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Le tourisme sous surveillance

Le Syndicat national des agences de voyages publie son premier rapport de branche. Ce document, obligatoire dans tous les secteurs d’activité, propose une photographie économique et sociale de la profession.

Quel est le poids socio-économique du tourisme ? C’est la question à laquelle s’efforce de répondre le premier panorama de branche, publié par le Syndicat national des agences de voyages (Snav). Ce document obligatoire était exigé depuis longtemps par les syndicats de salariés. Il rassemble des données macro-économiques sur les agences, TO et réceptifs.

Taille des entreprises, implantation géographique, rémunérations, chiffre d’affaires… plusieurs indicateurs permettent d’évaluer le dynamisme du secteur, et ses futurs développements. Cependant, s’il est aisé de recueillir des données sociales comme l’âge, le sexe et les rémunérations des salariés, il est plus difficile de trouver des statistiques sur le chiffre et le volume d’affaires ou les marges des entreprises. Or l’enjeu est important, car ce sont ces données qui permettent de valoriser les métiers du tourisme aux yeux des responsables politiques, des investisseurs, ou encore des diplômés.

Pour tracer le portrait-robot de l’agence, le cabinet Career Management International (CMI) a compilé, à la demande du Snav, des chiffres issus de différentes sources (Insee, APS, cabinet Ithaque, Ceto…). Il dénombre plus de 3 000 entreprises (soit plus de 5 500 points de vente), qui emploient 38 962 salariés en équivalent temps plein. Le secteur est composé de très petites entreprises et de très grosses PME. Ainsi, 87 % d’entre elles comptent moins de 10 salariés, tandis que 0,36 % emploient plus de 250 salariés, soit 27 % des personnes occupées. Elles sont essentiellement implantées en Ile-de-France (25 %), en Rhône-Alpes (12 %) et Paca (9 %).

Sans surprise, les agents de voyages sont jeunes (50 % ont moins de 35 ans), et 76 % sont des femmes. La féminisation est encore plus forte chez les plus jeunes (82 % des 25-30 ans). En revanche, la part des femmes est faible chez les patrons. Seules 40 % des agences sont dirigées par des femmes, selon une enquête de Tourcom au sein de son réseau.

Autre constat : les rémunérations se révèlent nettement supérieures aux salaires minimaux prévus par la convention collective (voir aussi L’Echo touristique du 21 septembre), mais restent peu attrayantes. Un peu plus de la moitié des vendeurs occupe un poste de niveau III à V dans la grille de la convention collective, et perçoit une rémunération mensuelle brute moyenne comprise entre 1 519 E et 1 754 E (hors 13e mois et ancienneté).

Des entreprises opaques

Si ces données sociales sont fiables, celles qui concernent les chiffres et volumes d’affaires des entreprises sont plus confuses. Le palmarès financier de L’Echo touristique, publié le 2 novembre, apporte toutefois des éléments de réponse. Les gens se plaignent qu’il n’y a pas de statistiques fiables, mais très peu d’entreprises ont accepté de participer à l’élaboration du rapport de branche ! déplore Isabelle Cordier-Archer, directrice de Voyages Carrefour. Ce rapport indique que les agences ont généré plus de 23 milliards d’euros de volume d’affaires en 2006. Mais ce chiffre, fourni par l’APS, représente le montant de la facturation globale au client. Outre la billetterie, les forfaits vendus par les TO, puis distribués par les agences, y sont donc comptés deux fois. Si cette donnée permet d’évaluer l’activité du secteur, elle ne donne cependant aucune idée du chiffre d’affaires ou de la marge brute des agences.

Un problème d’homogénéité

Autre indicateur fourni par le rapport de branche, la progression du chiffre d’affaires global des agences, estimée à 4,08 % entre 2004 et 2005. Il s’agit cette fois du chiffre d’affaires calculé par l’Insee. Il atteint environ 12 milliards d’euros. Ce chiffre se rapporte au produit du service uniquement. Dans notre enquête, nous demandons aux agences de soustraire les achats de transports, et les forfaits achetés aux TO. Mais les données ne sont pas homogènes. Certaines agences déclarent uniquement leurs commissions, d’autres leur volume d’affaires, reconnaît Xavier Niel, chef de la division services à l’Insee.

De plus, l’Insee recense dans son enquête 4 276 entreprises sous le code NAF 633Z, qui englobe aussi les offices de tourisme. Il ne s’agit donc pas exactement du même panel que l’APS. Néanmoins, même si ces chiffres sont approximatifs, il en ressort que les entreprises de moins de 10 salariés réalisent 37 % du chiffre d’affaires global du secteur, tandis que les entreprises de 250 salariés et plus en assurent 17 %.

Le rapport reprend également des données plus récentes issues de l’enquête trimestrielle du COE/ Rexecode, selon laquelle le chiffre d’affaires total des agences de voyages a augmenté de 7,2% au premier trimestre 2007 par rapport à 2006. Mais là encore, rien à voir avec les chiffres d’affaires évoqués par l’Insee. Ici, il s’agit de volume d’affaires, de facturation globale. Nous interrogions un panel d’agences. Lorsqu’elles nous donnaient uniquement leurs commissions, nous redressions ce chiffre en le multipliant par un taux moyen, afin d’obtenir des données homogènes, explique Jacques Anas, qui a été responsable de cette enquête pendant 10 ans. Depuis, le COE a fusionné avec l’organisme privé Rexecode, et a abandonné cette enquête jugée non rentable. Le rapport reprend néanmoins les dernières données du COE sur la ventilation de l’activité. Ainsi, 73 % du volume d’affaires des agences provient de la billetterie, contre 20 % des voyages à forfait.

Enfin, un dernier indicateur clé concerne l’e-tourisme. Le volume des ventes de voyages sur Internet atteindrait 4,2 milliards d’euros en 2006 selon Benchmark Group (+35 % par rapport à 2005). Sur ce chiffre global, les ventes de billets secs de train ou d’avion représenteraient 1,7 milliard d’euros.

Si ces chiffres sont disparates et anciens, ils ont le mérite d’exister et d’être rassemblés dans un même document. Pour sa part, le Snav a mis en place un partenariat avec le cabinet GFK, qui collecte depuis peu des données auprès d’un large panel d’entreprises du tourisme, afin de lancer un indice mensuel de la distribution. Les premiers résultats seront connus en janvier. Ils permettront d’alimenter en 2008 un rapport de branche plus fiable et plus fourni.

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