Le Sénégal retrouve sa place au soleil
Les ventes de forfaits au Sénégal repartent alors que le pays poursuit sa diversification. Après la Petite Côte, Saint-Louis et le Siné Saloum, c’est la Casamance qui fait son retour en brochure.
Après quatre années consécutives de baisse des ventes chez les mem- bres de l’Association de tour-opérateurs/Ceto, le Sénégal retrouve des couleurs depuis quelques mois. L’embellie se poursuit pour les réservations de l’hiver. Nous sommes même sur le point d’augmenter notre stock de chambres, se réjouit Bernard de Rosario, directeur de la production chez Look Voyages. Même son de cloche chez plusieurs voyagistes, qui voient la concurrence de la République dominicaine, autre soleil d’hiver, s’estomper.
Jusqu’alors cantonnée aux séjours balnéaires sur la Petite Côte, la destination africaine n°1 des Français (215 000 en 2004, selon l’OMT) en profite pour se développer dans les brochures. Avec la région de Saint-Louis (au nord) tout d’abord, aidée par les vols directs d’Air Sénégal International (ASI), lancés fin 2004. Après les séjours, circuits dans les parcs nationaux ou le désert de Lompoul, l’offre s’est enrichie l’an dernier de croisières sur le fleuve Sénégal. Le Siné Saloum (à 200 km de Dakar) voit pour sa part fleurir les campements et met l’accent sur le sport (treks, 4×4, VTT).
Cet hiver, c’est la Casamance (enclavée entre la Gambie et la Guinée-Bissau) qui fait la une de l’actualité touristique (chez Soleil d’Afrique, Royal Tours, Voyageurs…). Délaissée pendant une quinzaine d’années pour cause de guérillas indépendantistes et sous quarantaine économique, la région du Sud reprend doucement son souffle. Un accord de paix a été signé fin 2004 entre le gouvernement et les rebelles, garantissant la sécurité et la relance des activités économiques et sociales.
A six heures d’avion de Paris, Cap Skirring, qui abrite les plus belles plages de Casamance et du Sénégal en général, n’a jamais été touché par les troubles, mais la fréquentation en a pâti, passant de 26 000 touristes dans les années quatre-vingt à 15 000 l’an dernier (la saison ne dure que d’octobre à fin avril). L’arrivée du vol hebdomadaire d’Air Méditerranée, le 28 octobre (Airbus A321 de 220 sièges, via Dakar), affrété par Soleil d’Afrique et Go Voyages, devrait doper un peu plus ce petit paradis, déjà desservi quatre fois par semaine (deux vols affrétés par Club Med/Jet tours sur Star Airlines et deux par le TO AirCM sur ASI, tous via Dakar). D’autant qu’au-delà des plages, les activités vont bon train (sports nautiques, pêche, balades en pirogue dans les bolongs, excursions dans l’archipel guinéen des Bijagos…).
Une capacité hôtelière à améliorer d’urgence
Reste toutefois à régler le problème des routes (en très mauvais état) et, surtout, celui de la capacité hôtelière. Entre campements et hôtels, Cap Skirring compte seulement 1 300 lits (dont les 205 chambres du Village du Club Med), répartis dans de petites unités, et aurait bien besoin des trois mastodontes du groupe Sénégal Hotels. Mais pour l’heure, le Royal, le Savana et le Kabrousse, qui représentent à eux seuls près de 500 lits, demeurent fermés. Le Kabrousse (quasiment à l’abandon) est censé rouvrir fin décembre. Plusieurs TO l’ont inclus en brochure et ont déjà engrangé des réservations…
Plus à l’est, Ziguinchor, capitale de la Casamance, termine les travaux de son aéroport afin de pouvoir accueillir les gros porteurs. C’est donc plus que jamais le moment d’aller en Casamance, pour goûter à l’authenticité de ce grenier du Sénégal perdu entre rizières et bras de mer, mais aussi découvrir la richesse de son peuple, le plus grand melting-pot d’ethnies du pays.