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L’édito de Dominique Gobert : journal d’un confiné de campagne… face au reste du monde !

On y est. Le confinement a commencé depuis quelques jours. Ce qui laisse tout le temps à notre éditorialiste, Dominique Gobert, pour réfléchir à cette crise que notre secteur subit de plein fouet.

La France, il n’y a plus de doute là-dessus, une fois la crise passée, sera frappée du terme honni par les économistes : la récession. Le tourisme, longtemps méprisé par les politiques de tout bord, n’y échappera pas… Mais rien n’est perdu ! Et, pour une fois, moi qui n’ai pas l’habitude d’encenser nos hommes politiques, je reconnais bien volontiers que notre secrétaire d’Etat au tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, fait le job. Il le fait plutôt bien et semble décidé à appuyer l’ensemble du secteur. Comme me le faisait remarquer un professionnel du secteur, « pour une fois, on a de la chance qu’il soit là », allusion non voilée envers une de ses collègues ministres… Seulement, faut voir quand même…

Pour preuve, ces réunions devenues hebdomadaires de la Filière du tourisme français qui paraît, une fois n’est pas coutume, donner enfin quelques espoirs aux professionnels.

Car, l’un des premiers touchés par le virus, c’est quand même bien le tourisme, dès janvier dernier. Demandez à Asia par exemple, il a sacrément morflé… Et depuis le nombre de cas n’a fait que croître, contrairement à l’économie mondiale !

Parce que, toutes les mesures annoncées par le Président Macron -exonération ou report de charges, aides sociales et autres dispositions- seront applicables dès la semaine prochaine. Sans compter ces dispositions réclamées par tous les professionnels : la mise en place d’un « avoir » sur les fonds déjà versés par les clients pour leurs réservations, au lieu d’un remboursement, propice à l’ouverture de faillites en chaîne pour les voyagistes, qu’ils soient distributeurs ou producteurs !

L’édito de Dominique Gobert : désolé, c’est encore moi !
Dominique Gobert, éditorialiste

Et ça, c’est bien

Reste, et ça le ministre le sait mais n’a pas tous les pouvoirs, à déterminer ce qu’il en sera au niveau européen. Notamment sur le Code du tourisme. Lequel prévoit avant tout la protection du consommateur envers et contre tout.

Le ministre est conscient du problème et il l’avoue en toute transparence. « Il va sûrement falloir faire évoluer le droit européen », a-t-il souligné lors de sa conférence de presse, téléphonique pour cause de confinement (ce qui, avec un peu d’imagination, permet quelques supputations amusantes vis-à-vis des participants, perso, j’étais devant ma cheminée-, mais bon, c’est pas l’heure de rigoler).

En revanche, nous lui avons posé la question au sujet de la volonté des pouvoirs publics d’empêcher « toute faillite d’entreprise ». Il est cependant évident qu’il y aura de la chute. Beaucoup d’agences de voyages ou de voyagistes sont membres de l’APST, laquelle est quasi exsangue depuis l’épisode Thomas Cook.

Jean-Baptiste Lemoyne, sans clairement s’engager sur le fait que le gouvernement soutiendra en cas de défaillance la Caisse de garantie des professionnels, a finement botté en touche, très habilement d’ailleurs : « Il faudra sûrement, dans ce cas, réfléchir à un nouveau modèle ».

Seule ombre au tableau, pour laquelle le ministre est bien au fait, mais sans grand pouvoir hélas, la relation entre distributeurs et Iata dans cette crise. Même si, comme me le confiait Jean-Pierre Mas, patron des EdV, Iata a révisé un peu son « vocabulaire », les relations restent très compliquées.

Les billets d’avion, émis par les agences de voyages, payés au BSP, sur des vols annulés ? Ces fonds sont dans les caisses de Iata, laquelle pour le moment ne veut rien entendre. Vous me direz, selon l’analyste CAPA, d’ici fin mai 2020, « la plupart des compagnies aériennes auront fait faillite »

Et là, y’a vraiment un problème. Un gros.

En attendant et ça c’est tout neuf, quid des voyageurs bloqués aux quatre (ou cinq, ou plus) coins du monde ? Ils font confiance à leur tour-opérateur, lequel, dans la plupart des cas, se débat non seulement avec les autorités compétentes (?) mais avec ses propres autorités de tutelle.

Si j’en crois les dernières nouvelles, que ce soit au Maroc, en Tunisie ou ailleurs, les compagnies aériennes, hors Air France soulignons-le, font tout ce qui est possible pour re (ou sur) facturer des retours inopinés et non volontaires envers leurs clients. Ce que dénonce avec force et raison Adriana Minchella, du Cediv. Et pour cause, une fois de plus, ce sont les agences de voyages, responsables de plein droit, qui vont assumer la « surcharge ». Basta. Mais dans ce cas, et je suis désolé par rapport au début de cet édito, le ministre botte en touche, indiquant simplement que les « voyagistes devaient prendre en charge leurs voyageurs ».

Mais que l’on se rassure cependant, dans un communiqué pondu en début de soirée, Jean-Baptiste Lemoyne s’exprime : « Aux Français actuellement en déplacement temporaire à l’étranger, nous leur recommandons de prendre toutes les mesures nécessaires pour rentrer rapidement en France. Pour les y aider, le ministère chargé des transports a demandé aux compagnies aériennes de maintenir au maximum leurs lignes ouvertes vers la France et de modérer leurs prix ». Et d’annoncer la mise en place d’une et je cite, « solution web pour aider les Français en difficulté dans le monde : www.sosuntoit.fr ».

Damned.

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