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L’édito de Dominique Gobert : coulisses du pouvoir… pour un avoir

Folle semaine pour l’ensemble de la planète. Folle semaine aussi pour les professionnels et leurs autorités de tutelle, qui ont, il faut le dire, tout mis en œuvre pour les appuyer.

Autre épisode de ces coulisses d’une folle semaine touristique, la course et la recherche d’une solution, voulue par Président Macron : « pas de faillites » dans l’économie de la France. Et pourtant, rien n’est encore gagné, particulièrement dans le secteur du tourisme, lequel -faut-il une nouvelle fois le souligner- est quasi à l’arrêt. Et pour un certain temps…

L’édito de Dominique Gobert : désolé, c’est encore moi !
Dominique Gobert, éditorialiste

Seconde étape de ces coulisses d’une folle semaine qui aura quand même abouti à tenter de préserver notre industrie, le travail particulièrement intense, mené entre Jean-Baptiste Lemoyne, chargé du tourisme en France… et le reste de l’équipe gouvernementale.

Souvenons-nous. Le 10 mars 2020, l’industrie, touchée depuis le mois de janvier, est quasi stoppée, d’autant que le « confinage » (je sais, j’aime mieux ce mot) de l’ensemble de la population française va être décrété dans les heures suivantes. Les professionnels réagissent immédiatement, face notamment au spectre de cette directive qui les contraint à rembourser immédiatement leurs clients. Les recettes étant bien évidemment gelées, c’est la faillite assurée de nombre d’entreprises. Entre Bercy, « ministère Economique » du tourisme, et le Quai d’Orsay, en charge grâce à Jean-Baptiste Lemoyne du secteur « opérationnel » du tourisme, on prend vite conscience du problème et de ses conséquences.

Qui dégaine le premier, comme on dit dans les bons westerns ? Peu importe à la limite, seul le résultat collectif compte dans la période ! Jean-François Rial (Voyageurs du Monde) alerte dès le 12 mars Bruno Le Maire ; Jean-Baptiste Lemoyne se fend le 13 mars d’un mémo au Président Macron, à Edouard Philippe et à Bruno Le Maire, lequel, de son côté, connaissait l’ampleur du problème.

Veto de Bercy

Le texte du mémo ? Je cite, « une mesure est indispensable pour préserver la trésorerie des TO et des agences de voyages, faire en sorte que ces acteurs puissent offrir une « avoir » (voucher) plutôt que de rembourser les clients en numéraire. Il faut ajuster une disposition européenne et la Commission y est ouverte. Si nous ne le faisons pas, TO et voyagistes iront tous au tapis.Le consommateur n’est pas lésé, puisqu’il fera son voyage ou un autre, qu’il décidera, lorsque la crise sera passée ».

Approbation unanime du Premier ministre, suivie de celle de Bruno Le Maire, lequel cependant plaide pour un « avoir » valable un an. Pas suffisant pour les professionnels, Jean-Pierre Mas (Entreprises du Voyage) et Jean-François Rial en tête, qui auront durant le week-end suivant (la semaine dernière) des entretiens téléphoniques avec Lemoyne, lequel plaidera en conseil, avec succès, un allongement de ces « avoirs » à 18 mois.

Plaidoirie pas évidente car si Bercy a toujours un hémisphère branché « entreprises », il en a aussi un autre branché « consommateurs ». Plaidoirie pour laquelle le Quai d’Orsay voulait encore augmenter, en cas de remboursement effectif, le droit au professionnel de « garder des frais de gestion de l’ordre de 10% à 12% dans la mesure où il avait travaillé sur le dossier, il avait accompagné son client et que, quelque part, il avait le droit d’être rémunéré ». Mais Bercy a émis son veto.

L’édito de Gobert : La folle semaine… Coulisses du pouvoir… pour un avoir !
Depuis le début de la crise Jean-Baptiste Lemoyne se démène pour le secteur touristique.

Voyager en France ?

Mais finalement, quel que soit l’initiateur du projet et peu importe les egos des uns ou des autres, la réalité est bénéfique, non seulement aux professionnels du tourisme, mais également à leurs clients consommateurs. Travail d’équipe, dirais-je, en dehors de toute considération politique…

Reste juste encore un problème, vis-à-vis des transporteurs aériens, lesquels, aussi impactés que leurs homologues distributeurs et néanmoins clients, ne montrent pas franchement une solidarité qui serait cependant de bon aloi. Mais là, comme me le confiait Jean-Baptiste Lemoyne, il y a un vrai sujet…

Quant à l’avenir, ce forcément « rebond », on va bien voir. Oublions les 100 millions de touristes, pourvu qu’ils participent à l’embellie de nos territoires… A condition, bien sûr, de ne pas apporter dans leurs bagages quelques saletés improbables !

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