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L’édito de Dominique Gobert : Iata, TUI, quand y a de la gêne, y a pas de plaisir !

Quand y a de la gêne, y a pas de plaisir ! Bien sûr, les affaires sont les affaires et la morale n’a aucun droit de cité dans ce monde impitoyable. Bien dommage de profiter ainsi de crises inédites pour tenter de sauver une situation qui n’incombe qu’à des incapables.

Digression, en préambule, afin de saluer le dynamisme et la volonté farouche de ces petites agences, indépendantes mais néanmoins réunies au sein du Cediv et qui auront réussi à tenir non seulement leur Congrès, virtuellement certes, mais en plus jeter un regard vers l’avenir positif et enthousiaste. Bravo !

En revanche, deux cas, alors que le secteur du tourisme traverse la crise la plus grave de son existence, qui ne méritent qu’un gigantesque mépris.

Le premier concerne TUI et sa filiale de France. A la louche, ça fait plus de 10 ans que le groupe Germain a tenté de se constituer une hégémonie mondiale. Incontestablement, ça a marché dans la plupart des pays du monde… sauf en France. Je crois même que jamais, en plus de dix ans d’existence, après avoir racheté des marques prestigieuses, telles Nouvelles Frontières, Marmara, Look, TUI France n’a réussi à dégager un seul exercice bénéficiaire… ni même équilibré.

Comme vous, j’ai lu avec attention le témoignage de cette salariée de TUI France, frappée de plein fouet par l’annonce du plan social annoncé par le groupe et qui prévoit la suppression de 583 des 904 emplois de la filiale française, au prétexte que le groupe -aidé de plusieurs milliards par l’Etat allemand- ne peut plus assumer sa filiale française. De qui se moque-t-on, alors que ce PSE est déjà prévu depuis plusieurs mois ? De qui se moque-t-on, alors que la direction n’a jamais voulu prendre en compte les spécificités du marché français et a poursuivi, sans aucune stratégie ni réflexion, une démarche imbécile ?

Dominique Gobert, éditorialiste

Je ne citerai qu’une seule phrase de cette dame : « Nous avons dit et répété que la clientèle française était différente de la clientèle allemande et des autres filiales du groupe. Les grands dirigeants n’ont rien compris au tourisme, ils devraient faire une reconversion professionnelle » !

Elle a tout dit, mais c’est malheureusement elle et ses collègues qui partiront voir du côté de Pôle emploi.

« Il n’y aura aucun dépôt de bilan » avait promis Président Macron au début de cette crise. C’était sans compter sur ces improbables pour qui toute opportunité est bonne à saisir !

Sur le même chapitre, on peut saluer aussi cette attitude sans aucune ambiguïté venue de cette association nommée IATA. Là encore, le marché français, gros remplisseur (je sais, c’est un mot bizarre, mais j’aime) ne représente pour ces gens que… mépris !

Après la Lettre ouverte de Begougne de Juniac, patron de IATA, envoyée au début de la crise aux agences de voyages, ses propres distributeurs, leur annonçant grossièrement que les compagnies aériennes frappées par la crise, étaient exsangues et ne pourraient rembourser les vols annulés, voilà une nouvelle lettre, signée de Robert Chad, patron de IATA pour la France et qui enfonce le clou d’une manière inacceptable. Non seulement, cette belle association entend se montrer « attentive et quasi généreuse envers les distributeurs » qui auraient certaines difficultés financières, mais en plus leur fait la grosse faveur de leur permettre de présenter leurs bilans avec un délai supplémentaire de trois mois !

Là aussi, de qui se moquent ces compagnies aériennes, lesquelles, en remboursant pas leurs clients pour des vols annulés, sont totalement hors la loi. Hors la loi en ne respectant pas les directives européennes, mais aussi pour avoir englouti les centaines de milliers de billets, émis et payés depuis longtemps. Depuis quand peut-on dépenser de l’argent déposé par les passagers ? Il paraît que c’est pratique courante au sein des compagnies aériennes.

C’est simplement du vol… ou de la cavalerie !

Les éditos et interviews de Dominique Gobert

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