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L’édito de Dominique Gobert : TUI, Air France, à qui profite la crise ?

Joyeuse… et triste semaine à la fois. Joyeuse, parce que, enfin, on aperçoit l’embellie dans notre liberté de circuler. Triste, parce que, encore une fois, on s’aperçoit que les difficultés, bien exploitées, profitent parfois à ceux qui ne le méritent pas forcément…

Suivant avec attention cette convention totalement incroyable de ce petit réseau, Cediv pour ne pas le nommer, composé de ce qui fait la force vive de cette incroyable économie qu’est le tourisme français, je me disais « in petto » que rien ne va plus au royaume de qui vous voudrez.

Depuis le début de la semaine, j’assiste à ce mouvement de résistance (ça tombe bien en ce mois de juin) d’un secteur, typiquement hexagonal, qui refuse de sombrer dans la capitulation et qui regarde déjà l’avenir. Même si certains intervenants, venus du monde politico-politique, se gorgent de poncifs, style, « on va réinventer, il faut réinventer et demain il fera plus beau ! Celui qui a tenu le micro, jeudi, se reconnaîtra aisément »…

Cette crise aura au moins permis, hélas, de clarifier les choses. En premier lieu, la situation d’Air France qui, malgré l’arrivée d’Uncle Ben à sa tête, n’était largement pas à l’aise dans ses baskets et risque de profiter de cette crise pour se décharger de tous ses vieux fardeaux. 7 milliards (d’euros) de « prêts » garantis par un de ses actionnaires, l’Etat en l’occurrence, qui vont permettre, non seulement de couper le plus « élégamment » possible ses lignes intérieures largement déficitaires, mais surtout de couper le cordon des emplois de façon totalement éhontée… même si l’on sait depuis longtemps que la masse salariale de la compagnie est largement surdimensionnée.

Mais, dans sa grande bonté, le gouvernement « demande à Air France d’éviter les départs contraints ». Et ta sœur !

Dominique Gobert, éditorialiste

8000 ? 10 000 salariés ? Au moins, on s’aperçoit que le contribuable français est solidaire, surtout si l’on compare avec nos grands-bretons de British Airways qui, eux, ne s’embarrassent pas avec les détails : on vire environ 12 000 personnes, quitte à les réengager avec de nouveaux contrats… plus avantageux ?

Plus grave, parce que totalement voyou, l’attitude de ce « gros » industriel du tourisme, TUI.

Là, on ne s’embarrasse pas de circonvolutions, de « parler politiquement correct ». Cette crise est une aubaine pour la maison germaine qui va virer, en gros et pas à la louche, 600 personnes sur un total de 900 et des poussières en France. La faute à cette saleté de Covid ? Que nenni. Prétexte, certes opportun, mais prévu (pas la Covid, juste le PSE) de longue date.

Curieusement, moi qui suis justement un peu curieux (trop selon certains), le plan « social » prévu depuis maintenant plus d’un an comporte pratiquement les mêmes chiffres, importés de Germanie par ce bon Joussen, et qui avaient valu au patron France de l’époque, le Basque Bondissant, une « éviction volontaire » … Je remarque, au passage, que chez TUI France, le dernier membre du Comex français aura profité de la situation pour se tirer les flutes, vite fait, bien fait. Circulez, y’a plus rien à glaner !

TUI -et j’en veux un peu à mon vieux mentor Jacques Maillot, de même qu’à Hervé Vighier- a voulu rafler la mise, comptant s’emparer de Nouvelles Frontières, Marmara puis un peu plus tard de Look.

Ils ont investi des centaines de millions, viré plus d’un millier de personnes, pour ne rien comprendre au tourisme « normal », de populations qui veulent certes bronzer mais pas totalement idiot, qui veulent avant tout du plaisir, du désir.

Lamentable. Mais Herr Joussen pourra profiter, surement, d’une belle retraite, tandis que d’autres iront pointer chez Paul… emploi.

Et, du coup, je doute que le groupe Marietton veuille, finalement, se pencher à nouveau sur l’entreprise.

Sauf si on lui donne…

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