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MisterFly : « Après 545 millions d’euros de CA en 2019, l’année avait si bien démarré… »

Bilan 2019, augmentation de capital, coronavirus : dans cette interview, Nicolas Brumelot, président de MisterFly, revient sur l’actualité de l’entreprise.

L’Echo touristique : Quel est le bilan de l’année 2019 ?

Nicolas Brumelot : Nous avons enregistré une année 2019 extraordinaire, avec un taux de croissance plus fort encore qu’en 2018. Les ventes globales ont atteint 545 millions d’euros l’an dernier, ce qui représente une croissance de 56% sur un an. Ce niveau de croissance prouve la pertinence des offres et des solutions que nous proposons sur le marché, et le savoir-faire de nos équipes. Nous sommes 450 employés, dont 140 dans la tech. Notre savoir-faire réside dans la combinaison des métiers et des technologies. Depuis notre lancement en 2015, nous avons fait voyager plus de 3,5 millions de clients.

Quel est votre résultat net ?

Nicolas Brumelot : Nous ne dévoilons pas notre résultat net, ni notre Ebitda. Notre situation est saine, avec des fonds propres en adéquation avec nos résultats et nos investissements.

Quelle est la part du B2B ?

Nicolas Brumelot : 50% des ventes sont réalisées par les agences de voyages et les tour-opérateurs. Nous sommes revendus par 4200 agences, notamment via des réseaux comme Carrefour Voyages, Leclerc Voyages et Univairmer. Environ 40% proviennent du B2B2C, soit de partenaires du secteur : Vente Privée (VeePee, Ndlr), Cdiscount, des aéroports, des comités d’entreprise… Le B2C ne représente que 10% du chiffre d’affaires global. Nous ne menons pas de campagne grand public. Nous préférons nous appuyer sur des partenaires.

Compte tenu de la crise liée à l’épidémie du coronavirus, quelles sont vos perspectives sur 2020 ?

Nicolas Brumelot : 2020 avait très bien démarré. Nous avions budgété une hausse des ventes d’environ 30% à plus de 700 millions d’euros. Nous voulions volontairement ralentir la croissance, afin de prendre le temps d’enrichir notre plate-forme de réservations de billets d’avion et d’autres prestations de voyage. Il nous paraissait nécessaire de renforcer notre technologie, pour ensuite mieux rebondir. La pandémie est arrivée, la plupart des équipes sont au chômage partiel. Avec la crise liée au coronavirus, nous serons loin de l’objectif initial. Nous allons réviser notre feuille de route en temps utile. Soyons pragmatique et réaliste, il est trop tôt pour émettre des prévisions. Il y a le confinement, la fermeture des frontières et des aéroports, les avions au sol, et une inconnue : face à cette crise sanitaire de portée mondiale, nous ignorons quand les Français auront envie de voyager à nouveau.

Vous aviez prévu un nouveau tour de table. Qu’en est-il ?

Nicolas Brumelot : MisterFly a réalisé une augmentation de capital au cours des derniers mois, en accord avec nos investisseurs historiques. Nous sommes ainsi dotés de moyens supplémentaires, qui sont nécessaires pour financer notre plan de développement à moyen terme.

Avez-vous obtenu une réponse à votre lettre ouverte adressée à Alexandre de Juniac, patron de Iata ?

Nicolas Brumelot : Je n’ai reçu aucune réponse. Je suis profondément choqué, alors que les compagnies aériennes et Iata usent de tous leur pouvoir et influence auprès des gouvernements pour réclamer et parfois obtenir des aides d’urgence, dont la liste ne cesse de s’allonger chaque jour. La dernière à bénéficier d’une aide massive est Singapore Airlines à qui le gouvernement vient d’octroyer 12 milliards d’euros. Dans le même temps, ces mêmes compagnies refusent d’appliquer le Règlement européen n° 261/2004 sur le droit des passagers aériens et l’obligation au titre de l’article 8 de rembourser le billet d’avion et ce malgré les rappels de la Commission. A la place, elles émettent toujours, en lieu et place, des à-valoir non remboursables. C’est particulièrement choquant car celui qui subit les conséquences de ces refus de remboursement, ce sont les voyageurs. Il faut donc agir au plus vite sur IATA afin que les agents soient à minima autorisés à déduire de la prochaine échéance du BSP (31 mars) et immédiatement l’ensemble des billets émis qui ont été annulés. Et que les billets annulés soient remboursés en numéraire conformément à ce Règlement européen.

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