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PSE chez MisterFly : « Il faut savoir prendre des décisions difficiles »

MisterFly aura supprimé 100 postes entre Barcelone et Paris sur une année. Une restructuration difficile, douloureuse mais nécessaire, nous explique son président Nicolas Brumelot.

Vous avez annoncé un projet de Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), qui touche 56 salariés sur 307. Quels services seront touchés ?

Nicolas Brumelot : Tous les sites et tous les services : Paris où nous avons plus de la moitié des effectifs, la SSII à Barcelone, la partie techno à Sophia Antipolis, l’activité hôtels près de Lyon. Chaque entité va contribuer à l’effort de guerre. Tout le monde connaît une baisse d’activité, même si la vente d’hôtels résiste mieux. Nous devons tous nous adapter. Nous avons déjà eu des départs, sur des postes qui n’ont pas été remplacés.

Quand les licenciements seront-ils effectifs ?

Nicolas Brumelot : Au début de l’année 2021. Nous souhaitons bien accompagner les collaborateurs qui vont quitter MisterFly.

Quel message souhaitez-vous transmettre aux personnes licenciées ?

Nicolas Brumelot : Avec Carlos (Da Silva, cofondateur aussi de MisterFly, NDLR), nous éprouvons un sentiment de profonde tristesse, puisque nous apportons de mauvaises nouvelles. Un sentiment de culpabilité aussi, puisque les licenciements ne sont pas de la faute des personnes touchées, mais de l’environnement. Je dois remercier des gens, les mettre à la rue, sans bien connaître leur situation personnelle. Un PSE, c’est une décision difficile, douloureuse et culpabilisante pour un chef d’entreprise. J’en veux à ceux qui nous gouvernent. L’obsession sanitaire leur fait perdre le sens de la réalité du terrain. Il faut arrêter cette « politique spectacle ». Prendre des mesures pour que les entreprises ne restructurent plus. Donner des perspectives de vie décente aux Français. Sinon, les gens vont se révolter. Les Gilets jaunes étaient juste les prémisses de cette France qui gronde.

Vous avez déjà dû restructurer le site de Barcelone… Dans quelle mesure ?

Nicolas Brumelot : Dès le mois d’avril, nous avons décidé de réduire la voilure sur l’activité « pré-package ». Même si, habituellement, ces ventes événementielles via des sites comme Veepee fonctionnent bien sur des destinations comme New York. Nous nous sommes séparés de l’équipe qui les gère de façon manuelle, soit 45 des 50 personnes. Les ventes déconnectées représentent des coûts incompressibles, et donc un risque financier. Nous avons gardé 5 personnes qui dont dédiées aux ventes connectées de pré-packages. Nous ne stoppons donc pas l’activité.

Nous opérons une réorientation stratégique. Nous allons nous concentrer sur nos ressources informatiques. Nous allons robotiser au maximum la gestion des dossiers.

Et aujourd’hui, c’est la seconde vague…

Nicolas Brumelot : Oui. La fermeture des frontières et les restrictions de déplacements à compter de mars ont fortement pénalisé l’ensemble des acteurs du voyage. Dès le mois d’avril, nous avons mis en place le chômage partiel, réduit l’équipe de Barcelone, demandé par prudence et obtenu des prêts garantis par l’Etat. Ces mesures nous ont permis de tenir pendant la première partie de la crise, et de préserver jusqu’à présent un maximum d’emplois. Comme toute l’industrie, on ne pensait pas que la crise allait continuer ainsi. Nous ne sommes pas dans la seconde vague, mais dans le Covid bis. Il faut savoir prendre le taureau par les cornes. Il faut savoir prendre des décisions difficiles, sans attendre, pour préserver l’entreprise et les salariés. En tant que chef d’entreprise, c’est indispensable d’être réactif dans ces moments de crise, parce que la crise est durable. On ne pourra pas faire mieux que les compagnies aériennes. Iata estime que le niveau de 2019 ne sera pas atteint avant 2024. La crise sera plus lente et plus longue que prévu. Air France-KLM a même dit que les aides (10 milliards d’euros, NDLR) lui permettraient de tenir moins de 12 mois…

Quel pourcentage des salariés est toujours au chômage partiel ?

Nicolas Brumelot : Très peu. Les équipes ont repris le travail quand nous avons eu ce tsunami d’annulations de vols et de demandes de remboursements. Les salariés sont à 80% en activité pleine.

Quelle est la feuille de route pour 2021 ?

Nicolas Brumelot : L’activité est plus faible qu’anticipé au mois de juin. Les gens ne peuvent pas beaucoup voyager. Nous opérons une réorientation stratégique. Nous allons nous concentrer sur nos ressources informatiques. L’objectif est d’atteindre, fin 2021, une grande efficacité opérationnelle sur tout le traitement client. Un Processus Manager va cartographier les processus métiers, sur l’ensemble des lignes de produits. Ensuite, nous allons robotiser au maximum la gestion des dossiers. Le voyageur sera autonome dans la gestion de son dossier, depuis la réservation jusqu’à la fin de vie de son dossier. Avec ce travail de fond, nous aurons à terme une meilleure contribution à la marge. Et nous aurons moins besoin d’embaucher quand la reprise sera là.

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