondial de Certares en 2027 », pour avoir plus davantage de super commissions. 

Laurent Abitbol rêve ainsi d’une méga-centrale d’achat avec Amex et CWT. Un rêve qu’il caresse depuis des années.

En attendant, Selectour annonce qu’il a recruté 80 agences de voyages cette année. Et qu’il espère atteindre en 2026 le même volume de ventes qu’en 2025.

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