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Notre-Dame-des-Landes : un abandon jeudi ?

Selon un député de la majorité interrogé ce mardi matin anonymement sur France Inter, « l’abandon du projet se profile ». Il pourrait être annoncé « dès jeudi ». Ce serait alors l’épilogue d’un dossier vieux de 50 ans !

En 1967, alors que l’essor économique de la façade atlantique se dessine tout juste, le Service technique des bases aériennes propose que le futur aéroport soit aménagé au nord-ouest de Nantes, entre Vigneux-de-Bretagne et Notre-Dame-des-Landes. Mais depuis, le projet d’aéroport s’est embourbé. Débats, enquêtes et contre-enquêtes, recours en justice, études, consultation citoyenne, l’aéroport est devenu un enjeu politique national, et une patate chaude que se sont refilé les gouvernements successifs.

Un abandon de plus en plus envisagé

En juillet 2015, tous les recours environnementaux des opposants sont rejetés et en juin 2016, 55 % des électeurs nantais votent « oui ». Pourtant, jamais le projet ne semble si proche d’avoir été abandonné. Selon un député de la majorité interrogé ce mardi matin anonymement sur France Inter,  « l’abandon du projet se profile ». Il pourrait être annoncé « dès jeudi ».

La semaine dernière, Edouard Philippe, le Premier Ministre, ses ultimes consultations avec les élus de l’Ouest sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Pro ou anti, chacun a pu exprimer sa position une dernière fois, dans le contexte nouveau des conclusions du rapport des trois médiateurs nommés par Edouard Philippe.

Un rapport des médiateurs qui a tout bouleversé

Ce dernier avait conclu que la construction de Notre-Dame-des-Landes et l’agrandissement de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique étaient deux options « raisonnablement envisageables », remettant spectaculairement en selle la seconde possibilité, longtemps écartée sous le quinquennat Hollande.

« Ce n’est pas sérieux de vouloir faire croire à la France qu’on pourrait réaménager Nantes-Atlantique en deux ans de procédures. Vous croyez que les Nantais, les collectifs, ne se mobiliseraient pas? Ca serait la même chose, ça veut dire qu’on repart pour dix ans », a plaidé la maire PS de Nantes Johanna Rolland.

Saturation ou pas ?

Selon le syndicat mixte aéroportuaire du Grand Ouest, favorable au projet, « les médiateurs annoncent 6 millions de passagers en 2025 alors que ce plafond sera atteint dès cette année (déjà 5,5 millions en 2017) et une saturation à 9 millions, trafic atteint en 2030« .

Jean-Louis Baroux, fondateur d’APG et expert aérien, explique dans son livre ‘Transport aérien. Ces vérités que l’on vous cache’ que si la France était riche elle aurait pu se le permettre. Mais dans l’état des finances actuelles, l’argent public serait nettement mieux utilisé en investissant dans Nantes-Atlantique. « Je ne vois pas pourquoi on ne peut pas faire mieux : Nantes gère 7 millions de passagers contre 32 millions à l’aéroport de Londres-Gatwick qui a également une seule piste ».

Combien coûterait un abandon ?

En cas d’abandon du projet, selon le rapport des médiateurs l’État devrait verser jusqu’à 350 millions d’euros d’indemnités à Vinci. Les anti-NDDL suggèrent eux une transaction avec Vinci, également exploitant de Nantes-Atlantique. L’actuel aéroport de Nantes que Vinci gère depuis 2010 et qui est très rentable selon les opposants.

« Je pense que l’argent qui a été gagné depuis 2010 et qui devrait tourner autour de 100 millions d’euros va peser dans la balance. Le fait que la société Aéroport du Grand Ouest, le gestionnaire dont fait partie Vinci, pourrait continuer à gérer l’aéroport actuel implique qu’il n’y aura pas de manque à gagner, puisqu’elle va gagner de l’argent dans les 50 ans qui viennent », révélait à Europe 1 François Verchère, coprésidente du Collectif des élus doutant de la pertinence de l’aéroport (Cédpa).

Jean-Louis Baroux lui estime dans Challenges que les discussions en cours sur la privatisation par l’Etat d’Aéroports de Paris (ADP) et qui intéressent fortement Vinci (déjà présent au capital à hauteur de 8%) pourrait être un autre argument de poids lors des négociations entre les deux acteurs.