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L’édito de Dominique Gobert : Air France ne sera pas recapitalisée…

Un peu de lumière tout au bout du bout du tunnel ? Va-t’en savoir Charles. Pfizer, le labo miracle qui redonne du tonus, annonce un vaccin anti-Covid quasi fiable. Et hop, la Bourse se lève sur le brouillard. On y croit ?

Bien sûr que l’on y croit, on veut même absolument y croire. C’est tellement normal.

Néanmoins, sans vouloir paraître un tout petit peu cynique (c’est pas mon genre), tout ceci me fait doucement sourire. Voilà que, sur une annonce, réjouissante mais encore incertaine, les actions des compagnies aériennes, des groupes hôteliers, des compagnies de croisies, quasi-coulées ou clouées au sol, exsangues pour beaucoup d’entre elles, s’envolent. Et pas qu’un peu : Carnival se prend un bonus de 40%, Royal Caribbean 30%. Lufthansa s’engrange 20%, IAG 25%. Et notre bonne vieille Air France 28%

Joie.

Du coup, c’est l’embellie. Oui, mais. Bruno Le Maire, notre très bon ministre de l’Économie (soit dit en passant, il devrait payer à ses collègues ministres une véritable connexion internet !) s’emploie immédiatement à calmer les ardeurs.

Car, cette compagnie aérienne qui tente depuis des années de retrouver un certain équilibre, frappée de plein fouet (c’est ainsi que l’on dit dans les bonnes gazettes), malgré les milliards d’euros promis par ce même Le Maire, est loin d’être sortie de l’auberge.

Dominique Gobert, éditorialiste

À tel point qu’Anne Rigail, sa présidente au charme certain, invitée chez nos confrères d’Europe 1 pas plus tard que le 30 octobre dernier, ne se montrait pas réellement optimiste : au moins 1,5 milliard de pertes, un chiffre d’affaires en baisse de 70%, c’est la cata : « nous aurons besoin d’une recapitalisation. (…) Compte tenu de nos faibles résultats, on voit qu’il va falloir renforcer notre bilan. Et ça passera par une recapitalisation ».

Et d’ajouter chez nos confrères « Bien malin celui qui pourra dire si l’on retrouvera un trafic pré-coronavirus en 2023, 2024 ou 2025″.

Elle a totalement raison, Anne Rigail. D’autant que, soulignons le vis-à-vis de nos professionnels du tourisme, Air France a totalement joué le jeu face à la situation et notamment les remboursements des vols annulés.

Bruno Le Maire, cependant, ne semble pas tout à fait sur la même fréquence radio, bien que lui aussi, se soit exprimé sur BFM en début de semaine.

Il reconnaît bien volontiers que les 7 milliards accordés en aide par le gouvernement ne sont pas suffisants. Mais, s’il est prêt à accorder une aide supplémentaireÉ

Mais pas question que l’État (autrefois actionnaire majeur d’Air France) s’investisse à nouveau en recapitalisant la compagnie, malgré le fait que ce soit « une question de souveraineté nationale d’avoir notre propre compagnie aérienne nationale, et puis derrière, il y a des dizaines de milliers d’emplois concernés ».

Ben oui, c’est ben vrai tout ça. Sauf que le ministre encourage Air France à « gagner en compétitivité ». Il n’a pas tort non plus, là, y’a encore du boulot.

N’empêche qu’il va falloir trouver une solution. Vite.

Mais au moins, cette crise aura eu le bénéfice de faire renoncer l’Etat à taxer encore et encore les compagnies aériennes.

C’est Bruno Le Maire qui l’a dit !

3 commentaires
  1. Crew crew dit

    Ben Smith avait inversé la tendance et le redressement de la compagnie était en route. Dommage que Mr GOBERT ne le sache pas…
    Par ailleurs en effet il confond nationalisation et recapitalisation…

  2. MORVAN dit

    Bonsoir Monsieur,
    Vous vous méprenez, vous faites une inversion entre recapitalisation et re-nationalisation !

  3. Anonyme dit

    Une aide supplémentaire, qu’elle blague, le taux du prêt de l’état à Air France lui permettra de bien renflouer ses caisses.
    Sachant que la reprise se fera plein pot en juillet 2021pourquoi ne pas s’engraisser encore un peu …
    Reste aux entreprises à faire passer rapidement leurs restructurations qui traînent depuis des décennies sachant que le bout du tunnel n’est pas loin, mieux vaut faire persister la peur de l’arrêt complet pour avoir la paix sociale.

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